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Tshisekedi nous a prévenus : ” Je ne veux pas qu’on fasse de moi dictateur »

Tshisekedi nous a prévenus : ” Je ne veux pas qu’on fasse de moi dictateur »

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L’une des grandes, sinon la plus grande des paroles fortes tenue jusque-là par le Président Félix Tshisekedi depuis son investiture le 24 janvier 2019, est celle adressée le 18 septembre 2019 à ses compatriotes de la Diaspora présents en la salle du Heysel de Bruxelles. « Je ne veux pas de la justice faite par le Président de la République ou à la présidence. Je ne suis pas un dictateur. Je ne veux pas qu’on fasse de moi dictateur », avait-il dit. Avec le rétropédalage auquel s’est livré la Cour d’appel de Kinshasa-Gombe dans l’affaire « Martin Fayulu-Théodore Ngoyi » née de leurs prises de position par rapport aux ordonnances du 17 juillet dernier, il y a lieu de remettre les pendules à l’heure. Et vite…
Rappel : le choix de Bruxelles pour cette parole forte est doublement significatif en ce que la capitale de la Belgique est à la fois la métropole de l’ex-puissance coloniale depuis 1908 et le siège de la Commission européenne depuis 1957. L’une et l’autre sont très impliquées dans la question politique congolaise.
Cette parole, Félix Tshisekedi ne l’avait pas envoyée qu’à son parti (Udps), à sa plateforme (Cach) et à sa coalition (Cach-Fcc). La destination comprend globalement toutes les Institutions publiques (tous les niveaux indistinctement), toutes les organisations politiques et sociales privées (partis, patronat, syndicats, Eglises, ONG, mouvements pro-démocratie, Asbl, médias) et même toutes les ethnies et tribus, bref toutes ces structures facilement mobilisables pour créer des dictatures.
Pour cette livraison, un corps professionnel est à mettre à l’index pour lui éviter toute participation au travail de sape du travail de Titan qu’effectue le Chef de l’Etat. Il s’agit, on s’en doute, de la Magistratureengagée dans l’instauration de l’Etat de droit. Un corps essentiel dans la conduite de la démocratie.
En dehors des violations intentionnelles de la loi – faut-il encore en donner la preuve – rien ne justifie la convocation d’un citoyen pour une opinion librement exprimée dès lors qu’une contre-opinion n’est pas interdite. D’ailleurs, le débat qui s’en suit fait le charme, la beauté de la démocratie.
Dans cette logique, ce n’est pas parce que Théodore Ngoyi ou Martin Fayulu dit du Président de la République qu’il a violé la Constitution qu’il doit être convoqué par un magistrat, surtout lorsqu’il n’y a pas outrage avéré au Chef de l’Etat.
Ce serait alors de la naïveté que de penser que la sortie médiatique du Pr Nyabirungu la veille de la date du 9 septembre 2020 fixée par la Cour d’appel de Gombe pour l’audition des ex-candidats soit le fait du hasard. Ce serait du pragmatisme que d’y voir une sorte de piège devant se refermer sur la Magistrature obligée de convoquer tous ceux qui auront « commis » la même infraction. Autant parler d’une prison à ciel ouvert (ne suivez pas mon regard).
Résultat : ils ont piégé l’Alternance du 24 janvier 2019
Il est bon de le rappeler : Félix Tshisekedi a été élu en reconnaissance de la lutte de l’Udps pour l’exercice des libertés fondamentales. Les premières mesures pour lesquelles les partenaires ont salué son avènement à la magistrature suprême sont celles relatives aux actes attendus de lui : leur libération.
Il va sans dire que les mêmes partenaires ne se sentiront nullement embarrassés de constater et de déplorer la répétition, sous Tshisekedi, des faits similaires constatés et déplorés sous Kabila.
Les anti-Tshisekedi sont à l’affût des faits prouvant le statu quo, de façon à convaincre leurs interlocuteurs de l’intérieur et de l’extérieur de la thèse jansenssienne selon laquelle « Après 24 janvier 2019 = Avant 24 janvier 2019 ». Objectif : établir l’échec de la première alternance politique en 60 ans d’indépendance.
Dans son éditorial publié dans LPDA 056 sous le titre « Mettre Félix à l’abri des distractions », Abraham Luakabuanga (AL) parle d’initiatives à l’effet boomerang garanti dévastateur. On croit les prendre pour faire avancer la Cause mais, en réalité, c’est le résultat inverse qui se produit.
Dans cette affaire de convocation, le plaignant, Franck Kalolo, Coordonnateur du Crjli, a cru bien faire. Hélas, on assiste à l’effet inverse allant jusqu’affecter la Magistrature pourtant en pleine réforme.
La « gagnant », on s’en doute, c’est Martin Fayulu, pourtant rentré bredouille de son long séjour en Occident pour cause du Coronavirus. La veille de sa convocation, son proche collaborateur Mike Mukebayi a « tiré à bout portant » sur lui pour une affaire ridicule de sous. Pendant que l’opinion avertie se demandait comment il allait rebondir, il a vite trouvé la parade dans l’affaire de convocation. Rétropédalage choquant : la Cour d’appel conteste la veille l’authenticité de la convocation (on la qualifie de fakenews), le commissaire principal provincial pour la ville de Kinshasa Sylvano Kasongo se charge de le signifier à Martin Fayulu et Théodose Ngoyi alors que ce n’est pas son rôle, et le jour J, les avocats de Martin Fayulu annoncent avoir obtenu de l’organe de la loi l’extinctionde la procédure judiciaire lancée.
La question est maintenant de savoir s’il était utile qu’il y ait d’abord un plaignant (n’ayant probablement aucun lien avec Fatshi ni l’Udps), ensuite un magistrat (pour émettre une convocation) et enfin un rétropédalage (pour disqualifier la plainte) !
C’est ici que l’appel d’AL se justifie pour la mise en place d’une Task force (commandement opérationnel) chargée d’organiser des « attaques » et des « contre-attaques » qui mettent l’Institution Président de la République à l’abri des distractions.
D’ailleurs, comme de façon prémonitoire, Félix Tshisekedi avait déjà tiré la sonnette d’alarme le 18 septembre 2020. « Je ne veux pas de la justice faite par le Président de la République ou à la présidence. Je ne suis pas un dictateur. Je ne veux pas qu’on fasse de moi dictateur », avait-il déclaré.
L’affaire «Magistrature-Kalolo-Fayulu-Ngoy » est de nature à piéger l’Alternance du 24 janvier 2019. La première en 60 ans d’Indépendance. Aux avertis de part et d’autre, de la sauver.
Le Congo, notre Congo, en a besoin.
Omer Nsongo die Lema/CP