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Cardinal, vous (me) troublez !

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Archevêque de Kinshasa, Fridolin Ambongo – qui a failli être Coordonnateur du Fonds national de solidarité contre le Coronavirus mais qui n’en reste pas moins membre via le conseil consultatif (structure dont il est initiateur) – a reçu en audience le lundi 8 juin 2020 la délégation de l’Union européenne venue au pays pour une action humanitaire ponctuelle dans le cadre de la lutte contre la pandémie.
Créé par le Président Félix Tshisekedi pour ce but, le Fnscc est en train de réceptionner des aides en provenance des donateurs aussi bien nationaux qu’étrangers, partenaires bilatéraux et multilatéraux compris. D’ailleurs, sa première réunion, le nouveau comité de coordination l’a tenue dans les installations de l’Eglise catholique romaine du Congo.

Entendre le cardinal, à l’issue de la rencontre avec cette délégation, déclarer aux médias qu’il est ” particulièrement reconnaissant à l’Union européenne qui, en cette période difficile, est venue nous rendre visite “, c’est une bonne chose. Davantage que de l’entendre renchérir : ” Je pense que la grande responsabilité, c’est la responsabilité du Congo, du gouvernement et du peuple Congolais”. Et le rappeler à si haute voix que ” Nous ne pouvons pas rester des éternels assistés. On assiste aujourd’hui parce que nous sommes dans une situation critique “, avant d’ajouter : ” Mais,  il faut bien que nous sortions de là pour qu’on ne continue pas à venir à notre aide”.
C’est cette partie qui suscite le trouble.
Et pour cause !

Depuis 1960, c’est la première fois que nous vivons une pandémie qui affecte presque tous les pays membres de l’Onu. Nous avons vu Etats pays comme la Chine et Cuba voler au secours des pays comme l’Italie (au plan médical) et la France (en fourniture des masques).
Nous avons même assisté à des raids, pardon à des rachats opérés dans des aéroports européens sur des cargaisons entières de masques chinois par certains pays de l’hémisphère Nord !
Les aides ont été réceptionnées sans le moindre “MAIS !”.

Que l’exception congolaise se manifeste même pour l’assistance à la lutte contre la Covid-19 n’a rien de surprenant.
Voici pourquoi !
La sentence gaullienne ” Les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts ” est connue de tout le monde.
Pour ne pas remonter au déluge, l’aide étrangère ou internationale pour la tenue du Dialogue inter-congolais de 2001 à 2003 ainsi que le financement du référendum constitutionnel en 2005 et des élections de 2006 n’avait pas d’autres motivations que la préservation des intérêts des “bienfaiteurs”.
De même que le soutien au Dialogue de la cité de l’Union africaine et aux négociations du centre interdiocésain en 2016.
Notons, d’ailleurs, que l’accueil favorable réservé en Occident à la campagne anti Félix Tshisekedi menée par le cardinal au lendemain de la victoire électorale du candidat Cach s’inscrivait dans la même logique : contrôler tout ce qui se produit de stratégique au Congo léopoldien.
Question : serions-nous si naïfs, nous Congolais, au point de croire que nos partenaires sont réellement pour notre Indépendance telle qu’ils la conçoivent, eux, pour leurs peuples ?
Question supplémentaire : serions-nous aussi amnésiques au point d’oublier que l’Indépendance ne s’accommode qu’avec la Liberté, et la Liberté, c’est la faculté de choisir ce qu’on veut être, ce qu’on veut devenir, ce qu’on veut savoir, ce qu’on veut avoir ?
Or, depuis une soixantaine d’années, le Congolais sait qu’à chaque prémisse de la liberté vraie, il y a toujours dans ce pays un individu ou une force pour s’offrir en éteignoir.
Dans la plupart des cas, il reçoit l’aide des “relais” connus.
Au profit de qui ce “phénomène” se produit-il ?
On n’a même pas à se frotter les yeux pour l’apercevoir.

Que faire alors ? La solution n’est ni dans l’affrontement, ni dans la confrontation.
Elle est dans le dialogue responsable. Ce qui (me) dire que la force n’est pas dans l’intensité. Elle est plutôt dans la direction.
Et là, le leadership de L’Eglise congolaise n’a jamais développé un discours unanime et cohérent pour un Congo vraiment gagnant.
Depuis les premiers signaux de l’Indépendance, la faiblesse de Léopoldville (Kinshasa) a toujours été et reste l’absence de ce leadership !
Je note, pour terminer, que tous les acteurs politiques qui ont tenté depuis 1960 de tenir un discours nationaliste à un moment ou à un autre de leur parcours ont dû faire face à la ” sainte colère” des gardiens du temple de l'”Accord général de Berlin “.
Tout est là !

Omer Nsongo die Lema