Pas un pas sans la prospérité.
Chaque jour, du lundi à samedi, reprise des publications quotidiennes

Félix Tshisekedi : «J’accorde à la restauration de l’Etat de droit la première des priorités»

Félix Tshisekedi : «J’accorde à la restauration de l’Etat de droit la première des priorités»

This post has already been read 355 times!

*«Tel père, tel fils», dit-on. Déterminé, Félix Tshisekedi, Président de la République, veut poursuivre le combat mené par Feu son père biologique et politique, l’inflexible Etienne Tshisekedi wa Mulumba, pour la restauration de l’Etat de droit. Il l’a dit dans son discours de ce 30 juin 2020 à l’occasion du 60ème anniversaire de l’accession de la République démocratique du Congo à la souveraineté nationale et internationale. Pendant près de trois quarts d’heures,  le premier citoyen congolais a passé en revue quasiment tous les secteurs de la vie nationale. A la fin, il a rappelé aux Congolais le leitmotiv légué par le sphinx de Limete, d’heureuse mémoire, à savoir : «le peuple d’abord». «Oui, «le peuple d’abord», est la boussole de notre action et la mesure de notre détermination. C’est vous dire que l’intérêt du peuple congolais constitue et constituera toujours le fil conducteur de toute les réformes que j’entends voir le gouvernement de la République accomplir tout au long de mon mandat», a indiqué Félix Tshisekedi.

Depuis l’alternance pacifique au sommet de l’Etat congolais entre Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo et Joseph Kabila Kabange, un certain 24 janvier 2019, les affaires judiciaires pleuvent à un rythme effréné. Celle qui a beaucoup tenu en haleine l’opinion tant nationale qu’internationale c’est le Procès 100 jours dont l’épilogue aura été la condamnation à 20 ans des travaux forcés de Vital Kamerhe et Jammal Samih,  respectivement Directeur de Cabinet du Président de la République et patron de la société Samibo choisie pour l’érection de quelques milliers de maisons préfabriquées. Ces prévenus ont interjeté appel à la Cour d’Appel de Kinshasa/Gombe. La procédure est toujours en cours.

Etat de droit en marche

«Comme je m’y étais engagé, l’établissement d’un Etat de droit est en marche dans notre pays. Le citoyen congolais a retrouvé la pleine jouissance de ses libertés fondamentales : de manifester, de résider dans son pays, de ne pas être arrêté pour des raisons politiques. […] Point n’est besoin de vous rappeler que la justice élève une nation. La justice est pour un Etat de droit ce que le sang est pour le corps humain. Voilà pourquoi j’estime que les réformes dans ce secteur doivent être dictées, non pas par le souci de s’assurer une protection d’une personne ou d’un groupe de personnes, mais plutôt par le souci d’apporter plus d’efficacité et d’efficience au fonctionnement de la justice». Ces extraits sont tirés de l’allocution de Félix Tshisekedi de ce lundi 29 juin 2020.

Le Président de la République martèle qu’il n’acceptera, sous aucun prétexte, des réformes qui viendraient porter atteinte à des principes fondamentaux régissant la justice dont l’indépendance du pouvoir judiciaire, du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif, le pouvoir régalien de nomination des magistrats, la gestion du pouvoir judiciaire confiée au Conseil Supérieur de la Magistrature et bien d’autres. Aussi, peut-on alors qualifier de mort-nées les trois propositions de lois sur cette matière initiées contre vents-et-marrée par deux Députés nationaux du FCC, en l’occurrence, Aubin Minaku et Garry Sakata. Tout le monde attend la réaction de la famille politique majoritaire pilotée par Joseph Kabila. Bras de fer ou résignation ?

Joseph Kasa-Vubu, Héros National

«Il y a soixante ans, nos pères fondateurs, parmi lesquels Joseph Kasa-Vubu et Patrice Lumumba sont parvenus à concrétiser la profonde aspiration du peuple congolais à l’émancipation.

Nous gardons tous en mémoire la belle histoire du 30 juin : celle de nos deux héros, aux tempéraments différents, mais tout aussi déterminés pour la cause de l’indépendance. A cet égard, il me parait juste, 60 ans plus tard, de réconcilier ces deux approches et d’élever Joseph Kasa-Vubu, longtemps oublié, au rang largement mérité de Héros National. Dans le même ordre d’idée, je viens de signer l’ordonnance portant nomination du Maire et du Maire adjoint de Lumumbaville, dans la province de Sankuru, rendant celle-ci effective et opérationnelle».

Ce sont-là deux grandes annonces de cette allocution présidentielle.

Bilan négatif de 60 ans

Dans son discours, Félix Tshisekedi a dressé un bilan négatif de l’ensemble de cette période s’étalant sur l’accession du Congo à la souveraineté nationale et internationale.

«Aujourd’hui, 60 années plus tard, le devenir de la Nation est toujours entre les mains d’une classe politique, toutes tendances confondues, qui demeure versatile, et qui peine à arracher la Nation du cercle vicieux de l’instabilité et de la pauvreté.

Jugez vous-même de notre héritage commun, 60 ans après : alors que le revenu moyen par habitant était de 1000 dollars américains en 1960, il est estimé à 400 dollars américains aujourd’hui, en termes constants, autrement dit, le Congolais moyen a perdu 60% de sa richesse au cours des 60 dernières années.

Notre pays est paradoxalement aujourd’hui l’un des pays les plus pauvres du continent, alors qu’il fut l’un des plus riches il y a 60 ans. Notre réseau routier ne représente plus que 10% de ce qu’il était en 1960 et le réseau ferroviaire que 20%».

Félix Tshisekedi s’est félicité, par ailleurs, de la gratuité de l’enseignement, la grande réforme de son mandat, qui a permis à 2,5 millions d’enfants de retrouver le chemin de l’école.

Exhortation

«A 60 ans, on n’a plus d’excuses ; à 60 ans, on ne commet plus les mêmes erreurs ; à 60 ans, on sort des discours creux et répétitifs et on prêche la sagesse et la droiture par l’exemple ; à 60 ans, on pense à l’héritage et aux valeurs à léguer aux générations futures. Il est temps que nos ambitions personnelles viennent en dernier lieu et que les ambitions de notre pays soient notre priorité», a conclu le Président Tshisekedi.

La Pros.