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Atou Matubuana : branle-bas sur la mauvaise gestion des médias au Kongo Central

Atou Matubuana : branle-bas sur la mauvaise gestion des médias au Kongo Central

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Ce mardi 19 mai 2020, aux petites heures de la matinée, mon téléphone sonne. En décrochant, c’est le président provincial de l’Union Nationale de la Presse du Congo (Unpc/Kongo Central) qui est au bout du fil. Il m’annonce illico la tenue, par le gouverneur de province, Atou Matubuana, d’une conférence de presse dans sa résidence officielle de Ciné Palace. Heure : 13 heures. Le quotidien La Prospérité   figurait   sur la liste de ces organes qui devaient échanger avec l’autorité provinciale. Une très belle occasion que je ne pouvais rater surtout qu’elle n’arrive pas souvent. Toutes  affaires  cessantes, me voici devant la porte de la résidence du gouverneur où j’ai trouvé quelques confrères d’autres médias qui m’ont précédé. Il est 12h45’.

A la question de savoir pourquoi ils se tenaient là  dehors sous un soleil de plomb, alors qu’ils devaient s’installer dans l’enceinte de la résidence comme autrefois, ils me répondront que malgré qu’ils aient été invités comme moi, ils avaient été empêchés  par la Police, d’accéder dans l’enceinte de la résidence, jusqu’à ce qu’un nouvel ordre soit donné.

Et, ces éléments de la Police postés devant le portail de la résidence du gouverneur sont restés catégoriques. J’ai acquiescé. Mais,  mon inquiétude allait de plus en plus grandissante. Déjà,  on s’approchait de 14 heures. Pas même un signe ou une moindre explication de la part du protocole d’Etat sur le pourquoi du retard engrangé. Je me disais qu’il s’agissait là d’une désorganisation au niveau du service de communication.

Mais,  j’apprendrais par la suite que le président de l’Unpc/KC et le Coordonnateur de Csac se trouvaient déjà à l’intérieur de la résidence. Pour négocier quoi ? Mystère. Plus je m’impatientais, je commençais à m’indigner au fond de moi-même. Et des questions me venaient à l’esprit. Pourquoi devra-t-on manquer de  respect à ces chevaliers de la plume pourtant invités par l’autorité  provinciale pour une raison bien déterminée ? De quel droit pouvait-on laisser debout pendant longtemps des personnes censées exercer en toute quiétude leur noble métier ? Y a-t-il mépris à l’égard de cette presse provinciale avide de l’information qu’elle tient coûte que coûte à obtenir de la bouche autorisée ? Me demande-je.

C’est à 14 heures enfin, que le protocole viendra se pointer devant la porte muni d’un tout petit bout de papier pour faire l’appel nominatif de quelques représentants des médias audiovisuels et de la presse en ligne triés sur le volet. Peut-être une dizaine. En dehors de l’Agence congolaise de presse, pas un seul journaliste de la presse écrite. Il semblerait que de 54 professionnels des médias invités, seulement 15 avaient été sélectionnés et autorisés à participer à cette conférence de presse. Ceux dont les noms n’étaient pas cités devraient rebrousser chemin, à en croire le protocole resté de marbre. Sans plus tarder, moi et un des  confrères  avions décidé de quitter le lieu, en  laissant poiroter les autres qui n’en croyaient pas à  leurs yeux. Mais,  peu après l’humiliation subie, nous-a-t-on dit, ils auraient fini quand  même par être acceptés.

Je considère cela comme une insulte à l’endroit de la presse de Matadi. A quel niveau s’est situé le problème ? Me suis-je encore posé la question. L’Unpc qui a confectionné la liste ne s’était-elle pas renseignée  au préalable sur le nombre exact de médias  invités ? Sinon, pourquoi venir appeler quelques-uns et vouloir faire retourner d’autres ? Quel est ce média qui, en cette période ne soit pas friand de l’information tirée à la source ? Mais lorsque cette source vous la refuse, c’est tout à fait son droit le plus légitime. Je considère également une bassesse d’esprit de la part de ces confrères qui ne voulaient pas quitter les lieux. Normalement, lorsqu’on est indésirable, on ne doit jamais forcer la note. Le journaliste doit savoir préserver sa personnalité et sa dignité,  quel qu’en soit le prix à payer.

L’homme politique se doit aussi du respect au journaliste et notre métier ne doit jamais être dévalorisé par qui que ce soit.

Pour mon compagnon de la presse écrite, réduire le nombre de participants à cette conférence de presse n’était pas mauvais en soi parce que tout dépend des aléas, des paramètres trouvés, mais cela frise d’un manque d’organisation. Demander aux journalistes de venir à  une conférence de presse, leur faire attendre pendant longtemps sous un soleil  et revenir leur dire qu’on ne se limite qu’à un nombre réduit, c’est tout simplement désolant.

De la bouche d’un confrère qui se trouvait déjà sur le lieu, il nous sera dit que les noms de journalistes de la presse écrite  figuraient bel et bien sur cette liste avaient été tout simplement élagués en dernière minute.  Mais,  pour quelle raison valable ? Doit-on imaginer que  c’est  devenu presque comme  la règle dans le Kongo Central où l’homme politique, l’opérateur économique ou culturel,… trouve que la seule presse qui vaille, seulement la presse   l’audiovisuelle ? Si oui, pourquoi la presse écrite, elle est la mère des presses, doit-elle  être marginalisée ou ignorée ? Est-ce une  question de culture, un oubli  ou une, simplement, une   erreur monumentale de stratégie de communication ?

Charles Nguvulu