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18 février 2006- 18 février 2021 : fêtons 15 ans d’anniversaire de la Constitution

18 février 2006- 18 février 2021 : fêtons 15 ans d’anniversaire de la Constitution

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La Constitution de la République Démocratique du Congo totalise quinze (15) depuis sa promulgation le 18 février 2006. Cet anniversaire se fête deux ans après la passation civilisée de pouvoir entre l’ancien Président de la République et le nouveau, un des acquis majeurs de l’application de la Constitution.

En effet, le 30 décembre 2018, face à la détermination citoyenne d’aller jusqu’au bout, pour en finir avec une gouvernance ayant privé la République Démocratique du Congo d’un projet de développement à sa portée, et après moult soubresauts, parfois meurtriers, le régime KABILA avait finalement été contraint d’organiser des élections présidentielles, législatives et provinciales. C’est dans cet élan que les congolais et congolaises s’étaient massivement mobilisés pour accomplir leur devoir civique en allant voter aux fins de doter le pays d’institutions politiques légitimes et porteuses d’espoirs, en remplacement de celles décriées en raison du primat de la mauvaise gouvernance, malheureusement érigée comme mode de gestion par les différents régimes politiques successifs secrétés par l’AFDL, ancêtre du PPRD et ses multiples ramifications rassemblées dans le regroupement Front Commun pour le Changement (FCC).

Au sortir desdits scrutins, la cartographie politico-institutionnelle se dégageant des résultats publiés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), contraste étonnamment avec le désir de changement qualitatif voulu et attendu par la majorité de congolais.

En effet, il était ressorti des résultats atypiques publiés par la centrale électorale nationale (CENI), et confirmés par la Cour Constitutionnelle, que le Président de la République élu était l’émanation de l’opposition politique « Cap pour le changement » (CACH), tandis que tous les leviers du pouvoir législatif aux plans national et provincial revenaient aux forces politiques rassemblées sous la bannière FCC. Tirant les leçons de ce contexte sui generis, le Président de la République élu et le Président de la République sortant, têtes de pont des majorités sus évoquées, avaient décidé d’agréger leurs regroupements politiques (CACH et FCC) afin de constituer une coalition gouvernementale pour « offrir aux congolais des raisons de croire en un saut qualitatif à travers un programme de gestion commun devant être implémenté par une équipe gouvernementale issue de la coalition ainsi décidée ».

Louable en soi, mais cette initiative s’était apparenté malheureusement sur terrain à un nœud gordien qui avait asphyxié dangereusement l’accomplissement des missions essentielles de l’Etat. En effet, au lieu d’être le creuset où devait se concevoir et se décider des politiques publiques en faveur des citoyens, il était apparu clairement que la coalition CACH-FCC se déclinait en réalité en une instance de repositionnement opportuniste mise en place pour assouvir et préserver les intérêts égoïstes de différentes parties prenantes. Au-delà du clientélisme politique exacerbé, violations de la Constitution et autres dysfonctionnements institutionnels observés, l’ACAJ se préoccupe de la persistance de la corruption et détournement des deniers publics qui bloquent l’amélioration des conditions de vie du plus grand nombre. C’est pourquoi, en ce jour du 15ème  anniversaire de la Constitution, l’ACAJ en appelle à une mobilisation citoyenne pour combattre la corruption, le détournement des deniers publics et le blanchiment des capitaux qui progressent et se développent ostensiblement en RDC.

Ces antivaleurs n’ont ni couleur, ni origine ethnique ou provinciale. Elles constituent un cancer social et économique dont les auteurs doivent subir des sanctions exemplaires. Conformément aux principes énoncés dans la Constitution, la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les congolais et le respect de leurs droits fondamentaux constituent le fondement de la liberté, de la justice et de la paix pour tous.

Par ailleurs l’idéal de l’être humain libre, libéré de la crainte et de la misère, ne peut être réalisé que si des conditions permettant à chacun de jouir de ses droits économiques, sociaux et culturels, aussi bien que de ses droits civils et politiques, garantis par la Constitution, sont créées.

Considérant que notre Constitution impose aux Pouvoirs publics l’obligation de promouvoir le respect effectif des droits et des libertés de citoyens, la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics devraient constituer un combat à mener sur plusieurs fronts de manière à réduire les incitations à cet égard et les gains à en retirer, et, dans le même temps, accroître les risques qui y sont associés. Pour prévenir et atténuer l’incidence négative de la corruption sur le progrès économique, la stabilité politique et la cohésion sociale en République Démocratique du Congo, l’ACAJ recommande au Président de la République, Chef de l’Etat, de faire adopter par le prochain Gouvernement une stratégie pertinente anti-corruption, ce en synergie avec les composantes attitrées dont la société civile.

Car, la corruption constitue le principal symptôme du dysfonctionnement de la gouvernance, caractérisé par des défaillances des institutions pour faire appliquer des règles de transparence, promouvoir des normes efficaces qui condamnent la vénalité et instituent des sanctions et des mécanismes d’exécution de celles-ci dans l’intérêt de la transparence et de la responsabilisation.

L’ACAJ félicite vivement l’Inspection Générale des Finances (IGF), la Cellule Nationale de Renseignements Financiers (CENAREF), l’Inspection Générale des polices des Parquets, le Parquet Général près la Cour de Cassation, les Parquets Généraux de Kinshasa/Gombe et Matete, la Cour de Cassation, la Cour d’Appel de Kinshasa/Gombe, pour le travail appréciable qu’ils abattent dans la lutte contre la corruption, le détournement des deniers publics et le blanchiment des capitaux. Que Vive la Constitution et l’Etat de droit démocratique !