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Covid -19 : l’impact de la pandémie sur les arts et événementiels culturels en RDC

Covid -19 : l’impact de la pandémie sur les arts et événementiels culturels en RDC

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En République Démocratique du Congo, le Collectif des Artistes et des Culturels, « C.A.C », est conscient de l’impact financier que la pandémie à Covid-19 a sur les artistes, interprètes, organisateurs d’événements et professionnels de la culture. Cette association de droit congolais évalue déjà les conséquences de cette crise sanitaire dans le secteur culturel qui n’est pas à l’abri.

Avec 0.16% de l’enveloppe budgétaire annuel alloué par le gouvernement, la situation renseigne que le Ministère de la culture et des arts  n’a pas des dispositifs appropriés pour sauver la culture pendant cette période difficile.

Que faire alors pour les arts et ses acteurs pour rayonner, parader et se donner une consistance sur le plan socio-économique après la crise…?

Cette question appelle à la réflexion profonde entre les acteurs engagés afin de trouver des pistes des solutions adéquates face à la crise financière due à la Covid -19 qui a affecté le secteur de la culture.

Pas de spectacles, ni d’expositions, encore moins de rencontres littéraires ou festivals ; musée fermée, le monde des arts est durement frappé de plein fouet. C’est une courbe d’annulations explosives sur le plan artistique et événementiel qui remet en cause non seulement les carrières mais aussi les recettes fiscales provenant du secteur culturel.

A Kinshasa, les artistes qui évoluent dans l’informel logent le diable dans leur poche en cette période de confinement.

Qu’en pense le CAC ?

Pour les experts du CAC, il est important qu’une rencontre soit organisée par le Ministre de tutelle et ses partenaires et les experts du secteur, les créateurs ainsi que les operateurs culturels pour réfléchir autour de la problématique qui est d’ordre socio-économique.

Il sera surtout question de mettre en lumière les moyens dont disposent les Etats et le secteur privé pour soutenir des écosystèmes culturels afin de redynamiser les industries culturelles et créatives au terme de la vague pandémique de COVID-19.

Evidemment, toutes les économies sont par terre et vont l’être pour les deux prochaines années aux bas mots.

D’où, il faut peut-être tirer les bonnes conséquences de la situation actuelle pour monter des structures à moyen et long terme pilotées par l’Etat et/ou en corporation pour le futur. En effet, la Covid-19 est une menace mondiale sans précédent pour les personnes qui gagnent la vie comme créateurs et les auxiliaires de création.

Le couloir principal du Musée national de la RDC

Au plan direct, les représentations publiques et au plan indirect, l’effondrement actuel des activités économico-socioculturelles avec comme conséquence, la baisse des droits à repartir.

Récemment, renseigne-t-on,  la confédération internationale des Sociétés d’auteurs et compositeurs «CISAC» a lancé un vibrant appel aux sociétés de gestion collective (comme la SOCODA) d’anticiper avec les gouvernants nationaux pour soutenir la culture en développant une résilience visant à assurer la survie des créateurs d’œuvre de l’esprit et des entreprises Culturelles afin de sauver ce secteur économique.

En ce moment, il serait propice que les professionnels des arts et ceux qui dirigent le secteur puissent prendre le taureau par les cornes et faire des suggestions ou propositions adéquates.

Ils doivent examiner les moyens de secours et de soutiens financiers pouvant être dégagés en faveur du secteur.

Des alternatives verticales  

Ensemble avec le ministère de tutelle, les professionnels des arts doivent prendre des mesures coercitives notamment, les dispositifs des subsides et des bourses ainsi que les indemnisations aux intermittents du spectacle ou encore les mesures sociales en faveur des artistes professionnels indépendants.

«La Mutuelle de santé pour les artistes est déjà une bonne voie pour diminuer le coût de prise en charge maladie », a soutenu un des membres du CAC.

La double malédiction qui frappe la culture n’a donc pas fini de lui jouer des tours. Assimilée à du divertissement, la culture peine à être considérée comme un bien de première nécessité dans les moments critiques. Et vu qu’elle est abondamment subsidiée, ce qui est suspect dans une économie de marché, elle n’est pas prise au sérieux comme secteur productif en RDC alors que sous d’autres cieux, elle génère pourtant des dizaines de millions de dollars dans le trésor public…

Et, pourtant les métiers créatifs sont le lubrifiant indispensable pour faire tourner la machine démocratique, est le meilleur rempart contre la barbarie et le nationalisme étriqué. La culture structure est notre identité et notre rapport au monde. Et ce, dès l’enfance. C’est en outre un outil d’émancipation qui donne du sens à nos chétives existences.

Si en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, Sénégal, Maroc, la culture est classée parmi les richesses  de première nécessité, elle s’estime légitimement abandonnée par les politiques en RDC.

Doit-on vraiment espérer au développement de l’industrie culturelle dans un pays où le projet de loi fondamentale sur la culture demeure encore une lettre morte dans le tiroir de l’Assemblée nationale ?

Wait and see!

Jordache Diala