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Aneco : Cyrille Kileba lance un appel à l’implication de tous

Aneco : Cyrille Kileba lance un appel à l’implication de tous

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*«Rétablir la dignité des journaux congolais »  est le leitmotiv de mon mandat à la tête de notre association. Cette dignité passe notamment,  par la nécessaire monétisation. C’est-à-dire, comment aider les journaux à faire de l’argent qui profite à leurs patrons et à l’ensemble de leur personnel. Depuis l’élection de tous les autres membres du Comité directeur, nous explorons déjà de nouvelles pistes, aussi bien celles que nous offre la loi mais qui sont restées inexploitées, inexplorées, inappliquées que celles que nous suggèrent l’intelligence et l’évolution technologique actuelle.  La presse écrite congolaise doit chaque jour se réinventer pour se délester de l’image de l’homme-journal qui se complaît dans la battue solitaire de la pitance de survie. Je vous ai déjà parlé de la numérisation de nos publications.  Ma foi en cette mutation peut se jauger à l’élargissement de notre champ d’action qui inclut la presse en ligne tel que vous le voyez parmi nous. Je ne me fais,  cependant,  aucune illusion quant aux nombreux défis qui nous attendent et dont le plus immédiat est de faire vivre au quotidien,  la structure administrative de l’ANECO.  C’est pourquoi, je me tourne vers chacun d’entre nous pour nous inviter à plus de sacrifice pour cette maison commune’’. Tel est l’essentiel du message de Cyrille Kileba adressé aux Editeurs hier, mercredi 9 décembre 2020, à l’Hôtel Memling, à l’occasion de la présentation officielle de son  Comité Directeur de l’Aneco. Au passage, il a brossé un tableau de défis à relever et retracé les péripéties qui auront été, du moins jusqu’ici, celles de l’évolution de cette Association née des cendres du Congrès de l’UNPC tenu naguère au Centre Catholique Nganda. A voir de près,  insiste-t-il, l’Aneco, aujourd’hui  élargie aux médias en ligne,  est appelée à tailler un nouveau chemin dans le roc. Il a besoin, pour ce faire, de l’implication de tous ses sociétaires que sont, naturellement, les éditeurs pour que chacun y apporte sa contribution, si modeste soit-elle. Dans cette édition, découvrez, ci-dessous, le mot de circonstance de Cyrille Kileba  qui reprend, littéralement, les grandes lignes du programme de son action à la tête de  l’Aneco. 

Mot de circonstance du Président Cyrille KILEBA à l’occasion de la présentation officielle du Comité directeur de l’ANECO

Excellence Monsieur le Ministre d’Etat, Ministre de la Communication et des Médias,

Honorables Députés et Sénateurs,

Excellences Messieurs les Ambassadeurs,

Monsieur le Président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication, CSAC, Distingués Invités, Chers Collègues Editeurs,

Avant tout propos, je me dois de vous remercier pour l’honneur que vous avez accepté de faire à notre association, ANECO, Association Nationale des Editeurs des Journaux de la RD Congo, en acceptant de lui consacrer un peu de votre précieux temps. Il n’y a pas meilleure preuve de sollicitude et d’attention à la presse congolaise.

Le Comité directeur de l’ANECO que vous venez de voir est une vraie image de synthèse du parcours de la presse congolaise. Pour le composer, mes collègues Editeurs et moi-même, avons bien assimilé la philosophie sous-jacente à la course de relais.

En effet, dans un marathon de relais, les coureurs sont aussi importants que le témoin qu’ils se passent entre eux. Aussi, pouvons-nous nous estimer heureux d’avoir réussi ce dosage équilibré de différentes générations qui ont marqué l’histoire de notre presse. Ne perdons pas de vue que lorsque nous parlons d’histoire, celle-ci ne renvoie pas à un lointain passé, mais elle est surtout et toujours pour le journaliste celle du temps présent dont il rend compte au quotidien.

Ainsi, nous pouvons saluer la présence d’une icône de « la presse légendaire », en la personne de BONDO NSAMA, Editeur de SALONGO Hebdo, patriarche s’il en est, de la presse congolaise. Elu Conseiller général à l’unanimité des membres présents alors que lui-même n’était pas présent dans la salle, il a accepté sans complexe de son âge professionnel, de siéger aux côtés des plus jeunes à qui il n’a pas manqué de dire toute sa gratitude pour cette marque de reconnaissance. Pour nous, ce choix et son acceptation sont une marque de solidarité, vertu cardinale qui cimente la corporation des Editeurs et qui transpire de bout en bout dans tous les textes d’éthique et de déontologie du journaliste.

