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Soif inextinguible !

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Combatif ! C’est le qualificatif qu’on peut coller au prévenu Vital Kamerhe après avoir suivi la deuxième audience foraine du procès dit de 100 jours, ce lundi 25 mai 2020. Ce Directeur de Cabinet de Félix Tshisekedi a clamé son innocence tout en ayant des échanges musclés avec l’Avocat Général de la République. Au finish, plusieurs «gros poissons» dont Nicolas Kazadi, Pierre Kangudia, Justin Bitakwira, Déogratias Mutombo, John Ntumba, voire, Hamida Shatur Kamerhe sont attendus à la barre pour témoigner lors de la prochaine audience prévue le mercredi 3 juin.

Face à ses juges, Kamerhe a dit vouloir comprendre pourquoi il se trouve à la prison de Makala au regard  de cette première charge. Parce que, dans cette affaire, le contrat avec Jammal Samih, le principal accusé, avait été signé par celui-ci et l’ancien ministre du Développement Rural, Justin Bitakwira, un certain 19 avril 2018. Et, se conformant à la chaîne de dépenses (ministères du Budget et des Finances et Banque Centrale du Congo) l’argent avait été versé dans un compte manipulé par ce prévenu de nationalité Libanaise, patron de la société SAMIBO. «Que vient faire Kamerhe là-dedans ?», s’est interrogé cet acteur politique.

De son côté, l’officier du ministère public a rétorqué que l’unique façon pour le prévenu Vital Kamerhe de comprendre pourquoi il est détenu c’est de tout simplement répondre aux questions qui lui sont posées. «Il n’échappera pas !». C’est ce bout de phrase lâché par l’avocat de la RDC qui a fait bondir Kamerhe l’incitant à déclarer que tout ceci n’est qu’une pièce de théâtre et que son sort était déjà scellé. En revanche, selon ce même avocat, le prévenu Kamerhe, alias le «Pacificateur», aurait menacé de mettre le feu dans le cas où on fera venir son épouse, Hamida Shatur Kamerhe, à la barre. Tension palpable !

Quant aux témoins, la partie civile en a épinglé plusieurs. Dans une correspondance adressée, jeudi 21 mai, au Président du Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe, un des avocats de la RDC a transmis  les noms de 21 témoins dont la République entend faire citer contre Kamerhe et consorts. Il s’agit, notamment, de Justin Bitakwira, ex-ministre du Développement Rural, Nicolas Kazadi, Coordonnateur principal du programme intérimaire de 100 jours, Pierre Kangundia, ancien ministre du Budget, Deogratias Mutombo, Gouverneur de la BCC, Henri Yav Mulang, ex-ministre des Finances, John Ntumba, ministre de la Formation Professionnelle, Ngunda Muzumbu, comptable principal à la présidence de la République.

Au regard de l’audience du jour, les accusations sont mises à mal. Or, au pénal, on recherche les infractions punies par la loi. «Pièce par pièce», c’est ce qu’à exiger le prévenu Kamerhe dont la culpabilité est loin d’être étayée, s’agissant de détournement. Car, cette personnalité n’a signé ni le contrat principal, ni l’avenant. De son côté, le prévenu Jammal assume et reconnaît avoir touché, par tranches (BCC – Rawbank), le montant total de 57.600.000 USD. Faute de paiement par l’Etat congolais, plusieurs matériaux des maisons préfabriquées sont bloqués dans certains ports. En attendant la prochaine audience, le public reste sur une soif inextinguible.

La Pros.