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Merveille Lukoki en quête des producteurs pour une carrière professionnelle

Merveille Lukoki en quête des producteurs pour une carrière professionnelle

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Professeure de guitare, Merveille LUKOKI est surtout une excellente chanteuse, animatrice et encadreuse des enfants à Kinshasa. L’éducation des enfants par la musique est non seulement son métier mais surtout sa passion. Depuis plus de cinq ans, elle enseigne avec assiduité le cours de solfèges, mélodies et techniques de chant à YUULA ACADEMIE. L’auteure et compositrice de la chanson «5 gestes», qui est diffusée chaque jour sur les ondes de la radio Top Congo à Kinshasa, a accordé une interview exclusive au journal La Prospérité. L’occasion était propice pour la chanteuse Tantine Merveille de solliciter un soutien aux producteurs et managers afin qu’elle se lance dans une carrière musicale professionnelle. Car, au-delà du ‘‘Ndombolo’’, on peut beaucoup apprendre aux enfants à travers l’art d’Orphée. Suivez-la :

La Prospérité : Comment vous vous êtes retrouvée dans l’univers de chanson pour enfant ? 

MERVEILLE LUKOKI : Depuis 2004, je commençais comme monitrice à l’école de dimanche (Ecodim). C’est en 2014 que je me suis engagée totalement dans ce monde des enfants en qualité d’éducatrice artistique, animatrice et encadreuse des enfants en musique. Depuis 2017, j’enseigne la musique à Yuula Académie, qui est un centre culturel.

La Pros. : Quelle est votre histoire avec la musique?

ML : J’ai appris la musique à travers les enseignements qui m’ont été donnés par les enseignants de l’Institut National des Arts (INA), à Kinshasa. J’étudiais le chant et la guitare classique ; le solfège et la théorie musicale. Vraiment j’ai été très bien encadrée. Le fait d’avoir réussi à développer une bonne affinité avec les enfants m’a poussé à mettre ma potentialité et mon talent d’artiste-musicologue à leur disposition. Puis, je suis devenue professeure de musique pour enfant.

La Pros. : Qu’est-ce que vous enseignez concrètement aux enfants ?

ML : J’enseigne le cours de la  guitare aux enfants. Que les enfants parviennent à savoir et maîtriser comment jouer les mélodies qui sont plus connues. Je les aide surtout à apprendre d’autres techniques sur la théorie musicale. Comment lire les notes de musique afin de leur permettre aussi de mieux accompagner leurs chorales à l’école ou à l’église. Je leur apprends aussi à déchiffrer certaines partitions avec quelques techniques de chants. Cela permet aux enfants qui ont déjà du talent de le perfectionner et grandir avec pour toujours. Retenez que l’apprentissage du solfège reste notre méthodologie de base pour les enfants. Je les encourage également à apporter leurs propres compositions (chansons). Ainsi, nous les encadrons pour être en mesure de bien écrire, lire et les transformer sur les portées musicales.      

La Pros. : Comment votre travail est perçu dans la société congolaise ?

ML : Ce n’est pas facile d’autant plus que cette culture de la musique pour enfant est très rare dans notre société. On n’est pas vraiment connu en RDC. Jusque-là nous nous efforçons afin de s’imposer et s’affirmer sur le terrain.  Parfois, nous déplorons que lors des journées culturelles dans certaines écoles, des enfants chantent du n’importe quoi. Ils arrivent à fredonner des chansons qui ne contribuent pas à leur éducation. Tantôt, on laisse nos enfants entonner des chansons obscènes que nous-mêmes parents avons du mal à interpréter. Or, notre travail constitue d’office une éducation de base que nous dispensons aux enfants dès leur bas-âge. A travers nos formations, nous accompagnons l’enfant même pendant les moments de festivités à chanter, tout en étant  éduqué par la musique.   

 

La Pros. : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans votre métier d’encadreur? Premièrement, beaucoup de parents hésitent encore de nous envoyer leurs enfants. Ils ne nous font pas totalement confiance. Ils ont une mauvaise impression de la musique en RDC. Lorsqu’on parle de musique, certains parents pensent directement à ‘‘ndombolo’’ ou  ‘‘kata fumbwa’’ et tant d’autres styles qui ne contribuent pas à l’instruction…Chez nous, on apprend aux enfants une musique saine avec des compositions  rythmiques et paroles faites exclusivement pour leur bonne éducation. La deuxième difficulté est le manque du soutien de l’Etat. Je pense que le gouvernement  peut nous appuyer avec des instruments ou encore nous donner des espaces pour encadrer les enfants.

La Pros. : Pourquoi alors votre travail de chanteuse pour enfant n’est pas connu en RDC ? 

ML : Je me bats seule. Il m’est difficile d’assurer moi-même la promotion mes œuvres. La plus grande difficulté est le manque des producteurs pour soutenir ma carrière chanteuse pour enfant. Vraiment, j’essaye de débrouiller avec les moyens de bord. Mon travail se limite à écrire des textes et composer des mélodies. Parfois, je m’époumone seule pour enregistrer en studio. La plus grande difficulté est que je n’ai pas un producteur ou un manager pour m’aider à  tourner des clips et à promouvoir mes œuvres dans tous les quatre coins du monde.Car, ma vocation est de contribuer à l’éducation et  à la sensibilisation des enfants de mon pays. Il faut vraiment quelqu’un pour booster et évoluer ma carrière artistique comme Chantal GOYA en France ou encore Café Dodo, autrefois en RDC.

La Pros. : Dans le cadre de la lutte contre la COVID-19, vous avez enregistré avec les enfants une chanson qui est diffusée exclusivement sur Top Congo FM. Où  sommes-nous maintenant avec ce projet ?

ML : Ce n’était pas facile pour composer cette chanson que j’ai intitulée « 5 gestes ». Oui ! Par le canal d’une des mes relations basée en Belgique, la Radio Top Congo a mis à notre disposition son studio pour enregistrer cette chanson de sensibilisation des enfants contre Coronavirus. Hélas ! Il n’a pas le clip vidéo pour bien  illustrer le message. Même pas un simple merci des autorités. Je ne suis pas connue. Je suis totalement abandonnée.

La Pros. : Avez-vous déjà réalisé un album ?

MERVEILLE LUKOKI : J’ai déjà réalisé deux chansons pour les enfants, à savoir : «Mon Enseignant » et «Kiyungulu». Dans «Enseignant», je rends hommage au métier d’enseignant. Tandis que dans «Kiyulungu», qui veut dire Tammie en français, je parle d’hygiène alimentaire, environnementale…Il y a tant d’autres projets en gestation qui ont besoin d’un soutien pour être connu de tous. Toutefois, je suis disponible pour animer vos enfants pendant les fêtes, les journées culturelles à l’école et autres manifestations à la maison concernant les enfants à Kinshasa ou partout ailleurs. On peut me contacter par mon compte facebook : Merveille Lukoki ou par mon numéro de téléphone au : +243 897576181.

Propos recueillis par Jordache Diala