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Caisses creuses…

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Les frontières nationales demeurent fermées. Kinshasa, la capitale, reste déconnectée des autres provinces du pays. Et puis, Gombe, alors que Muyembe avait laissé entendre qu’un déconfinement assorti d’un changement de stratégie était imminent, Ngobila, au sortir d’une réunion à la Primature, le vendredi dernier, parlait, quant à lui, d’un processus qui, à avis, allait prendre encore quelques jours, voire quelques semaines.

Mais, jusqu’où ira-t-on ? Là-dessus, le Gouverneur de la ville, s’exprimant en des termes nuancés, évoquait l’idée d’un déconfinement progressif, ordonné et maîtrisé. Il expliquait, néanmoins, qu’il dépendait étroitement des conseils et recommandations de l’équipe de riposte  mais également, de l’issue des tractations avec les dirigeants de la Fédération des Entreprises du Congo. Comme quoi, la question de ce déconfinement de la Gombe, pourtant, attendu de tous les kinois en raison de l’importance des activités qui s’y déroulent au quotidien, en tant que centre névralgique des affaires et siège des institutions du pays, relève encore du domaine de cogitations et  tractations d’officines.

Si bien que la réponse sur le ‘’Quand et le comment ?’’ tardera à venir tant que la loi de l’omerta, telle qu’observée  jusqu’ici,  sera de mise.

Entretemps, alors que  les bureaux sont vides et qu’aucune activité n’est relancée, depuis le 6 avril 2020, voici que le dollar s’affole.

Chaque jour, il prend des proportions inquiétantes et s’assure d’une supériorité incompréhensible sur la valeur faciale du franc congolais. Ce week-end, un dollar oscillait entre 190 à 200 FC. Et si cette courbe exponentielle de fluctuation se confirmait encore aujourd’hui, il ne serait pas surprenant de constater  que le dollar franchit lentement mais sûrement  la barre de 200, pour chercher à s’incruster dans les marges insoupçonnées qui, en réalité, font rejaillir les sensations hybrides, les pensées hystériques ou, à la limite, des nausées nauséabondes de l’enclenchement incontrôlé  des mouvements  d’une planche à billets  fonctionnant à plein régime. Chose qu’à ce stade, aucun officiel n’a, cependant,  pas confirmé, même si  les faits, aussi    remarquables à l’œil nu soient-ils,  font frémir les tenants des ménages, les responsables des petites et moyennes entreprises, les mandataires publics ainsi que les cadres et agents de leurs entreprises et de l’administration publique  dont le poids des charges sociales devient un casse-tête chinois.

Aux  bas mots, ils râlent et renâclent, tout   en fulminant une colère indicible devant leur incapacité à assumer pleinement leurs missions. Les caisses étant  creuses, les poches, même des ventripotents,  logeant  le diable,   il va de soi que tous ces responsables et hauts gradés-là  soient  exposés au risque d’une explosion sociale en perspective. Ce serait, au fait,  la conséquence inéluctable   dictée notamment, par la perte substantielle du pouvoir d’achat, en plus des impaiements liés au manque de production  en période de confinement.  Comment, dans un tel contexte, espérer l’embellie sociale  si les autorités de la ville, celles-là même qui étaient les premières à annoncer les mesures, ne les lèvent pas ? Sans, toutefois,  les inciter à une précipitation inconsidérée, nombreux sont ceux qui pensent que  la relance des activités devient tellement une nécessité vitale qu’elle  s’impose en même temps que le renforcement des mesures barrières, l’imposition du  port obligatoire de masques,  l’accélération du  dépistage systématique et de  mise en quarantaine  des foyers jugés suspects.

LPM