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Dies irae, dies illa

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Lundi 25 mai 2020  fut marqué d’un sceau spécial au sein de la coalition dont Félix Tshisekedi et Joseph Kabila portent, du moins jusqu’ici,  l’entière responsabilité de la  paix et de  la stabilité institutionnelle,  depuis la passation  civilisée des symboles de la sacralité du pouvoir d’Etat en RD. Congo.

Ce fut pour Kabund dit Jean-Marc, le ‘’Dies irae, dies illa’’, dit-on. Donc, un jour de colère. Un  jour fameux où tout s’est écroulé sous ses pieds et en un clin d’œil.

Tel, un château de sable mouvant bâti sur  un terrain marécageux, rien ne lui a permis de résister contre le vent impétueux dont Jean-Jacques Mamba, même depuis son lieu d’embastillement, ne pouvait plus, même s’il le voulait, arrêter de souffler dans les narines des votants de sa motion qui, eux, sont restés en fulmine au Palais du Peuple.

Ce jour-là, en effet, ils étaient au total 289 à en découdre avec lui contre une fraction congrue, quoique visiblement  déterminée jusqu’au bout, qui a   tenté  d’arrêter cette descente vertigineuse  aux enfers.

L’histoire fit ce qu’elle pouvait mais en vain. Les Députés Udps auxquels se sont joints quelques-uns de l’UNC, le parti de Kamerhe, l’allié de Félix Tshisekedi écroué à Makala pour une affaire de détournement présumé des deniers publics, sont allés jusqu’à monter sur l’estrade et à y casser la prestigieuse tribune, sous la barbe des membres du Bureau présidé par Mabunda.

Mais, tout ceci n’a fait qu’accentuer la détermination et exacerber le courroux  de ceux qui, apparemment, en avaient marre de subir les chocs, électrochocs et les contrechocs d’un des membres de ce bureau  au comportement politiquement  timoré,  loufoque et  emberlificotant.

Les carottes étant cuites, l’homme arrivé par la grande porte est, finalement, sorti par la fenêtre et, même, sur la pointe des pieds.  Alors qu’il est réduit, démoli et dépouillé de l’essentiel des ses oripeaux dus au poste de Premier Vice-Président qu’il occupait, le revoici battre le rappel des troupes à Limete, en plein siège de l’Udps,  avec la complicité de son alter ego, le très bouillant Augustin Kabuya.

Et, dans la foulée, des sièges de quelques partis membres du FCC sont passés au saccage, des pneus brûlés, des manifestants foulant aux pieds l’état d’urgence sanitaire et loin de respecter les gestes barrières contre Covid-19,  appelaient dans les rues de Mbuji-Mayi, Lubumbashi… à la rupture de la coalition.

Aussi insolite  que cela puisse paraître, ces manifestants, pinces sans rires, invitent Félix Tshisekedi à ne plus parler, ni traiter avec Kabila, accusé sans la moindre preuve    de faire circuler un croque-mort derrière le coronavirus pour envoyer dans l’au-delà,  la plupart des ses  collaborateurs, y compris les membres de sa famille décédés ces derniers temps  à un rythme endiablé. Comme quoi, le sort de la coalition FCC-CACH  serait collé  à celui de la chute de Kabund. Pourtant,   la real politik recommandait, raisonnablement, que  l’Udps, dans pareil cas,  trouva un remplaçant à la hauteur de la tâche pour continuer à bivouaquer dans les eaux bouillantes du marigot  politique jusqu’au moment où les résultats  des prochaines élections à l’horizon 2023 sonneront, peut-être,  le glas de la fin de l’actuelle coalition, si tel  sera, enfin, son exutoire au gré  du  souverain primaire, le  ‘’Peuple d’abord’’.

LPM