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En Appel !

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Moins de dix jours. C’est le timing qui reste aux avocats de Vital Kamerhe et consorts pour interjeter appel au niveau de la Cour d’Appel. Après cette étape, ils pourront encore aller en appel à la Cour de Cassation siégeant en dernier ressort en cas de contestation de la décision de la justice par une des parties. C’est donc fort possible qu’on assiste à d’autres épisodes passionnants du Procès 100 jours qui restera gravé dans les annales judiciaires de la RD Congo.

Condamnés. C’est la sentence tombée, le samedi 20 juin 2020, sur les prévenus Vital Kamerhe, Jammal Samih et Jeannot Muhima. Le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe a condamné Kamerhe et Jammal chacun à 20 ans des travaux forcés. A cela s’ajoute, pour Vital Kamerhe, l’interdiction pour 10 ans après exécution de la peine, du droit de vote et du droit d’éligibilité ; l’interdiction d’accès aux fonctions publiques et para-étatiques quel qu’en soit l’échelon ; la privation du droit à la condamnation ou à la libération conditionnelle et à la réhabilitation à charge de tous les deux prévenus. Quant au Libanais Jammal, patron de la «société mallette ou société écran» Samibo, s’ajoute l’expulsion définitive du territoire de la République, après l’exécution de la peine.

La peine infligée à VK s’étend à la confiscation des fonds contenus dans les comptes des nommés Hamida Chatur, Soraya Mpiana et Daniel Shangalume ainsi que des propriétés immobilières acquises avec les fonds détournés. Par ailleurs, le tribunal a ordonné l’arrestation immédiate de Jeannot Muhima, chef de service import-export de la Présidence de la République. Le TGI condamne les prévenus in solidum à payer à la partie civile la somme de l’équivalent en FC de 150.000.000 USD, à titre de dommages-intérêts et condamne chacun des prévenus à payer le 1/3 des frais d’instance payables dans le délai légal, à défaut ils subiront une contrainte par corps de 30 jours.

Il sied de noter que toutes ces peines seront mises à exécution après avoir épuisé toutes les voies de recours. L’avocat français de Kamerhe a promis de recourir aux instances internationales. Pendant ce temps, des réactions fusent de partout, les unes pour le jugement rendu, les autres contre.

La Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) a aussi réagi à ce verdict par la voix de son porte-parole, l’Abbé Donatien Nshole. Les Catholiques se donnent encore un peu plus de temps pour se prononcer à ce sujet parce qu’il peut aussi s’agir d’un règlement de comptes vis-à-vis du président de l’UNC, Vital Kamerhe. Nshole estime que beaucoup qui ont enfreint la loi sous le régime passé attendent la justice.

Certains pensent également qu’il y a une main noire dans cette affaire qui tient en haleine tout un peuple. Celle-ci est loin d’avoir connu son dénouement. Rendez-vous dans plus ou moins deux semaines en Appel.

La Pros.