Le devoir de transmettre l’héritage reçu des anciens à d’autres générations, voilà le fil d’Ariane qui conduit de Gutenberg à Zukerberg, de la bonne vieille imprimerie au très innovateur numérique. Retrouver ainsi le grand Bondo Nsama aux côtés de la jeune Ruth NGWANZA, née dans la profession à l’ère du numérique et des réseaux sociaux mais qui ne refuse pas de s’imprimer sur le bon vieux support papier, est une histoire extraordinaire. L’histoire de la presse congolaise qui s’écrit à l’ANECO est celle qui aide les jeunes Editeurs à s’instruire en remontant le temps, non pas pour remettre au goût du jour le typomètre mais pour en saisir l’importance et l’évolution. La même histoire permet aux anciens qui n’ont pas arrêté de se moderniser de se mettre à l’ère du temps. Et l’ère du temps qui n’est pas du tout un simple effet de mode, c’est le numérique. Notre action à la tête de l’ANECO sera consacrée à y travailler pour faire moderne.

La mutation numérique du journal papier, sans intention de faire mourir ce bon vieux papier, qui, croyons-nous, a encore de longs jours devant nous. Cette mutation numérique que nous envisageons permettra d’aider ceux des journaux qui s’y mettent, à s’offrir une fenêtre supplémentaire sur le monde, grâce à cette vaste toile qui fait du monde le village planétaire prophétisé par Marshall Mc Luhan. C’est notamment sur ce point précis que nous attendons beaucoup de nos partenaires que sont notamment l’Union Européenne, l’UNESCO, INTERNEWS, la coopération japonaise, la Chine et bien d’autres encore. Nous espérons que cette mutation qui a l’avantage de nous faire entrer de plein pied dans l’économie numérique soit, une nouvelle fenêtre d’opportunité et de prospérité économique pour la presse congolaise. Je sais qu’il n’est approprié de parler de la prospérité de la presse congolaise dont le lot quotidien est la pauvreté. Presse pauvre, presse du pauvre comme l’est la société congolaise. Trois décennies durant depuis les funérailles du Parti-Etat que la presse est de tous les combats.

Elle a vu naître des hommes et des femmes politiques quand elle n’en a pas fabriqué elle-même plusieurs qui comptent parmi les nouveaux riches du pays. A elle seule, la presse congolaise a porté parfois le lourd fardeau d’être à la fois opposition politique, syndicat, voix des sans voix, comme à l’avènement de l’AFDL de Laurent-Désiré Kabila alors que tous les partis politiques et toutes les associations furent bâillonnées. Audacieuse, voire téméraire, la presse congolaise, dans son dénuement matériel, mais forte d’esprit, a combattu le bon combat. Nous nous devons de lui en tirer une fière chandelle.

N’allez surtout pas me soupçonner de faire le postulateur de la cause de béatification de la presse congolaise. Ce ne sont pas des avocats du diable qui manqueraient dans un tel procès. Et là-dessus, les avocats du diable ne seraient pas en manque d’arguments. Par exemple qu’ils reprocheraient à la presse ses nombreux égarements, à tel journal son manque de professionnalisme, à tel autre de nombreuses violations de la déontologie, à tel autre encore le mélange des genres, et que sais-je encore ? Oui tous ces arguments sont recevables et ils peuvent être jugés fondés. Parce que, les journaux n’écrivent pas pour eux-mêmes. Ils écrivent pour un public qui a le pouvoir de les sanctionner. Comme l’œuvre d’art qui trouve son achèvement devant le spectateur, le journal lui aussi, ne trouve le sien que devant le lecteur. Excellences, Mesdames et Messieurs, Distingués Invités, Quel tableau peindre de la presse congolaise ? Je vous laisse à tous et à chacun les pinceaux pour que vous peigniez cette presse, non pas seulement telle que vous la voyez mais surtout telle que vous la voulez.

