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Chiens de faïence ?

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Alors que la course devait être engagée contre la montre, voici que les sociétaires de la coalition FCC-CACH passent du temps à tirer à boulets rouges. Des coups de gueule, des peaux de banane, des flèches à fleuret moucheté, des rumeurs et autres discours aussi bien incendiaires que sensationnels rappellent bien l’épopée d’une autre époque.

Et, pourtant, puisque  les jours sont bel et bien comptés, ils auraient, pendant tout ce temps, se mettre résolument au travail, poser les jalons pour préparer, ensemble, les futures échéances électorales.

Bien plus, puisque  ce sont eux qui gèrent au quotidien le vécu du peuple congolais dont ils ont tant vanté le souci d’œuvrer à son bonheur, ils auraient dû prendre le taureau par les cornes.

A l’investiture, le 24 janvier 2019, Félix Antoine Tshisekedi, lors de la passation civilisée des arcanes du pouvoir, avait vu juste lorsqu’il promettait de placer l’intérêt supérieur de la nation au-dessus des considérations politiciennes  et partisanes.

Ce jour-là, en effet, il suffit de lire mot à mot, son discours mémorable, il était bien arrivé à comprendre que la seule façon de sortir le Congo-Kinshasa du bourbier, c’était dans la conjonction des efforts, dans la communion des esprits, dans l’union des cœurs, qu’il fallait trouver des interstices idoines  pour s’assurer de lendemains meilleurs.

Aujourd’hui, plus d’une année après, juste à quelques encablures de la fin de la deuxième année, l’embellie a  cédé  aux caprices de l’appétit glouton du pouvoir.

Désormais, la justice s’en mêle à tout, y compris aux fruits interdits par l’Accord  de coalition. Les alliés d’hier se regardent, décidément,  en chiens de faïence à l’aune de calculs et agendas cachés.

Au fond, plus qu’une question d’idées, des valeurs et des programmes, les distorsions actuelles nées de l’éviction de Kabund du perchoir de l’Assemblée Nationale, de la démission de Tunda, de la pluie torrentielle d’Ordonnances présidentielles contestées, des interpellations intempestives, des arrestations arbitraires ainsi que de tous les ratés de l’histoire, renvoient à la poubelle tous les rêves d’un avenir politique concerté qui ferait le bonheur de tous les congolais, à la veille des échéances de 2023.

Plus de peur que de mal, au regard du décor planté,  l’idée même d’aller aux élections, à sa simple évocation, provoque des sueurs froides, des pensées morbides et des morves hystériques. Si bien que les espoirs   s’étiolent, au fil des jours. Comment  aller aux élections apaisées, transparentes et démocratiques  alors qu’on en est encore au débat sur Malonda,  les réformes de la CENI, les audits,   le dialogue et les marches sur fond d’un langage des sourds ?

LPM