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Gilbert Kankonde : la tête mise à prix au Parlement !

Gilbert Kankonde : la tête mise à prix  au Parlement !

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Cette  session ordinaire de  deux chambres du Parlement congolais  qui  s’ouvre aujourd’hui, mardi 15 septembre 2020,  au Palais du Peuple, sera de tous les enjeux, de tous les dangers et, même, de tous les défis.  Députés et Sénateurs y sont attendus de pied ferme. Car, après leurs  vacances ponctuées des effets dus à la Covid-19  mais également, à la récession économique qui, comme tout le monde sait, est venue amplifier la crise sociale à tel point que dans divers coins du pays, les congolais broient du noir et grincent les dents, les élus  retrouvent ainsi  le chemin de l’hémicycle sur fond d’une crise latente. Depuis un certain temps, à  la coalition FCC-CACH, tous les coups sont permis.L’heure serait aux agendas cachés contre les agendas cachés ! Et, décidément, le duel qui, du reste, est  perceptible,  s’annonce aux couteaux…

Le FCC va-t-il sonner le tocsin ?

Tenter le forcing pour imposer Ronsard Malonda à la tête de la Centrale électorale. Tout faire pour achever et adopter les lois controversées  Minaku-Sakata. Initier la révision constitutionnelle pour y incruster cette affaire de la Présidentielle au suffrage universel indirect et à un tour, comme l’avait si bien annoncé Alphonse Ngoyi Kasanji.  Puis, dans la foulée, autoriser des poursuites contre Eteni, le Ministre de la Santé et, dans une certaine mesure, mettre en mal d’autres, à l’instar de  Pépin Guillaume Mandjolo, de la Coopération Régionale et Francophonie,  sous des prétextes multiples.

Et comme si cela ne suffisait pas, il serait, semble-t-il, question d’interpeller et d’éjecter le VPM de l’Intérieur,  Gilbert Kankonde,  de son piédestal actuel.

Ces  visées, au cas où elles se confirmaient, s’inscriraient dans  l’optique de la recherche de  l’équilibre des  rapports des forces.

D’ailleurs, il n’est pas exclu que dans cette perspective, toutes ces affaires ubuesques  de Kingabwa ou  de Kasumbalesa lui seraient  collées comme une écharde, pour justifier sa descente aux enfers.

Bien plus, tout  ce qui s’est passé dernièrement  à Kisenso, par exemple, viendrait encore salir et tenir son image, pourvu qu’à la suite d’une motion d’interpellation,  fiévreusement boutiquée et sous-traitée auprès d’un Député Mlc oud’un  autre, qu’il soit catapulté, loin des arcanes du pouvoir.

Coup sur coup…

Car, en effet,  depuis que Tunda ya Kasende avait rendu le tablier, le Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi,  n’aurait toujours pas accepté de nommer d’urgence quelqu’un d’autre pour pourvoir à la vacance de poste  créée, préférant ainsi laisser un Vice-Ministre à la Justice, fut-il de l’Udps,  se gargariser à faire de l’intérim pour des fonctions qui  le  dépassent, apparemment.

Le cocktail serait   encore lourd  lorsqu’il sera question, plus tard, de revenir sur des réformes soi-disant électorales qui permettraient au FCC, selon des analyses croisées, d’arriver à bout de ses  plusieurs stratagèmes politiques et de faire baser son partenaire d’hier et encore d’aujourd’hui, avant  de lui préparer une autre recette, pour demain jusqu’aux horizons des joutes électorales projetées vers 2023.

Le FCC, dans sa détermination à tout contrôler, serait-t-il prêt à en découdre avec son partenaire CACH ? Aussi lancinante que puisse être cette question, elle mérite bien d’être posée.

Ni cadeau, ni plateau  d’or

En revanche, au Cap pour le Changement amputé de Kamerhe, le Dircab de Félix Tshisekedi  mis aux arrêts, jugé et condamné à 20 ans des travaux forcés assortis de 10 ans de privation des droits civiques, après la purge de la peine principale, les gens semblent dormir sur leurs lauriers.

Ils  ne se contenteraient que d’attendre en échange, comme sur un plateau d’or, le simple remplacement  cosmétique de Kabund par Patricia Nseya ou alors, l’acceptation du serment de deux juges autrefois nommés à la place de Kilomba Noël et Jean Ubulu,  devenus  réfractaires aux Ordonnances querellées  du Chef de l’Etat, telles que publiées, le 17 juillet 2020.

Le FCC serait-il  prêt à   prendre sa revanche sur le CACH ?

Tout semble indiqué qu’au cours de cette session ordinaire, ces deux principales plateformes de la coalition au pouvoir ne se feront pas de cadeaux.

L’évaluation, pourtant pompeusement annoncée, n’aurait servi   que de poudre perlimpinpin.

Car, après tout, rien de concret n’est sorti de toutes ces tractations. Ils se sont posés, par contre,  de petits lapins  à l’infini.  L’état d’urgence sanitaire est passé. Les vacances parlementaires aussi.  Si bien qu’en définitive, la session qui s’ouvre aujourd’hui ne rassure guère, quant à l’embellie au sein de la coalition, s’il faut prendre à la loupe et  analyser chacun des éléments de ce nouvel épisode aux allures d’une pièce de puzzle.

A moins que par un sursaut d’orgueil national, les sociétaires du FCC renoncent  à ce schéma-là. Ce qui laisserait un peu d’interstice à l’optimisme qui  permetrait, néanmoins, d’espérer que le sort du pays ne sera  pas sacrifié sur l’autel de toutes ces batailles aux instants bigarrés. Mais, qui en sortirait gagnant ?

LPM