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Ça passe ou ça casse !

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Les cœurs palpitent. Ils retiennent leur souffle jusqu’au prononcé du verdict fixé pour demain samedi 20 juin 2020. Ils, c’est le trio Vital Kamerhe, Jammal Samih et Jeannot Muhima, les présumés coupables dans l’affaire maisons préfabriquées dans le cadre du programme intérimaire de 100 jours du Président de la République, Félix Tshisekedi. Quant aux peines, le Ministère Public a requis, respectivement, 20 ans avec travaux forcés, 10 ans suivis du refoulement et 2 ans. Les yeux des millions de Congolais seront donc focalisés sur l’épilogue de ce passionnant procès 100 jours à travers la Radiotélévision nationale congolaise.

Les trois prévenus ont plaidé chacun non coupable lors de la dernière audience foraine. Plusieurs témoins dont les anciens ministres Bitakwira, Henri Yav Mulang, Pierre Kangudia, l’actuel Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, Deogratias Mutombo, le Coordonnateur du programme 100 jours, Nicolas Kazadi, Hamida Shatur Kamerhe, Soraya Mpiana, Daniel Shangalume alias «Massaro» sont passés devant la barre pour éclairer la religion du tribunal. Et le juge-président a, à l’issue du réquisitoire et plaidoiries, avoué qu’il était suffisamment éclairé pour trancher dans cette affaire qui a pris des allures du légendaire classico Real de Madrid vs FC Barcelone vu les records d’audiences.

Cependant, la grande star de ce procès, VK, le Directeur de Cabinet du Chef de l’Etat, a estimé que la messe est dite. Selon lui, c’est un procès politique contre les bonnes réalisations de Félix Tshisekedi, son principal allié politique dans la coalition Cap pour le Changement (CACH). «Ce n’est pas moi qui suis attaqué, c’est le Président de la République [qui est attaqué], et tout le monde peut le comprendre», a lâché Kamerhe omniprésent pendant l’instruction de cette affaire. Tout au long du procès, celui-ci n’a cessé de se demander pourquoi on l’a retenu à la Prison centrale de Makala car, à son avis, personne n’a démontré son implication directe dans le détournement des fonds alloués audit programme.

Quant au Libanais Jammal Samih, patron de la société Samibo, qui a reconnu avoir reçu du gouvernement congolais la somme astronomique de 57.600.000 USD pour l’érection des maisons préfabriquées, notamment au camp militaire Tshatshi, il a déclaré que même en cas de condamnation, ce marché qu’il a décroché continuera en reconnaissance au peuple congolais et à son Président. De son côté, le chef du service import et export de la Présidence de la République, Jeannot Muhima, ne comprend toujours pas le bien-fondé de sa détention préventive d’autant plus qu’il faisait normalement son travail comme d’habitude.

Un fait insolite. Au cours de la dernière audience, l’un des avocats de Vital Kamerhe a accusé le Ministère Public d’avoir détourné les 35 millions de dollars américains versés comme caution par l’ex-Directeur Général de la Rawbank, Thierry Taeymans, en vue de recouvrer sa liberté à titre provisoire. Aux dernières nouvelles, cet expatrié se trouverait dans le vieux continent. Autre fait marquant, c’est la passe d’armes entre le Directeur de Cabinet et le Conseiller principal chargé de l’économie et finances du Président Tshisekedi, en l’occurrence, Marcellin Bilomba. Ce soir-là, les linges sales de la Présidence de la République ont été lavés en public.

Cette nuit, même s’ils vont prier Dieu dans leurs cellules, les prévenus se diront certainement : ça passe ou ça casse !

La Pros.