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Nomination au sein de la territoriale : le FCC réclame sa part du gâteau

Nomination au sein de la territoriale : le FCC réclame sa part du gâteau

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Cela aurait agréablement surpris que la Plateforme du Président de la République sortant, le FCC, ait laissé les coudées franches au Vice-premier Ministre en charge des affaires intérieures pour faire une nouvelle mise en place au sein de la territoriale sans interférer d’une manière ou d’une autre. Le peuple congolais s’était accoutumé durant les 21 années de règne du Président Joseph Kabila et même après ce règne, ses différents alliés se sont toujours plaint de ce que son parti se taillait la part du lion lorsqu’il s’agissait de faire un partage équitable et équilibré des postes de responsabilité à pourvoir.

De l’avis de certains alliés du PPRD, les mémoires de congolais sont encore fraîches en cette matière lorsqu’ils jettent un regard rétrospectif sur la clé de répartition des postes de responsabilité lors de l’investiture du Gouvernement de Feu Antoine Gizenga et d’Adolphe Muzito, celui récent d’Ilunga Ilunkamba ainsi que sur les gouvernements successifs d’Augustin Matata Ponyo. Les Alliés du PPRD et du FCC n’ont eu droit qu’à quelques poulets maigrichons tandis qu’eux se réservaient les bonnes chèvres grasses. Même le gouvernement de coalition en place n’a pas fait exception. Le FCC contrôle les 4/6 des postes gouvernementaux et le CACH, son allié, seulement les 2/6 restant. C’est-ce que le FCC appelle «partage équitable et équilibré ?», s’interroge-t-on.

Seulement, les choses sont en train de bouger lentement mais inéluctablement. Pour la première fois depuis deux décennies, le groupe du Président sortant est en train de perdre un peu de terrain. Il a perdu  quelques positions. Dans les provinces, il n’avait lâché que les Provinces où il lui était impossible de faire autrement. Sinon partout, ce sont ses Gouverneurs qui sont en place pour conduire les destinées des  Régions.  Et voilà qu’une nouvelle opportunité se présente : la  territoriale. Que se passerait-il, se demande les bonzes du FCC, si c’est le membre de la coalition qui demeure le rival numéro un s’accapare du contrôle de tout ce qui se passe dans l’arrière-pays durant les échéances prochaines ? Tiens ! Il fallait y penser avant et ne pas céder le Ministère de l’Intérieur. Mais, le vin est déjà tiré, il faut le boire. Alors la Conférence des Présidents qui fait par la même occasion les comptes de ses administratifs qui lui sont fidèles voit le danger poindre à l’horizon dans toute sa splendeur et se rend compte qu’il ne contrôlera plus rien dans l’arrière-pays. Alors,  elle demande que «les nominations puissent bénéficier de larges consultations au sein de la coalition». La conférence des Présidents du FCC qui a peut-être quelques ouailles à protéger se soucient brusquement de leur bien-être intégral. «Les nominations devraient en outre s’agissant des entités déconcentrées, tenir compte de l’impératif de la stabilité des cadres territoriaux en fonction depuis seulement 2018, en prenant en compte les coûts comparatifs  pouvant entrainer des mutations prématurées et non préparées mais dictée uniquement par des mobiles partisans ». Les Congolais ont compris ces préoccupations sociales subites de la Conférence des Présidents de la plateforme FCC signifie tout simplement qu’ils ont aussi droit à une part du gâteau ; à la plus grande portion même car ils ont la majorité au Parlement et au Sénat. Enfin, il ne faut pas que des décisions importantes impliquant les prochaines échéances se prennent loin de leurs yeux scrutateurs. Il faut que des commissions gouvernementales concernées et même le Conseil de Ministre jettent un œil perspicace dans ces nominations. Ils ne peuvent pas se permettre de perdre le contrôle.

Mais voilà qu’il y a un Hic.  La territoriale fait partie de l’Administration Publique et de ce fait, de par la loi, elle ne peut se permettre des manipulations politiciennes proposées. C’est ainsi qu’il est intéressant d’attendre que le CACH, qui a subi dans les passées ces incursions de la politique dans l’Administration publique réagisse à ce communiqué de la conférence des Présidents du FCC. La liste des sujets qui fâchent entre le FCC et CACH devra donc continuer de s’allonger.

Laurent Bukasa