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Etat des médias en RDC : JED présente son rapport 2020 et dénonce le ‘‘retour des prédateurs’’

Etat des médias en RDC : JED présente son rapport 2020 et dénonce le ‘‘retour des prédateurs’’

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Le 2 novembre de chaque année, l’humanité célèbre la journée internationale de la fin de l’impunité pour des crimes commis contre les journalistes. Cette année, bien que commémorée dans un contexte particulier caractérisé par la présence de la pandémie de Covid-19 et ses effets délétères, cela n’a pas empêché la corporation de journalistes de la République Démocratique du Congo de se souvenir de leurs collègues tués dans la cadre de l’exercice de leur profession. JED a choisi cette date pour présenter son rapport annuel 2020 intitulé «la liberté de la Presse sous le signe du Coronavirus» avec comme thème « le retour des prédateurs». Et, devant une assistance composée des professionnels des médias ainsi que des défenseurs des droits de l’homme dans le salon Naomie de l’Hôtel Béatrice, le Secrétaire général de JED, Tshivis Tshivuadi a procédé à la remise symbolique dudit rapport aux ministres d’Etat de la Communication et Médias, Jolino Makelele ainsi qu’à son collègue des Droits humains, André Lite.

Dans son discours articulé autour de quatre points essentiels, le Secrétaire général de JED, au nom de son organisation, a tout d’abord appelé la nation toute entière à la reconnaissance face aux actes ignobles dont ont été victimes les professionnels de médias dans le cadre de leur travail.

Avant de présenter de manière succincte le rapport annuel, le Secrétaire général de JED a rappelé à l’assistance la mission de JED qui s’inscrit dans l’esprit de l’article 19 de la déclaration universelle des droits de l’homme qui stipule : « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression. Ce qui implique le droit de recevoir, de répondre les informations et les idées par quelques moyens de communication que ce soit et sans considération de frontières ».

Et, c’est dans ce cadre que JED travaille au quotidien pour surveiller l’exercice de la liberté de la presse sur l’ensemble du pays par le monitoring des atteintes aux droits d’informer et d’être informer grâces à un réseaux des correspondants éparpillés toutes les provinces de la RDC, mener des actions de protestation et de lobbying auprès des responsables des atteintes à la liberté de la presse pour faire cesser ces violations et obtenir réparation.

Ensuite, JED effectue des visites régulières sur des lieux de détention des journalistes pour s’enquérir de leurs conditions de détention et attribue de petite bourse de subsistance aux familles des journalistes tués ou emprisonnés en raison de l’exercice de leur profession. Enfin, il apporte également une assistance juridique aux journalistes et médias poursuivis devant le cours et tribunaux et suit le déroulement du dossier jusqu’à son terme pour le publier finalement dans son rapport annuel.

A en croire Tshivis Tshivuadi, la publication de ce rapport se veut une occasion de pointer du doigt les bourreaux de la corporation des journalistes, des personnes qu’il a qualifiée des « prédateurs de la liberté de la presse ». Aussi a-t-il ajouté, c’est un moyen de dénoncer la culture de l’impunité qui semble s’installer en RDC, et qui encourage l’intolérance contre les médias, et entretien l’insécurité pour les professionnels des médias.

Au cours de cette année 2020, en dépit des changements politiques intervenus et des engagements prometteurs du nouveau Président de la République, Félix Tshisekedi, en faveur de la presse, le climat général de travail des journalistes ne s’est guère amélioré. Aucune mesure concrète, ni sur le plan politique, ni sur le plan sécuritaire ou règlementaire, n’a été prise pour faire respecter la liberté de la presse ou renforcer la sécurité des journalistes.

Conséquences, JED a enregistré au moins 116 cas d’attaques et atteintes diverses contre les journalistes et les médias, à cause de leur travail. Ces cas sont répartis de la manière suivante : 1 journaliste tué (assassiné), 1 journaliste porté disparu, 9 journalistes incarcérés (détenus pendant plus de 48 heures), 31 journalistes interpellés (détenus pendant moins de 48 heures), 31 journalistes agressés ou torturés, 15 journalistes menacés ou harcelés, 1 cas de pressions économique et 27 cas de censures ou entraves à libre circulation.

Fort de rapport, le ministre des Droits humains, André Lite, craignant que la situation demeure la même et, avec des mêmes discours, a proposé un « mécanisme juridictionnel » pour sauvegarder le respect des droits humains en République Démocratique du Congo, comme pour dire au moment venu, JED doit organiser ces genres d’échanges régulièrement avec les hauts cadres de la magistrature, particulièrement ceux du parquet.

Pour sa part, le Ministre de Communication et Médias, Jolino Makelele, a invité le JED ainsi que d’autres partenaires à prendre conscience de la nécessité pour la RDC de disposer d’une presse de qualité tant dans son fonctionnement que dans ses pratiques quotidiennes.

«J’entends veiller à la clarification des limites entre les nécessités de la sécurité publique et celles du droit à l’information», a rassuré le porte-parole du Gouvernement.

Dans cette optique, il a encouragé les journalistes détenteurs de l’information à partager avec responsabilité et à exercer leur métier dans la sérénité. ‘’De cette manière, le débat dans l’espace socio-économique et dans les interactions citoyennes seront un peu plus à impulsé le développement collectif et l’intérêt général pour une société de paix, plus juste et plus inclusive’’, a-t-il affirmé.

Il y a lieu de noter qu’en marge de cette cérémonie, la directrice adjointe d’internews, Mme Noémie Kilemba, avait également joint sa voix à celles d’autres intervenants toujours pour décrier les actes d’atteintes à la liberté de la presse dont les journalistes sont victimes.

Cyprien Indi