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Grave danger !

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Dans son ouvrage intitulé «La Passion de l’Etat», une synthèse de ses mémoires, l’homme d’Etat Léon Kengo wa Dondo dont la carrière politique est inégalée, souligne que l’un des graves dangers de la démocratie c’est la pauvreté, la misère.

Dans un pays pauvre comme la RD Congo, parler de démocratie est synonyme de mettre la charrue avant le bœuf. Ami fidèle et ex-condisciple de Léon Kengo, le Sénateur honoraire Léon Engulu a, dans son témoignage au cours de la cérémonie de vernissage dudit ouvrage, interpellé le Président de la République, Félix Tshisekedi, qui, dans son allocution à l’occasion de 60 ans d’indépendance, ne s’était attardé que sur la classe politique sans faire allusion à la classe économique. Cette dernière est quasi-inexistante en RDC.

Actuellement, le «roi Dollar» a pris de l’ascenseur au point que 10 USD se négocient contre 21.000 FC sur le marché de change. Dépréciation monétaire sans précédent. Déboussolés, les fonctionnaires dont les maigres salaires se dévaluent dangereusement poussent un cri de détresse à l’endroit du Gouvernement Central. Vite des mesures conservatoires. D’autant plus que le panier de la ménagère est complètement dégarni. Les prix des denrées alimentaires de base dont le pain et autres produits grimpent de manière inquiétante.

La pandémie de Coronavirus joue le jeu de la faim au pays de Lumumba et Kasa-Vubu. Le Marché Central fermé au public, plus de 30.000 vendeurs ne savent plus à quel Saint se vouer. Toutes leurs économies ont été vidées pendant cette longue période de confinement. Comment ces nombreuses familles pourront-elles vivre ? Les Kinois qui ont coutume de se détendre chaque après-midi et chaque soir dans des terrasses ou bars se voient priver de ces moments de défoulement en raison de la Covid-19. N’est-il pas venu le temps d’apprendre à vivre avec cette pandémie ? Il faut «COVIVRE» comme indiquer sur une banderole en marge du défilé du 14 Juillet en France.

Abandonnés à leur triste sort, beaucoup de congolais, surtout les jeunes, se laissent entrainer dans des manifestations de rue organisées par des politiciens et acteurs de la société civile malgré les interdictions du pouvoir en place. «Ventre affamé n’a point d’oreilles», dit un adage. Une frange importante de la population a bravé les menaces, la peur et même la Covid-19 lors des marches de protestation du parti UDPS et de la coalition Lamuka. La répression policière a provoqué mort d’hommes, de nombreux blessés et d’importants dégâts matériels.

Une révolte populaire est donc à craindre. Le sage Léon Kengo a tout à fait raison d’en appeler à la classe dirigeante de résoudre les questions de pauvreté avant de parler démocratie. Le ventre d’abord.

La Pros.