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2020 : l’impact de Covid-19 a rendu moins attractifs les projets artistiques en RDC

2020 : l’impact de Covid-19 a rendu moins attractifs les projets artistiques en RDC

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L’année 2020 a résolument été marquée par l’empreinte de la pandémie de Covid-19 qui n’a épargné aucun continent, ni pays. Evidemment, ce virus dévastateur a causé des dégâts énormes en termes de vies humaines mais surtout sur le plan socio-économique. La République Démocratique du Congo a aussi été touchée par l’impact négatif de cette pandémie dans son industrie informelle de la culture. Au-delà de pertes enregistrées dans le monde culturel, certains artistes et promoteur des évènements ont tenté d’initier des projets qui ont été malheureusement moins attractifs dans la société. Qu’à cela ne tienne, il faut reconnaître la performance du chanteur Fally Ipupa comme l’unique star congolaise à faire parler d’elle grâce à ses réalisations époustouflantes  sur la scène internationale.

La Covid-19 a affecté le secteur culturel et créatif  congolais qui a perdu pas moins de 44.374.287 Usd au deuxième trimestre 2020 suite aux mesures de restrictions liées à la lutte contre la propagation du virus sur l’ensemble du territoire national.

Selon une étude, ce montant représente 29.260 reports ou annulations d’activités -évènements-projets (édition, cinéma, musique, spectacle vivant, arts visuels, évènementiels, mode…). Les artistes, interprètes, organisateurs d’événements et opérateurs culturels ont subi l’impact financier que cette crise sanitaire a causé dans leur secteur avec toutes ses conséquences drastiques.

Fally Ipupa, le seul Maître de scène    

Sur le plan scénique, il n’y avait pas eu beaucoup de productions musicales par les Congolais, en interne ou en externe.

Quelques-uns ont réussi à se démarquer en dehors du pays notamment, Fally Ipupa Aigle, qui a ouvert l’année 2020 avec son grand spectacle du 28 février, en la salle parisienne Accor Hôtel Arena en France (ex-Bercy).

Nonobstant les menaces dont il était l’objet de la part des combattants qui ont voulu  à tout prix empêcher, la méga star Aigle  Dicap la Merveille a tenu en haleine les mélomanes hétérogènes sur la scène de Paris. Une  fois encore le drapeau étoilé de la RDC a flotté au pays des Gaulois grâce à ce digne fils du pays qui a superbement défendu la Rumba congolaise sur l’échiquier international.

C’est toujours le même Fally Ipupa qui a clôturé l’année 2020 grâce à son brillant passage  en décembre dernier en Côte d’Ivoire où il a laissé une belle impression au stade Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan.

Après lui, il n’y avait plus des concerts de grande envergure ou autres spectacles  des artistes congolais en Europe ou en Afrique à cause de Covid-19.

Au pays, Kinshasa Jazz a été l’unique festival international qui a été organisé mais en format réduit. Vu le  contexte de crise sanitaire, la 4ème édition était très spéciale et a été consacrée en hommage de la légende africaine Manou Dibango, célèbre saxophone franco-camerounais emporté par la Covid-19 en France. 

Le batteur Méridjo, la légende

Biennale de la RDC : pari gagné pour le CAC 

Sur le plan scientifique et politique, la deuxième Edition du Forum des Culturels a vécu avec succès du 19 au 23 octobre, au Musée national de la RDC  à Kinshasa. Organisée par l’Asbl C.A.C (Collectif des Artistes  et des Culturels) en partenariat avec le ministère de la Culture et des Arts, la biennale de la RDC s’est déroulée sous le thème «Le Développement par la culture et les arts».

Une centaine de professionnels des arts, artistes, opérateurs culturels  chercheurs et autres invités venus de l‘intérieur et de l’extérieur du pays ont participé, réfléchi et formulé des réformes pour rendre plus productif et dynamique l’industrie créative culturelle en RDC.

Très historique, ce Forum 2 a permis aux acteurs culturels de produire une série de recommandations, qui ont été soumises au Ministère de la Culture et des arts, aux termes de ces assises. Il faut noter que l’objectif est d’apporter un réel changement dans l’écosystème dans le secteur, en dotant le pays d’un projet de loi sur la Politique culturelle.

Covid-19 : Des morts parmi les artistes en  2020 

Partout dans le monde, les larmes continuent à couler avec consternation totale à cause de cet ennemi invisible (Covid) qui a arraché brutalement des êtres très chers.

Au pays du Grand Maître Luambo Makiadi, la pandémie a tué une dizaine d’artistes. Quelques figures emblématiques de l’art d’Orphée et de l’art dramaturge sont tombées victimes de cette  maladie meurtrière en Europe. Evidemment, d’autres  sont décédés pour d’autres raisons pathologies ou causes.

