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2023 : Corneille Nangaa présente à Félix Tshisekedi la feuille de route

2023 : Corneille Nangaa présente à Félix Tshisekedi la feuille de route

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 Le Président de la République, Félix Tshisekedi, a échangé avec Corneille Nangaa, le Président sortant de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qu’accompagnait le Rapporteur Jean-Pierre Kalamba, le 29 juillet dernier. Au Garant du bon fonctionnement des institutions, ces hôtes ont rappelé que c’est depuis juin 2019, période coïncidant avec la fin de leur mandat, qu’un rapport d’activités de la Centrale électorale avait été déposé à l’Assemblée Nationale et dont copie avait été réservée à toutes les autres institutions de la République. Des défis majeurs du prochain cycle électoral ont été abordés à cette occasion. Notamment, l’actualisation du fichier électoral qui requiert 400 millions de dollars américains et deux ans.

A Félix Tshisekedi, ces deux membres du Bureau de la CENI arrivé fin mandat ont livré les grandes lignes, ou mieux, la feuille de route à exploiter en vue de la réussite du prochain cycle électoral. Survolant leur rapport d’activités, ils ont démontré au Chef de l’Etat que d’ici 2023, le fichier électoral va davantage se détériorer en raison de morts, naissances, nouveaux majeurs, etc.

Il faut en tout et pour tout 400 millions USD et 2 ans pour actualiser ledit fichier électoral. Facture très salée pour un pays embourbé dans les effets pervers de la pandémie de coronavirus. Aussi, la RD Congo est-elle appelée à lever l’option pour les échéances électorales de 2023 : maintenir l’utilisation du fichier ou procéder au recensement administratif.

Hormis le défi susmentionné, d’autres concourent également à l’organisation d’un processus électoral crédible. Il s’agit du financement du cycle électoral. Faudrait-il le financer en interne comme le régime Kabila l’a fait pour les scrutins de 2018 ou tendre la main à la communauté internationale ? Ce défi est majeur au vu des indicateurs économiques au rouge pour cause de Covid19.

Le Président et le Rapporteur de la CENI ont aussi relevé la problématique de l’observation. Recourir aux observateurs internationaux ou se limiter aux équipes d’observation au niveau national ? L’autre défi est technique. L’opinion se souvient de la polémique autour de la machine à voter lors du dernier cycle électoral. Va-t-on recourir une fois de plus en 2023 ? Les parties prenantes doivent en lever l’option.

Une autre préoccupation abordée au cours de cette rencontre de la Cité de l’Union Africaine concerne le retour du scrutin présidentiel à deux tours ou au maintien d’un seul tour. Histoire de mettre fin à la controverse sur la légitimité du Président de la République élu au suffrage universel direct. Cela avait posé problème en 2011 et 2018. Mais, revenir au système électoral d’antan (deux tours à la présidentielle) implique la révision constitutionnelle qui doit, forcément, requérir un large consensus national.

Par ailleurs, dans la loi électorale, il est dit, expressis verbis, que le mandat des membres du Bureau de la CENI est de 6 ans non renouvelables. Autrement dit, la question de la désignation de nouveaux animateurs de la Centrale électorale est donc sur la table. L’opinion se rappellera les manifestations de rue s’étant farouchement opposées au choix controversé de Ronsard Malonda comme successeur de Corneille Nangaa. UDPS, Lamuka, CLC et consorts étaient tour à tour dans la rue à cet effet.

Même le Président de la République a, dans une correspondance adressée à la Présidente de l’Assemblée Nationale, opposé son véto à la désignation cavalière de Malonda faute de soubassement et de consensus autour du concerné. La balle est à nouveau dans le camp de la composante Confessions religieuses habilitée à choisir la personnalité devant conduire la CENI. A ce propos, le Secrétaire Général et Porte-parole de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENO), l’Abbé Donatien Nshole, vient de déclarer que la carte Ronsard Malonda appartient au passé. Cette structure des évêques catholiques a entamé des consultations pour tourner cette page.

Autre fait d’actualité en rapport avec le processus électoral, c’est que le responsable du Comité Laïc de Coordination (CLC), le Professeur Isidore Ndaywel, s’est rendu à la Cour des Comptes pour réclamer un audit de la CENI. «Nous exigeons, avant toute désignation d’un quelconque nouvel animateur, d’abord l’audition et l’examen du rapport d’activités de l’équipe sortante de la CENI y compris l’audit des comptes et des dépenses effectuées conformément à l’article 52 de sa loi organique».

Le premier pas est donc fait après ce face à face Nangaa – Président de la République. Quant aux échéances de 2023, le chemin est encore long.

La Pros.