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Etat d’urgence : le Parlement repousse à nouveau l’échéance

Etat d’urgence : le Parlement repousse à nouveau l’échéance

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Lundi 6 juillet 2020, pour la sixième fois, les deux Chambres du parlement ont voté en première et seconde lecture, l’état d’urgence sanitaire décrété depuis mardi 24 mars 2020, par le Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi Tshilombo. Présenté à l’Assemblée nationale par le Vice-ministre de la justice, Bernard Takahishe Ngumbi, mandaté par son titulaire, en l’occurrence le Vpm Tunda ya Kasende, le projet de loi portant autorisation de la prorogation de l’état d’urgence sanitaire proclamé par l’ordonnance N° 20/014 du 24 mars 2020,  a occasionné un débat extrêmement houleux entre les pro et anti prorogation. Les uns et les autres ont développé les argumentaires pour soutenir leurs positions. Au final,  il a été voté par l’Assemblée nationale et le Sénat  pour 15 jours supplémentaires et n’attend que sa promulgation par le Président de la République.

Lors du débat général, une frange des Députés soutenait la énième prorogation, laissant entendre que l’Etat congolais est encore sous menace de cette pandémie meurtrière et qu’il serait maladroit de lever cet état d’urgence au risque de voir les contaminations prendre l’envol. L’autre frange par contre, soulignait que l’économie du pays est complètement au rabais et il est temps de la relancer en arrêtant l’état d’urgence au profit des mesures des barrières. Ainsi, une option a été levée, exigeant au gouvernement d’apporter à l’Assemblée nationale des mesures d’application de cet état d’urgence tenant compte des difficultés conjoncturelles auxquelles la population fait face.

Le Député François Nzekuye était de ceux qui plaidaient en faveur de la prorogation de l’état d’urgence sanitaire. Contrairement à certains Députés du Front Commun pour le Congo (FCC), qui ne trouvaient aucune raison d’étendre cette période d’état d’urgence. « Il faut proroger l’état d’urgence parce que la situation montre que le virus n’est pas encore sous contrôle, le pic de la maladie n’est pas encore atteint. Ce matin, on nous a présenté le bilan: nous somme à plus de 7000 cas et il ya 14 provinces qui ont été touchées. La maladie continue à se propager », avait-il fait savoir.

Ministre de la santé interpellé

Au cours de la plénière qui a consacré à l’examen du projet de loi portant autorisation de la prorogation de l’état d’urgence,  le Ministre de la santé publique, absent, Eteni Longondo, a été interpellé par la plupart de Députés qui ont défilé devant le perchoir de l’Assemblée nationale. « Je suis d’accord pour qu’on interpelle le ministre de la santé parce que la gestion de ce ministère est calamiteuse. Nous avons vu des médecins qui prennent en charge ces malades défiler pour dire qu’ils ont fait trois mois sans être payés. Comment allons-nous interpeller le ministre alors que nous serons en vacances parlementaires. Pour interpeller le ministre, il faut être en session. Si nous arrêtons avec l’état d’urgence, nous iront en vacances parlementaires. Comment allons-nous être si irresponsables et abandonner notre peuple entre les mains des gestionnaires irresponsables », n’a pas manqué de souligner François Nzekuye, tout en souhaitant qu’un plan doit être présenté au niveau du parlement devant permettre de vivre avec la pandémie du COVID-19.

D’emblée, il convient de signaler que c’est Bernard Takahishe Ngumbi, Vice-Ministre de la Justice, qui a procédé à la présentation du projet de loi portant autorisation de la 6èmeprorogation de l’état d’urgence sanitaire. « Je me félicite du fait que cette loi ait été votée. Nous remercions sincèrement les Députés qui ont accordé plus beaucoup d’énergies sur ce projet », a déclaré par ailleurs ce membre du Gouvernement. Quant à l’absence de son principal le VPM  Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Bernard Takahishe Ngumbi, parle d’un empêchement. « Naturellement c’est normal que je vienne le représenter, il n’y a pas une autre chose à dire », a-t-il conclu.

Merdi Bosengele