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Des points qui fâchent durant la Session de septembre : les Parlementaires FCC franchiront-ils le Rubicon ?

Des points qui fâchent durant la Session de septembre : les Parlementaires FCC franchiront-ils le Rubicon ?

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Plusieurs confrères s’accordent au sujet de la Session qui s’ouvre ce mardi 15 septembre 2020 au Palais du Peuple qui, plus est, sera aussi orageuse que  dangereuse. Normalement, c’est une session essentiellement budgétaire. Mais, au vu de la gravité et l’urgence que requiert des problèmes laissés en suspens par la session passée et les nouveaux problèmes politiques que les agendas de plateformes politiques veulent bien faire passer, cette session ne se bornera pas seulement à éplucher les dossiers budgétaires lui transmis par le gouvernement ; elle va aussi essayer de lever quelques entraves lourdes qui handicapent la marche politique de certains acteurs politiques, en l’occurrence l’Autorité Morale du FCC et son ambition évidente de revenir aux affaires qui commencent à transparaître dans certaines interventions des membres de sa plateforme politique.

Ces velléités de révision constitutionnelle ont été exprimées par le député national Ngoyi Kasanji. Pour lui, le suffrage indirect serait la solution rêvée pour éviter au pays des dépenses exorbitantes et des résultats contestés. Et par quel mécanisme le Député national pense-t-il obtenir ce changement dans les mœurs politiques congolais déjà habitués au suffrage direct avec son lot de contestation lorsque la CENI proclame les résultats en violation totale de la loi ?  C’est par la révision constitutionnelle. D’ailleurs, c’est le mode opératoire du FCC qui, pensent des observateurs, à chaque fois qu’il se retrouve dos au mur, ses membres demandent avec insistance que ce dossier soit renvoyé vers les institutions du pays, en l’occurrence le parlement et le Sénat dans lequel il dispose d’une majorité incontestable. Il va sans dire qu’avec ou sans pression politique, le FCC ne se formalisera pas de faire passer ces lois.  Lorsque les Parlementaires FCC ont déjà reçu une consigne de vote, il n’y a que le ciel qui peut leur tomber sur la tête pour les faire changer.  Le vote de la loi Minaku et Sakata ainsi que le vote sur l’éviction de Jean-Marc Kabund sont très récents dans la mémoire pour convaincre les incrédules.

Bien entendu, l’opposition parlementaire et ici même les autres membres de la coalition ne pourront jamais accepter qu’une telle révision constitutionnelle puisse même être envisagée. Mais, comment pourront-ils empêcher une mesure décrétée par l’Autorité Morale du FCC  qui a non pas une majorité confortable mais une majorité écrasante au Parlement et au Sénat ? Le FCC demandera que leur partenaire laisse les choses poursuivre leur cheminement dans une stricte conformité aux textes légaux concernés. Et l’opposition que M. Fayulu se débat pour incarner, et le CACH qui tient mordicus que le Président en fonction, M. Antoine Félix Tshisekedi ait un deuxième mandat, ayant passé le premier à arracher des crocs des Caciques de l’Ancien régime la bonne gouvernance, les bonnes habitudes fiscales et à combattre la corruption, ne l’entendront pas de cette oreille. La guerre sera déclarée.

Quel intérêt le FCC trouve-t-il dans cette révision constitutionnelle annoncée ?  Pourquoi tiennent-ils à ce que le suffrage de l’élection Présidentielle passe du direct à l’indirect ?

C’est que l’Autorité Morale de cette plateforme doit s’être rendu compte qu’il avait quitté prématurément la scène politique Congolaise alors qu’il avait encore tant à faire ! Et pourtant, il a eu tout le temps de mettre en application tout ce qu’il avait dans le ventre.   C’est à cause de lui que l’honorable Ngoyi Kasanji se jette dans la brèche pour annoncer les couleurs. C’est pour lui que les honorables Minaku et Sakata acceptent de braver la réprobation nationale et d’être trainé dans la boue.  Ils doivent servir l’Autorité morale et la loyauté dans le camp est la qualité première requise pour être un membre considéré. Il doit revenir aux affaires. Mais comment ?  Dans l’actuelle constitution, les pieds des anciens Présidents de la République sont chargés d’entraves tellement lourds pour les empêcher d’avoir une vie politique active après leur passage à la tête du pays.  Même dans le cas où les parlementaires et les Sénateurs réussissaient le tour de force de réviser l’article 220 de la constitution qui stipule ceci : « La forme républicaine de l’Etat, le principe du suffrage universel, la forme représentative du Gouvernement, le nombre et la durée des mandats du Président de la République, l’indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical, ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle. Est formellement interdite toute révision constitutionnelle ayant pour objet ou pour effet de réduire les droits et libertés de la personne, ou de réduire les prérogatives des provinces et des entités territoriales décentralisées ».

Il y aura toujours cette étiquette de Sénateur à vie et des avantages accordés aux anciens Présidents de la République dont il ne pourra jamais se départir. Du coup, le FCC qui recherchera coûte que coûte à  amender la constitution en cet intangible article 220 devra rechercher un passage en force pour réussir ce coup. Qui pourra contourner ce verrou sans proposer une autre constitution ? Joseph Kabila Kabange en son temps avait hésité, puis abandonné l’idée d’un passage en force sur cette matière pendant qu’il était encore Commandant Suprême des Forces Armées et de la Police.  Et l’Actuel Chef de l’Etat a habitué la population à faire des démonstrations sans effusions de sang.  Donc, un passage en force serait donc difficile à envisager mais pas impossible. Le Sénateur à vie garde intacte la liste de ses inconditionnels et aucun d’eux jusqu’à présent n’a déserté la maison.  Vola donc l’un des sujets qui vont fâcher et non l’unique.  L’alerte est lancée. Voyons ce que nous réserve la suite des évènements.

Laurent Bukasa