Pas un pas sans la prospérité.
Chaque jour, du lundi à samedi, reprise des publications quotidiennes

Après le Passage en force du Président de la République, comment les lignes peuvent-elles bouger sur le plan politique au pays ?

Après le Passage en force du Président de la République, comment les lignes peuvent-elles bouger sur le plan politique au pays ?

This post has already been read 1513 times!

Le Président de la République a été intraitable sur le dossier des juges nommés récemment par Ordonnance en date du 17 juillet 2020. Alors que ses coalisés lui demandaient de les rapporter, Félix Tshisekedi pensait à la prestation de serment de ces juges. C’est maintenant chose faite sur fond d’une crise multiforme: crises Institutionnelle, politique, économique, sanitaire et sociale. Après toutes les péripéties ayant entouré la prestation de serment des juges jugée ‘’étonnante’’ par le FCC, qu’est-ce qui peut maintenant changer dans le paysage politique du pays ? Telle est la question que tous les observateurs de la vie politique du pays se posent.

Il sied de signaler que le FCC a tenu plusieurs réunions depuis l’annonce par le service de Protocole de la Présidence de l’organisation de la cérémonie de prestation de serment des juges de la Cour Constitutionnelle pour raffermir les volontés qui auraient eu tendance à flancher pour rejoindre le camp présidentiel à la cérémonie. Ce mot d’ordre a été bien suivi.

Mais, des sources proches du service de protocole de la Présidence renseigne que les députés de l’opposition avaient choisi le camp de la Présidence, pour assister à la prestation de serment des juges de la Cour Constitutionnelle. En fait, l’UNAFEC de Gabriel Kyungu wa Kumwanza avait dans une réunion de son Directoire national et de son Bureau politique apporté un soutien sans ambages au Président et à la prestation de serment des juges boycottée par le FCC. Le Député National Christophe Lutundula avait assuré que le groupe de Parlementaires pro Katumbi et pro MSR/G7 assisterait à la cérémonie de prestation de serment. De même, le Député Raphaël Kibuka annonçait aussi la présence des députés du MLC à cette cérémonie. Le Sénateur Bahati Lukwebo avec son groupe ont été depuis les débuts très critiques par rapport à la hiérarchie du FCC. Leur appui au Président semblait acquis sans beaucoup d‘efforts. Ayant obtenu des résultats plus qu’honorables aux élections de 2018, le Sénateur Bahati avait jugé qu’il pouvait jouer un rôle plus important sur l’échiquier national que celui lui attribué par les têtes pensantes du FCC.  Il n’avait pas été entendu et son appui au Président de la République n’est pas une surprise.

Le Parlement dresse désormais un paysage différent de ce qu’il a toujours été jusqu’à présent ; un Parlement dominé par les Députés FCC à une majorité écrasante. Mais, avec ces expressions de solidarité de l’opposition, le Président de la République serait tenté de croire qu’il peut faire bouger les lignes au sein du bloc serré que présente le FCC.

En effet, lors du partage des postes ministériels à la constitution du Gouvernement, plusieurs partis du FCC qui ruminaient quelques velléités  de poster des représentants au sein de l’appareil exécutif avaient été outrés par la boulimie du PPRD et sa gestion peu soignée des ambitions.  Ils s’étaient plaints ouvertement par médias interposés sans obtenir gain de cause. Cette situation confuse pourrait être pour ces partis là une occasion à saisir au bond pour concrétiser ces désirs qu’ils ont été obligés de taire sans façons.

Si cela se révèle être exact et que le nombre de ces élus peut faire basculer la majorité au Parlement, les observateurs avisés ne voient pas le Président de la République se refuser de saisir ce ballon au bond. Car, il pourra compter sur les élus de l’opposition Lamuka aile Bemba et aile Katumbi ; les élus de l’opposition AFDC/Bahati  et les aigris du FCC.  Si le calcul qui se fera se révèle prometteur, alors le Président de la République aurait trouvé les solutions à son problème dans la coalition, dans laquelle son mot n’avait pas le poids qu’il mérite.

L’autre fissure qui a été remarquée au sein du FCC est la posture de certains Ministres en exercice dans le gouvernement. Alors que les Thuriféraires du FCC passent leur temps à claironner l’échec du Président de la République pour justifier (cela est sous-entendu) le retour de Joseph Kabila, certains Ministres, soit par professionnalisme, soit par conscience professionnelle travaillaient avec un zèle tel que l’attention de la hiérarchie du FCC a été attirée.  Des enquêtes ont été menées scrupuleusement sur eux, d’après des sources proches du FCC, pour déterminer si cet excès de zèle était causé par le simple fait de la conscience professionnelle ou était-ce un rapprochement idéologique entre eux et le Président de la République.  La méfiance est d’autant plus de mise que l’ancien  Président de la Cour Constitutionnelle avait bien caché son jeu pour ne le dévoiler que lorsqu’il était trop tard pour la Plateforme.  Cette négligence est à la base de tous les maux de tête que connaît le FCC en ce moment. Une récidive d’un tel cas serait fatale à la plateforme chère à l’ancien Président de la République.

Et pourtant, un tel basculement ne se fera pas facilement, parce que ces dangers ont été diagnostiqués à l’avance par les Responsables du FCC et des réponses appropriées envisagées.

Le FCC est en train de jouer tout son avenir politique sur ce point précis. Il ne peut pas se permettre une négligence qui lui serait fatale. C’est pour cela qu’il a multiplié des réunions ces dernières heures et qu’il a pu circonscrire l’adhésion des députés nationaux à la cérémonie de prestation de serment qui revêtait en la circonstance une importance capitale pour les deux camps.  Un problème de prestige avait en effet entouré la cérémonie, au point que le Président de la République y avait mis tout son poids.

Le mieux est encore à venir sur ce dossier et des prises de position qui surprendraient l’opinion tant nationale qu’internationale viendraient encore pimenter l’atmosphère déjà surchargée de scène politique Congolaise.

Laurent Bukasa