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Avec Félix Tshisekedi, la RDC revient sur le devant de la scène diplomatique continentale

Avec Félix Tshisekedi, la RDC revient sur le devant de la scène diplomatique continentale

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(Par Isidore Kwandja Ngembo,  Politologue et ex-conseiller à la direction de l’Afrique centrale et occidentale du ministère canadien des Affaires étrangères)

 

La République démocratique du Congo, en raison de sa position géographique au centre du continent africain, de l’étendue de ses frontières avec ses neuf pays voisins, de ses eaux et forêts qui abritent la faune et la flore parmi les plus riches du continent, de son potentiel énergétique capable d’approvisionner l’ensemble du continent et, surtout, de ses innombrables ressources naturelles qui font l’envie du monde entier, devrait naturellement jouer un rôle de premier plan, en tant que puissance géostratégique dominante dans la sous-région d’Afrique centrale, dans la région des Grands lacs africains, à l’échelle continentale et, in fine, comme un pilier de la gouvernance mondiale.

Autant d’atouts qui auraient pu contribuer à affirmer le rôle prééminent de la RDC comme une des locomotives de l’économie africaine et puissance émergente susceptible de jouer un rôle de catalyseur du développement continental et, de ce fait, assurer une puissance diplomatique. Or, force a été de constater que pendant près de trois décennies, la RDC n’a pas su capitaliser tous ces potentiels et atouts précieux, pour devenir un pôle d’attraction majeur du continent et un marché important pour un vaste éventail de secteurs d’activités économiques. Le pays a disparu des écrans radars des pays africains qui exercent une influence politique, économique et diplomatique déterminantes sur la scène continentale.

La dernière fois que le pays avait présidé à la destinée de l’organisation continentale, c’était en 1967, avec le président Mobutu et, en 1972, avec Gérard Kamanda wa Kamanda comme Secrétaire général adjoint de l’Organisation de l’unité africaine.

Depuis ce temps-là, la RDC n’a plus joué aucun autre rôle majeur et actif dans l’enceinte de l’organisation continentale. Les autorités politiques qui se sont succédées au pouvoir n’avaient malheureusement pas conscience du pouvoir potentiel que le pays pouvait représenter et n’avaient donc pas nourri de hautes ambitions multilatérales pour leur pays, ni même œuvrer à la promotion de leurs ressortissants dans instances régionales et même dans les grandes organisations internationales.

Contrairement à d’autres pays africains, notamment de l’Ouest et d’Afrique australe, qui mobilisent des ressources diplomatiques, politiques et financières pour placer leurs ressortissants dans les diverses organisations régionales et internationales, la RDC a été aux abonnés absents de grandes organisations internationales où se prennent des décisions importantes qui engagent l’avenir du continent et du monde. Les rares Congolais qui occupent des postes de direction dans les organisations internationales, y sont parvenus par leurs propres efforts.

Mais,  depuis les élections de 2018, on sent la volonté des nouvelles autorités congolaises de renouer avec les organisations continentales et internationales. La RDC est en train d’avancer de façon graduelle sur la scène diplomatique, notamment en harmonisant les relations avec les pays frontaliers et en rétablissant un dialogue constructif avec les pays voisins et autres partenaires traditionnels.

En inscrivant la diplomatie comme une de ses priorités, le président Tshisekedi devra se donner les moyens de ses ambitions continentales et internationales. Car, force est de constater que nombreuses missions diplomatiques de la RDC sont dirigées par de Chargés d’Affaires sans réels mandats. Deux ans après son accession au pouvoir, le président Tshisekedi n’a toujours pas nommé un seul ambassadeur.

Comment développer des relations de bon voisinage avec les pays voisins alors qu’on n’a pas d’ambassadeurs accrédités dans ces pays ? Comment raffermir les relations bilatérales avec plusieurs pays occidentaux d’importance majeure pour le pays, sans ambassadeurs ? Comment assurer une bonne représentation auprès des organisations internationales, sans représentants permanents ? Bref, comment développer des rapports bilatéraux et multilatéraux, sans ambassadeurs ?

Nous espérons néanmoins que le Président Tshisekedi, qui prend ses fonctions de président de l’Union africaine, va pourvoir rapidement à toutes ces vacances en prenant des décisions appropriées pour assurer le bon fonctionnement de la diplomatie congolaise et le rayonnement du pays sur la scène internationale.