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Félix Thsiekedi : sur quoi repose son autorité ?

Félix Thsiekedi : sur quoi repose son autorité ?

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Plusieurs compatriotes qui veulent en finir avec le FCC,  plateforme jugée être à la base de tous les malheurs du peuple congolais auraient voulu que le Président débarqua sur le plateau de la Télévision pour son Message à la nation en tenue de va-t-en en guerre et qu’il dissolve  tout : Parlement, Sénat et  autre CENI et qu’il installe un tout autre ordre politique.

Les choses ne se sont pas passées ainsi et cela a laissé un goût amer de déception dans la bouche de ces compatriotes déçus quelque peu de l’adresse prudente et sage du Chef de l’Etat. Il aurait été nécessaire que le peuple se souvienne de l’origine du pouvoir du Président de la République et de ses obligations.

Jusqu’à Joseph Kabila, le Congo n’avait connu que des chefs autoritaires dont le pouvoir était basé sur quelques piliers que nous allons passer en revue : l’armée et la police ; la cour constitutionnelle et dans le passé la cour suprême, la CENI.

Cette structure est exigée par le fait que ces présidents dictaient leurs désirs là où il fallait obéir à la constitution. Ils intimidaient les populations et les réprimaient lorsque celles-ci avaient des velléités de soulèvements populaires.

Pour la première fois dans l’histoire du pays, un Président qui ne contrôle pas l’armée, ni les services secrets hérite pacifiquement, mais après lutte du pouvoir. Il ne faut pas espérer qu’il puisse recourir aux moyens de diriger propres aux Dictateurs et autres dirigeants autocratiques. Lui se réclame du suffrage universel duquel il tire sa légitimité. Lui, il hérite d’un parlement bourré des personnes qu’il combattait  et qui ne se privent pas de semer son chemin des peaux de bananes. Comment va-t-il se comporter vis-à-vis de ce parlement et de ce sénat ?

La toile est remplie ces derniers temps des discours qui le feraient passer pour un de ces dirigeants autocratiques-là qui compte sur l’armée pour intimider ses compatriotes et les contraindre d’accepter un pouvoir unilatéral.

Les observateurs avertis s’accordent pour reconnaitre qu’il ne le ferait pas.

D’abord, il ne peut pas allègrement saborder le FCC qui a sournoisement ou pas acquis une majorité écrasante au Parlement durant les mêmes élections qui l’ont placé à la tête du pays. C’est le même suffrage qui les place tous là où ils sont. ‘’De quel droit il les mettrait à la touche pour rester seul maître à bord ?’’, diront-ils.

Il devrait en outre être respectueux des lois du pays et de la Constitution. Comme il a choisi l’exercice démocratique du pouvoir ; il se sent épié par des détracteurs de tout bord, du côté de ses alliés et du côté de ses opposants. Voilà ce qui bat en brèche la théorie de la dissolution unilatérale du parlement et du sénat.

A la lumière de ces éclaircissements, le Président ne peut mettre en mal le FCC qui contrôlait l’armée, la police, la Cour Constitutionnelle et la CENI qu’en soustrayant une à une chacune de ces institutions républicaines de l’influence jugée néfaste du FCC. Il sied que le peuple congolais sache que le FCC ne se laissera pas faire et qu’à sa manière, il lutte pacifiquement pour maintenir le statu quo.  C’est de bonne guerre. C’est-ce qui explique ses récentes manœuvres destinées à créer des conditions normales de fonctionnement des institutions.

La voie de la dissolution du parlement est pour ainsi dire longue et ardue. Que le Président s’y engage, nous serons partis pour ne pas vivre de nouvelles élections en 2023.

Les Concertations annoncées peuvent bien sûres déboucher sur l’identification d’une nouvelle majorité, mais le FCC doit y être partie prenante. Soir par une fraction de la plateforme qui aurait quitté Joseph Kabila pour se joindre à Félix, soit par une ouverture acceptée du FCC de Joseph Kabila pour sauver la nation en danger.

Là, les idées émises par les uns et les autres sur son récent discours à la nation prennent forme et deviennent conformes à l’esprit du pouvoir qu’exerce réellement Félix Antoine Tshisekedi qui a toujours manifesté son désir de jouer le jeu démocratique avec sincérité.

Laurent Bukasa