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Calmez-vous !

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Les revendications pour une cause noble doivent-elles être une occasion pour violer le siège d’une grande institution du pays? Saccager les biens d’autrui, prendre d’assaut des résidences privées, lancer des projectiles ou violenter ceux qui ne partagent pas les mêmes convictions politiques ou idéologiques ? Est-ce des moyens démocratiques qui favorisent l’instauration d’un Etat de droit ? Non, répliquent des observateurs. Bien au contraire, le drame survenu ces deux derniers jours, devant les grilles du palais du peuple et même aux alentours de la résidence privée d’un Député national co-initiateur de trois propositions de lois sous examen à l’Assemblée nationale, augure un climat  peu démocratique. L’on semble, d’un seul coup, reculer par rapport à l’idéal qu’est l’instauration d’un Etat de droit où tout congolais est appelé à respecter la liberté ainsi que l’opinion de l’autre, tout en faisant bien évidemment recours par des voies démocratiques qui régissent le pays, et ce, dans un climat de paix et de convivialité. Depuis la nuit de temps, «l’on ne règle pas un conflit ou un débat politique par la violence», dit-on. Et donc, ce n’est pas aujourd’hui que cela doit changer. Calmez-vous !

Dans cette quête pour la justice véritable et indépendante, à défaut d’une Opposition politique redoutable, l’Udps, parti présidentiel, garde toujours ses deux pieds sur terre de manière écartée. Entre être au pouvoir et contrôler l’impérium, il est aujourd’hui difficile de définir la place exacte ou le rôle que joue ce parti politique ayant vécu plus de trois décennies dans le rang de l’Opposition. Faire partie de la majorité et en même temps combattre cette même classe serait incompréhensible pour l’homme qui  ne suit pas l’évolution politique de la RDC, mais non pas pour celui qui connaît le mode de fonctionnement des ‘’combattants’’. Ces actes ‘’inciviques’’ doivent cesser. La grande machine FCC qui jouit de sa majorité numérique au sein de l’Institution du parlement, n’attend point croiser les bras ni demeuraient en spectateur. «L’on sait comment ça commence, mais on ne sait pas quand ça se termine », a réagi Néhémie Mwilanya, l’un des caciques de Joseph Kabila.

Les initiateurs de ces trois propositions de lois, ne doivent pas faire le rétropédalage ? Trop tard a rétorqué Aubin Minaku qui se montre en véritable jusqu’au-boutiste. Il attend poursuivre sa mise jusqu’au vote de ses propositions ‘’problématiques’’ qui donneraient au Ministre de la justice la possibilité d’accorder des injonctions ‘’positives’’ soient-elles à la justice congolaise. Mais, pourquoi ces réformes made in Minaku-Sakata interviennent  maintenant alors que la justice, contrairement à l’ancien régime, semble avoir des mains déliées pour faire exactement son travail ?  Quel est le dessous des cartes ? Et pour quelle finalité politique ? Tant des questions.  C’est le moment de voir Kabila et Tshisekedi s’accorder en préconisant la voie du dialogue, la voie de la paix. Les magistrats ainsi que l’Udps soutenus par ses alliés naturels de Lamuka, sont  déterminés à faire bloc contre ces propositions qui violeraient le principe sacrosaint de la séparation des pouvoirs. Majorité et Opposition, calmez-vous.

La Pros.