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Volte-face !

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L’APUKIN vient de donner un moratoire de deux semaines au Gouvernement Central. D’ici là, la grève de cette Association de Professeurs de l’Université de Kinshasa reprend de plus belle.

Pourtant, l’APUKIN avait donné son accord de principe pour reprendre les activités dès la réouverture des promotions terminales après la longue période de l’état d’urgence sanitaire en raison de la pandémie de coronavirus. Le lundi 10 août dernier, ces professeurs étaient même présents et en train de donner cours dans certains auditoires quand le Président de la République, Félix Tshisekedi, faisait la ronde du campus de l’UNIKIN pour visiter les bâtiments réhabilités. Pourquoi cette volte-face ?

Pendant les discussions à l’Hôtel du Gouvernement, un compromis s’était dégagé entre ces hommes de science et l’équipe gouvernementale. Selon le Vice-Premier Ministre en charge du Budget, Jean Baudouin Mayo, trois grandes décisions ont été prises à cette occasion. D’abord, les professeurs de cette Alma Mater seront conduits par le Directeur de Cabinet adjoint à la Direction de la paie en vue de détailler les différentes rubriques de leur paie. Ensuite, le remboursement de la marge dégagée dans l’achat des véhicules des professeurs à un prix plus élevé que le prix réel. Enfin, le complément des salaires eu égard à la dégringolade de la monnaie nationale.

L’APUKIN avait ainsi eu gain de cause. Mais, aujourd’hui, le discours change. C’est le débrayage et un ultimatum de deux semaines avant une éventuelle reprise des cours. La revendication d’une enveloppe salariale à hauteur de 5.000 dollars américains pour un Professeur associé refait surface. La reprise des activités du 10 août en cours n’était qu’un trompe-l’œil.

Par ailleurs, sous la conduite  de la bouillante Cécile Tshiyombo, les syndicats des enseignants ont éventré le boa face au Président de la République à la Cité de l’Union Africaine. A l’issue des échanges, s’est dessinée une convergence pour le démantèlement des enseignants fictifs.

«Avec le Chef de l’Etat, nous avons eu l’assurance sur nos difficultés. Il s’agit de faire l’audit au sein du SECOPE [Service de Contrôle et de Paie des Enseignants]. L’enveloppe sur la gratuité saigne à cause des enseignants fictifs qui sont recrutés», a indiqué la syndicaliste Tshiyombo. L’ouverture d’esprit dont a fait montre Félix Tshisekedi a été saluée par ses hôtes.

Après ce compromis trouvé au plus haut sommet, tout le monde espère qu’il n’y aura plus grève à l’EPST. A moins que ces syndicats fassent volte-face à l’instar de l’APUKIN.

La Pros.