Sur la liste, on trouve Mimiche Bass alias ‘‘Bafaussette’’, ancien du groupe Wenge Musica Maison Mère  de Werrason. Ce jeune guitariste est décédé le jeudi 23 janvier dernier à Paris de suite d’une crise respiratoire. De son vivant, il a participé  aux arrangements et performances concourant au succès de l’orchestre Wenge Musica Maison Mère et les Marquis de Maison Mère.

Par contre, Mangwawu Maître Pay a marqué son époque grâce à ses scenarios rocambolesques qui faisaient bouger toutes les familles congolaises dans leur salon devant la télévision. Dommage ! C’est dans la région parisienne en France que cet artiste au talent innombrable a tiré sa révérence, à la suite du Covid-19.

Toujours à Paris, l’Ancien chanteur de Viva-la-Musica, Fafa de Molokai a rendu l’âme, de suite d’une courte maladie.

Tandis que le maître Chorégraphe et chanteur Radja Kula lui a cassé son micro au mois d’août de suite d’une longue maladie, à Nairobi. Leader de l’orchestre Station Japan, celui qu’on appelait ‘‘L’homme de 6600 phases’’ a marqué son époque par ses danses atypiques et souvent très acrobatiques comme des prises des arts martiaux, un type de combats japonais.

Au cours de cette année 2020, le  Clan  Zaiko était doublement endeuillé. D’abord, la disparition du célèbre batteur Jean-Marie Belobi Ng’Ekeme, alias Meridjo qui est décédé à Liège en Belgique de suite d’une maladie cardiovasculaire, à l’âge de 68 ans.  Meridjo Machine à Kauka fut géniteur du tempo (rythmique) appelé ‘‘Cavasha’’  qui a façonne l’identité musicale du style Zaïko jusqu’à nos jours.  On signale aussi la mort de son ancien guitariste soliste Yoto Mayata en Europe à la suite de Coronavirus.

Le comédien Maître Pay Mangwawu

Un autre point désolant a été ressenti du côté de la musique gospel où on regrettera pour toujours la mort du doyen David Tambwe Teach. Ce pilier de la musique religieuse en RDC a rendu l’âme, à Bruxelles, suite à une courte maladie. Belle voix velours –imposante, guitariste  et auteur –compositeur de talent, le chanteur Tambwe Teach était parmi les précurseurs de la musique chrétienne en RDC (ex-Zaïre). Il était l’un des fondateurs et leaders de Vox Dei, un groupe musical indépendant qui prestait dans les années 80-90 dans différentes congrégations à Kinshasa.

Par ailleurs, le chanteur congolais Paul Nzayadio, connu sous le petit nom de Nzaya est décédé en Angleterre, en décembre 2020, à l’âge de 64 ans, suite au Covid-19. Au-delà de son parcours aussi brillant marqué par son passage dans plusieurs  groupes du pays, Nzaya Nzayadio a été découvert du grand public au sein de l’orchestre Choc Stars de Ben Nyamabo. ”Luzolo” et ”Kiaku kiaku” sont des chansons qui  ont  contribué à son éclosion dans l’arène musicale congolaise.

A  Kinshasa, Jeannot Ngidingongi, chanteur et animateur choc de l’orchestre Multi- Système de Feu Madilu, a cassé la pipe, à la veille de la fête de Nativité du Christ.

En dehors des frontières, la grande famille musicale congolaise a perdu le doyen Edo Nganga, un des pionniers de la Rumba. Cette icône de la musique Brazzavilloise et fondateur de l’orchestre les Bantous de la capitale s’en est allé, à l’âge de 87 ans, au Congo-Brazza.

Des œuvres dans le tiroir     

Sur le plan discographique, l’année n’a pas été vraiment très fructueuse pour la Rumba. Néanmoins, quelques musiciens ont réussi à lancer leurs albums et singles  sur le marché digital de musique. Vers la fin de 2020, on note que  Fally Ipupa  a signé « Tokoss II » qui est très bien accueilli par les adulateurs.  Tandis qu’Héritier Watanabe a tenu sa promesse avec son deuxième disque en solo « Mi- ange, Mi- démon ». La Diva internationale Barbara Kanam fait parler d’elle dans son single « Atcha ». Sans oublier aussi Cyndi-le-cœur qui est intervenue avec la sortie timide dans  « Université », une nouvelle chanson dans le bac.

Il faut retenir que Huguet But na Filet, Rebot, Innocent Balume, Gaz Mawete, Bercy Muana, le groupe MPR et tant d’autres jeunes de la musique urbaine ont contrôlé pratiquement, à leur manière, l’ambiance dans la Capitale congolaise durant toute l’année grâce à leurs œuvres chimériques mais envoûtantes.

Jordache Diala