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LAMUKA : Katumbi affiche ses ambitions

LAMUKA : Katumbi affiche ses ambitions

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Décidemment, la plateforme LAMUKA s’est déjà éparpillée en des sous-plateformes qui hésitent à proclamer leur indépendance mais, par contre, agissent déjà en solo mieux, en toute indépendance. On peut parler de LAMUKA Bemba ; de LAMUKA Katumbi et de LAMUKA Fayulu dont la base, estiment ses détracteurs,  se singularise ces derniers temps dans les réseaux sociaux par des propos acerbes et tribalistes d’une rare violence.

Dès son retour de l’Extérieur du pays où le confinement l’avait surpris, M. Fayulu, un des ténors de LAMUKA  aurait en son temps suscité l’ire de ses pairs de la Plateforme, en l’occurrence MM. Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi par sa prise de position sur le dossier des ordonnances présidentielles et la requête de M. Ngoyi Théodore avocat des Juges de la Cour Constitutionnelle mutés vers la Cour de cassation de poursuivre le Chef de l’Etat pour haute trahison.  C’était une démarche non concertée qui révélait au grand jour les lézardes qu’avait subies l’édifice LAMUKA depuis des mois et qui étaient, jusque-là, invisibles au grand public. Les membres de LAMUKA se lancent désormais dans des initiatives personnelles selon les intérêts de chaque membre concerné. Chaque ténor de LAMUKA a dans sa ligne de mire les échéances à venir de l’année 2023.

L’initiative de M. Fayulu était sans doute destinée à soigner sa visibilité du fait qu’il était absent du pays depuis des longs mois et cela n’aurait pas plu à ses pairs qui s‘étaient empressés de déclarer que cette prise de position n’engageait pas la plateforme.

Puis, le peuple Congolais avait assisté à une tentative de séduction du FCC qui tenait à récupérer Moïse Katumbi dans ses rangs en organisant une soi-disant réconciliation entre le Président sortant  M. Joseph Kabila Kabange et  Moïse Katumbi. Moïse Katumbi réserva une fin de non-recevoir à cette initiative curieuse. Si les politiciens disent qu’en politique, il n’y a que les intérêts qui priment, ils ont oublié que certaines blessures se cicatrisent difficilement et que justement les intérêts du FCC et ceux de M. Katumbi sont extrêmement divergents.

Viennent ensuite les rumeurs d’un éventuel rapprochement entre le CACH et la plateforme AR, jusque-là membre de LAMUKA la semaine passée. Une déclaration de la Conférence des Présidents de l’AR datant du 9 septembre 2020 est venue de nouveau démentir la possibilité d’un tel rapprochement, profitant de l’occasion pour fustiger l’aventurisme de quelques membres tentés d’opérer ledit rapprochement sans l’aval de la hiérarchie, ici la personne de Moïse Katumbi.

Cette mise au point, au-delà de fixer l’opinion sur l’indépendance dont le Président Moïse Katumbi veut jouir, a la vertu de révéler sa véritable ambition. Moïse Katumbi  tient à préserver sa liberté de mouvement et d’actions lors des joutes électorales à venir où cette fois-ci le gouvernement ne mettra pas des bâtons dans ses roues comme ce fut le cas lors des élections de 2018. La justice l’a déjà blanchi des accusations portées contre sa personne par un sujet grec qui lui en voulait; il ne veut être gêné par une rancune tenace d’un puissant du régime passé. Voila pourquoi, il ne tient plus à se retrouver dans des alliances où d’autres profitent de sa popularité et de ses moyens logistiques pour se placer devant les rampes de l’opinion et lui en est réduit à jouer les seconds rôles et à se ronger les ongles.

Il a repoussé les avances du FCC qui voulait l’utiliser pour jouer le rôle de roue de rechange au cas où il parvenait à se défaire de la présence encombrante de Félix Tshisekedi Tshilombo à la tête du pays. Il vient encore de repousser la tentative de CACH de l’embrigader en absorbant une ses plateformes dont AR avec quelques membres tentés par l’aventure. Il est maintenant en train d’affûter ses armes pour 2023. Ni Joseph Kabila, ni Félix Tshisekedi encore moins Fayulu Martin ne pourraient l’utiliser comme béquille pour se propulser sur le siège du Président de la République.  Lui-même se sent capable d’assumer cette responsabilité. Il sera candidat.  Ses alliés doivent se tenir prêts et éviter des alliances qui pourraient le desservir. Le FCC et le CACH sont donc avertis.

Laurent Bukasa