C’est le reflet que vous avez de la presse congolaise qui nous intéresse à l’ANECO, non pas celui que nous voulons vous imposer. S’il reste vrai que nous définissons librement nos lignes éditoriales, il ne demeure pas moins vrai que la vision du monde et de l’actualité que nous élaborons doit refléter une réalité de la société. Sinon, la presse sera victime de nos suffisances ou de nos insuffisances, de nos certitudes, de nos défauts, de nos prismes déformants sans considération de l’immense investissement d’espoir que la société a placé en elle. C’est fort de ces réalités que s’aiguise notre conscience de donner à notre société de vraies entreprises de presse, porteuses de vrais projets éditoriaux qui allient à la fois valeurs et capacités managériales. Plus clairement, nos projets éditoriaux ne sont rien si nous perpétuons le modèle économique des entreprises de presse qui n’offrent pas à nos journalistes des fins de mois dignes.

Là-dessus, ne nous empressons pas de jeter la pierre aux seuls éditeurs des journaux. Considérons l’environnement global et interrogeons les pouvoirs publics qui ont la mission de créer l’environnement pour tous. Quelles sont les conditions d’accès au crédit bancaire par exemple pour que ceux qui investissent dans le secteur de la presse en bénéficient ? Je peux multiplier ces interrogations à l’infini. Quelles sont les facilités que l’Etat congolais accorde à la presse pour son épanouissement et la promotion de la culture congolaise ? Aucune. Même pas celles qui sont légales. Imprimer un journal congolais à l’étranger pour le distribuer au pays est une entreprise périlleuse qui met sur le dos de l’impétrant les services de la douane et autres services obscurs. Excellence Monsieur le Ministre d’Etat, Nous n’avons pas de complainte à chanter mais nous avons de bonnes et de vraies propositions et nous sommes porteurs des projets structurants et innovants pour ce secteur dont vous assurez la tutelle au niveau du Gouvernement.

A vous,  mes chers Collègues Editeurs, Depuis mon élection à la tête de notre association, le 29 juin dernier, et la passation des services qui s’en est suivi, le 8 juillet avec mon prédécesseur, l’Honorable André IPAKALA ABEIYE MOBIKO, Editeur de « La Référence Plus », je vous ai invités à plus de dignité.

«Rétablir la dignité des journaux congolais » est le leitmotiv de mon mandat à la tête de notre association. Cette dignité passe notamment,  par la nécessaire monétisation. C’est-à-dire, comment aider les journaux à faire de l’argent qui profite à leurs patrons et à l’ensemble de leur personnel. Depuis l’élection de tous les autres membres du Comité directeur, nous explorons déjà de nouvelles pistes, aussi bien celles que nous offre la loi mais qui sont restées inexploitées, inexplorées, inappliquées que celles que nous suggèrent l’intelligence et l’évolution technologique actuelle.

La presse écrite congolaise doit chaque jour se réinventer pour se délester de l’image de l’homme-journal qui se complaît dans la battue solitaire de la pitance de survie. Je vous ai déjà parlé de la numérisation de nos publications.

Ma foi en cette mutation peut se jauger à l’élargissement de notre champ d’action qui inclut la presse en ligne tel que vous le voyez parmi nous. Je ne me fais,  cependant,  aucune illusion quant aux nombreux défis qui nous attendent et dont le plus immédiat est de faire vivre au quotidien,  la structure administrative de l’ANECO.

C’est pourquoi, je me tourne vers chacun d’entre nous pour nous inviter à plus de sacrifice pour cette maison commune.

Notre responsabilité en tant que patrons de presse est de faire vivre intellectuellement, matériellement et économiquement les supports que nous avons créés et /ou que nous gérons. Plus nous serons engagés à défendre l’ANECO, plus fort elle défendra nos intérêts et plus forts nous serons tous, dans la diversité de nos projets éditoriaux.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Je ne puis terminer ce mot sans vous renouveler toute ma gratitude et celle de l’ANECO dans son ensemble, pour votre disponibilité et vos appuis divers dans l’organisation de cette journée.

Je vous prie,  cependant,  d’excuser nos insuffisances inhérentes à la peinture que vous avez faite de nous : une presse pauvre mais audacieuse qui entend vivre dans la dignité.

Vive la presse congolaise !

Vive l’ANECO !

Je vous remercie