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‘‘Pièce contre pièce’’!

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La troisième audience foraine du procès dit de 100 jours a tenu en haleine des millions des Congolais aussi bien au pays que dans la diaspora.

Scotcher tous devant leurs petits écrans pendant près de neuf heures (9h à 18h15) pour voir une lueur sur plusieurs millions de dollars américains alloués au programme intérimaire du Président de la République dont son Directeur de Cabinet, Vital Kamerhe, était l’un des neuf Superviseurs. Déjà, au début de l’audience, la Greffière du tribunal avait bouffé trois heures pour la lecture des procès-verbaux.

Après avoir juré chacun de dire la vérité et rien que la vérité, trois témoins sont passés à la barre. Il s’agit de Justin Bitakwira, ministre honoraire du Développement Rural, suivi de son Secrétaire Général, Georges Mposhi, et du Directeur Général de la Direction Générale de Contrôle des Marchés Publics (DGCMP), sieur Ngongo Salumu. Mais, le bal a été ouvert par les prévenus, le trio Vital Kamerhe – Jammal Samih – Jeannot Muhima. Ce dernier, en sa qualité de chef de service import-export de la Présidence de la République, était invité par le tribunal a justifié la faramineuse somme de 1.154.800 USD reçue des mains du Comptable public principal de la Présidence de la République pour les opérations de  transport et dédouanement de 167 containers renfermant des matériaux des maisons préfabriquées dont 57 millions de dollars américains avaient été versés, par tranches, au compte de la société Samibo de Jammal Samih.

Pourquoi l’argent devait être encore décaissé au moment où le Directeur de Cabinet du Chef de l’Etat avait signé un document exonérant ces marchandises ? A ce questionnement du Ministère Public, Jeannot Muhima a déclaré que, même en cas d’exonération, il devait s’acquitter des frais administratifs, des frais de en transit à Dar-es-Salam, pour que ces containers arrivent à destination.

Cependant, l’opinion aura plus retenue la passe d’armes entre Vital Kamerhe et  Justin Bitakwira qui n’est autre que l’ancien président du groupe parlementaire de son parti l’UNC. «Pièce contre pièce», comme aime si bien le dire le DirCab Kamerhe. Aux yeux de beaucoup, Kamerhe a coincé Bitakwira en épinglant «ses mensonges» l’un après l’autre. Venu avec une certaine fougue, l’ex-ministre du Développement Rural est redescendu sur terre après qu’on lui a démontré que c’est le contrat signé par lui avec la société Samibo en avril 2018 qui avait servi de soubassement au programme de 100 jours du Président Félix Tshisekedi quant à son volet érection des maisons préfabriquées. Bitakwira a attesté ses signatures dans les documents lui exhibés dont sa correspondance de juillet 2019 avec le DG a.i. de la DGCMP qui a aussi témoigné sous serment.

Il paraît clairement que l’avenant ou projet d’avenant n’a pas été résilié. Et qu’à travers les documents brandis par Kamerhe, l’ancien membre du gouvernement Tshibala était toujours impliqué par le biais de quatre experts de son ministère que le nombre desdites maisons est passé à 1.500. Le prévenu Kamerhe a indiqué que ce projet est passé, dans l’entre-temps, à l’Urbanisme et Habitat conformément aux prérogatives de ce ministère. Le DirCab du Président de la République s’est félicité des témoignages du Secrétaire Général du Développement Rural et du DG ad intérim de la DGCMP.

Le verdict de ce procès passionnant va se jouer dans les petits détails. Très attentif, le remplaçant du juge-président Raphaël Yanyi a renvoyé l’audition des autres témoins à l’audience prévue pour ce jeudi 4 juin toujours à Makala. Vivement l’Etat de droit.

La Pros.