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Nécessité du balisage du Fleuve Congo : l’artiste Jaz Royal adresse une lettre ouverte à Fatshi dans une chanson !

Nécessité du balisage du Fleuve Congo : l’artiste Jaz Royal adresse une lettre ouverte à Fatshi dans une chanson !

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Résidant en Grande Bretagne, Freddy Wanga alias Jaz Royal est l’un des artistes congolais qui défendent valablement le drapeau étoilé de la République Démocratique du Congo sur la scène internationale de la musique. Ce compatriote de la diaspora fait de la musique engagée pour le développement et l’éveil de conscience nationale. Selon les dernières informations en notre possession, Jaz Royal vient de lancer une nouvelle chanson intitulée «Balisage ya fleuve»  dans laquelle il adresse une missive au Chef de l’Etat congolais, Félix Antoine TSHISEKEDI, ‘‘FATSHI’’. Dans cette belle mélopée, il démontre au Président de la République la nécessité et l’importance de baliser le majestueux fleuve sans lequel le pays ne connaîtra pas son développement attendu. Sa chanson constitue un plaidoyer à l’attention des autorités afin d’offrir une bonne navigabilité et relancer des activités fluviales. Retrouvez, ci-dessous l’intégralité du message de Jaz Royal :

Lettre ouverte au chef de l’Etat.

Son Excellence Monsieur le Président Félix Antoine Tshisekedi

Concerne : Nécessité et importance du balisage du fleuve Congo

Monsieur le président, tout d’abord mes vives félicitations pour votre désignation à la tête de l’Union Africaine. Mandat que je souhaite fructueux afin de relever les défis et les urgences auxquels font face l’Afrique, en général, et notre pays, en particulier. Notamment, en ce qui concerne la pandémie à coronavirus qui a ralenti le cours de l’humanité avec à la clé une grave crise économique et sociale. Notre pays n’en est point épargné. La faim, le chômage et, de surcroit la crise financière, réduisent la personnalité de l’homme congolais. Et pourtant, la RD Congo, taxée de pays continent ou encore de scandale géologique, regorge d’immenses opportunités de développement. Elle compte un sol fertile, des forêts tropicales avec une diversité unique d’espèces et des ressources minérales avec une très forte demande sur le marché mondial. Aussi, notre pays, grâce au fleuve Congo, deuxième fleuve le plus long d’Afrique, à ses affluents et aux Grands lacs dans l’Est, est-il compté parmi les plus riches en eau au monde. Il se révèle donc des possibilités innombrables pour améliorer tangiblement les conditions de vie de la population dont la majorité vit dans la pauvreté.

Je n’irai pas par mille chemins pour exprimer ce qui me tient à cœur (des idées) depuis un bon bout de temps.

Monsieur le président, le peuple congolais ne pourra profiter de son potentiel énorme que si des investissements sont orientés vers des projets à impact direct sur le social des concitoyens. Il faut agir vite et très vite par la mise en exécution d’une politique interne basée sur de nouvelles stratégies afin que le peuple n’en souffre trop longtemps.

La RD Congo, en dépit de cette pandémie, peut moderniser son système économique, Monsieur le président. S’il s’avère vrai, d’après Henry Morton Stanley, que sans le chemin de fer, le Congo ne vaut même pas un penny, moi je dirai que sans le balisage du fleuve Congo, notre pays ne connaîtra pas le développement.

En effet, Monsieur le Président, le pays ne pourra pas développer son économie par l’importation. Le développement, comme vous le savez, dépend de la fluidité des voies de communication. Sur ce propos, je tiens à vous féliciter pour les élans déjà opérés dans le secteur des infrastructures avec l’inauguration des sauts de mouton qui, à ce jour, répondent aux incommodités dus, il y a peu, aux embouteillages dans la ville province de Kinshasa. Cependant, Monsieur le Président, j’estime qu’il y a mieux.

Le fleuve Congo, ce boulevard naturel afin de désengorger le pays tout entier. Le majestueux fleuve Congo est une richesse parmi les plus importantes, mais ses appendices souffrent du manque du dragage et de balisage afin d’offrir une bonne navigabilité et relancer des activités fluviales. Imaginez le fleuve Congo navigable de l’embouchure jusqu’au Lualaba. Cela n’engendrerait-il pas d’immenses retombées dans divers secteurs? (Emploi, tourisme, pêche, commerce, etc.). Considérez donc Monsieur le président que le balisage permettrait une bonne navigabilité, gage d’une activité commerciale de manière exponentielle. La redynamisation du trafic fluvial est un atout majeur qui permettra d’acheminer vers la capitale toute la production des paysans riverains du fleuve. Et vice versa. D’où, le développement dans les milieux ruraux avec comme impact la réduction de la pauvreté, des inégalités, l’exode rural et d’autres les problèmes dont font face les citoyens congolais à l’exemple des inondations en période des pluies diluviennes. L’abondance sur le marché des produits alimentaires locaux serait une des solutions non négligeable pour rompre la politique des importations et surtout des surgelés au détriment du bio local. Pensez-y je vous implore, Monsieur le président.

Monsieur le Président, aux grands maux, de grands remèdes. Il y en a, et à moindre frais, sans nécessiter encore des ateliers, des colloques, des conférences et des séminaires dont votre prédécesseur a eu à organiser et à recueillir des avis et recommandations de plusieurs experts nationaux et internationaux. Le Congo, notre pays, a plus besoin de pragmatisme que de discours politiques et populistes dont les résultats n’ont pas été assez probants depuis les années 60.

A Kinshasa, le prix du poisson – parmi tant d’autres produits de première nécessité – ne permet pas à tout Congolais de s’en offrir. L’Etat ne peut-il pas soutenir ou mieux subventionner les pêcheurs pour nous offrir du poisson, provenant réellement du fleuve Congo et ses affluents ? Il est inconcevable, Monsieur le Président, que la RD Congo qui regorge une immense ressource piscicole, reconnue par la FAO, n’ait pas un bateau de pêche en mesure d’assurer de façon industrielle cette activité d’intérêt collectif. Cela ne devrait-il pas vous interpeller afin de mieux assurer l’autosuffisance alimentaire pour soustraire la faim et la pauvreté dans le chef de vos concitoyens ?

Monsieur le président, la souffrance que subit la population résulte du paupérisme mental de décideurs de notre pays. Il est donc impératif, j’estime monsieur le président, en votre qualité de garant du bon fonctionnement des institutions de la République, de prendre des mesures urgentes en vue du balisage du fleuve Congo. De mon côté, je m’engage à mettre à la disposition de mon pays ma modeste contribution pour l’achat d’un bateau de pêche sur base des recettes qui proviendrait de la diffusion et vente de la chanson « Balisage ya fleuve Congo » (que vous trouverez en annexe) que je viens de réaliser en guise d’interpellation à l’endroit de la conscience collective.

Tout en espérant que ma missive ajoutera plus de vision dans la marche pour le développement de notre cher et beau pays, je vous présente mes vœux les meilleurs pour l’année en cours, tout en vous soumettant ce proverbe africain qui dit : «Quand la culture d’un peuple disparaît, le peuple devient aveugle». Ma musique au service du développement.  

Jordache Diala