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Devoir de mémoire : 16 février 1992 – 16 février 2021, un souvenir inoubliable…

Devoir de mémoire : 16 février 1992 – 16 février 2021, un souvenir inoubliable…

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(Par Isidore Kwandja Ngembo, Politologue & Analyste des politiques publiques)

 

*Voilà 29 ans jour pour jour, le dimanche 16 février 1992, des milliers de chrétiens bravaient la dictature et la peur de la mort.

Je me rappelle encore comme si c’était hier et je voudrais témoigner d’un événement que j’ai vécu personnellement dans ma chair et mon sang et que je n’oublierais pour rien au monde.

J’avais commencé cette journée de dimanche par la prière et une action de grâce à l’Eglise Presbytérienne de Yolo de la commune de Kalamu.

L’officiant de ce dimanche était le pasteur responsable de la paroisse, le Révérend pasteur Kasonga wa Kasonga, à l’époque, il était également notre Secrétaire général académique aux Facultés protestantes au Congo, actuellement Université protestante au Congo (UPC).

Une prédication qui nous encourageait à braver la peur: “ Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : Ta houlette et ton bâton me rassurent. Psaume 23:4 “

Aussitôt la prière de dimanche terminée, un mot d’ordre avait été donné pour aller marcher pacifiquement pour exiger la fin de la dictature dans notre pays, en demandant la réouverture immédiate de la conférence nationale souveraine que le premier ministre de l’époque, Jean Nguz  Karl-I-Bond et son ministre de l’intérieur, Mandungu Bula Nyati, avaient fermé “ avec force “.

Nous prenons l’itinéraire de l’avenue de l’université pour faire jonction avec les autres marcheurs sur la place de la victoire (rond-point victoire).

Arrivés au rond-point Bongolo, nous sommes stoppés par les militaires de la garde présidentielle de Mobutu qui nous ont lancé le gaz lacrymogène pour nous disperser, mais sans succès.

Le mot d’ordre était très clair : ‘’agenouillez-vous et priez !’’

Nous avons franchi cet obstacle, non sans perdre une de nôtre qui tomba d’une balle perdue.

Arrivés proche de la Commune de Kalamu, là nous n’étions pas en mesure de franchir cette barrière qui, selon les dires de certains, c’étaient des militaires angolais de Jonas Savimbi qui n’avaient pitié pour personne et tiraient à balle réelle.

J’ai failli y laisser ma peau à cet endroit. J’ai inhalé une quantité importante de gaz lacrymogène et je commençais à suffoquer et à transpirer excessivement.

Dieu merci, un inconnu est venu m’arroser sa bouteille d’eau et j’ai retrouvé mes esprits.

Merci Seigneur pour ta protection et surtout pour des nombreuses bénédictions que tu m’inondes encore et encore.