Pas un pas sans la prospérité.
Chaque jour, du lundi à samedi, reprise des publications quotidiennes

Que cache la quête de Ngoyi Kasanji sur le changement du suffrage de la Présidentielle ?

Que cache la quête de Ngoyi Kasanji sur le changement du suffrage de la Présidentielle ?

This post has already been read 2662 times!

«Tout ce qui est caché apparaitra», disait un dicton latin. Des rumeurs persistantes circulaient sur l’ambition de la plateforme électorale du Président de la République sortant et Sénateur à vie M. Joseph Kabila Kabange d’initier une révision constitutionnelle à grande échelle dont le principal point est la révision du mode de scrutin pour passer du scrutin direct au scrutin indirect. C’est étonnant que la sortie du député national Ngoyi Kasanji sur ce sujet précis puisse surprendre.  Son Excellence Joseph Kabila Kabange avait en son temps vanté le mode de scrutin indirect dans une de ses adresses à la nation soulignant les énormes économies qu’il permettait et les clivages sociaux qu’il évitait.

Donc, cette prise de position d’un ‘’citoyen’’ appartenant au groupement politique du chef de l’Etat sortant  sur cette matière précise ne surprend pas tout simplement parce qu’elle ne révèle rien de neuf.  Pourquoi intervient-elle maintenant, en cet instant précis ?

Le contexte particulier dans lequel cette velléité de changement du mode de scrutin souhaité doit être en train de cacher un problème plus grand et plus complexe dans le camp du FCC. C’est un ballon d’essai  lancé pour tâter le terrain.  C’est une manière d’entamer une étude de faisabilité, un sondage pour permettre au décideur de prendre une décision définitive sur la suite à donner aux évènements.

Qu’est-ce qui nous permet de dire cela ?

C’est que nous assistons à l’effritement des moyens d’action qu’avait  la plateforme FCC pour influer sur les cours des évènements dans la vie nationale.

Les ordonnances présidentielles du 17 août 2020 ont mis en danger tout l’échafaudage monté par la famille politique de l’ancien chef de l’Etat pour continuer à contrôler la marche de la nation congolaise.  Si le FCC  continue à détenir la majorité au Parlement et au Sénat, elle n’est plus en mesure   de s’opposer à des initiatives tendant à hâter  l’effondrement de tous les dispositifs patiemment montés pour garder les privilèges exorbitants qui étaient les leurs.

Alors les têtes pensantes du FCC voudraient savoir s’ils peuvent jeter toutes les forces qui leur restent dans la bataille. Ils plantent le décor et veulent habituer la population aux  enjeux qui vont être dévoilés bientôt.

Le timing de ce sondage est aussi étudié. Le parlement national et le sénat sont en congé.  Leur rentrée est proche.  Il faut donc préparer l’opinion à ce qui va venir.  Il faut affûter les armes, préparer les esprits avant que la bataille ultime ne s’engage.

Voila ce que cache cette intervention du député  Ngoyi Kasanji dont la loyauté au FCC n’a pas du tout été ébranlée par les récents déboires qu’il a bruyamment vécu sur le plan personnel.

En même temps, cette sortie comme les autres du FCC nous renseignent  que ces batailles se passeront dans les institutions où le FCC tient solidement les cordes. Sa majorité a été testée à plusieurs reprises au Parlement et au Sénat et elle ne s’est pas effondrée.  Le FCC peut même compter sur quelques alliés de circonstance pour étayer  ses vues.

La matière sur laquelle elle basera toute la bataille est déjà donnée par les récentes sorties médiatiques qui accaparent l’attention du peuple congolais.  La présumée violation de la constitution par les ordonnances du Président de la République qui devra soit les retirer, soit faire le troc en les échangeant contre la révision constitutionnelle ébauchée.

Le peuple devra s’attendre à une crise politique profonde qui paralysera la vie de la nation pour des longs mois.  Les sondages que le FCC a lancés par le biais d’un de ses plus fidèles éléments tendent   découvrir si la population pourra être mobilisée contre le FCC avec le même succès , la même hargne que les fois passées ou si cette fois-ci étant donné l’implication d’un des leaders de l’opposition contre les ordonnances décriées les, réformes sur les élections peuvent être entreprises avec succès sans trop des casses.

Attendons-nous à des moments très chauds à la rentrée de deux chambres législatives  de notre pays.

Laurent Bukasa