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RDC : l’insécurité à l’Est va-t-elle «noyer» aussi Félix Tshisekedi et Sama ?

RDC : l’insécurité à l’Est va-t-elle «noyer» aussi Félix Tshisekedi et Sama ?

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*Trêve d’illusions : Vital Kamerhe (président de l’Assemblée nationale), Antoine Gizenga, Adolphe Muzito, Augustin Matata, Samy Badibanga, Bruno Tshibala et Sylvestre Ilunga Ilunkamba (Premiers ministres), Joseph Kabila (Président de la République honoraire) et Emmanuel Ramazani Shadary (son dauphin et candidat à la présidentielle de 2018) ont tous payé un tribut lourd à la question sécuritaire à l’Est. Aussitôt nommé à la primature, le 15 février 2021, Jean-Michel Sama Lukonde s’est fait interpeller par les forces politiques et sociales de la partie orientale du pays (tradition respectée), lui-même ayant d’ailleurs placé ce sujet parmi les priorités de sa gouvernance. La suite ?

«Pouvoir à l’Est. Mort à l’Est»

Avant la suite, il est indiqué de rappeler, primo, à ceux qui pratiquent l’amnésie pour ne pas se faire rattraper par l’histoire qui, elle, finit d’une manière ou d’une autre par les rattraper et, secundo, à la jeunesse tenue sciemment dans l’ignorance de cette page, une expression ayant fait florès début 1997

Pendant que la guerre de l’Afdl battait son plein, nos compatriotes des provinces orientales du Zaïre (Grand Katanga, Grand Kivu, Province Orientale et Grand Kasaï) avaient lancé le cri à la fois de détresse et de révolte «Pouvoir à l’Est. Mort à l’Est». Allusion faite évidemment aux 37 premières années d’Indépendance dont 32 sous Mobutu et 5 sous Kasa-Vubu. C’était à l’Hôtel Intercontinental (devenu Pullman hôtel).

Constat amer : 24 ans après (1997-2021), la réalité du terrain est telle que le Pouvoir passé à l’Est via l’Afdl reste à l’Est tandis que la mort, elle, curieusement, n’a plus quitté l’Est !  Au contraire.

Petit paragraphe à méditer pour pénétrer et comprendre cette chronique.

«Faites la guerre pendant que nous faisons des affaires»

Lors de la démission d’Antoine Gizenga de sa fonction de Premier ministre et de son remplacement par Adolphe Muzito en 2008, les mêmes compatriotes sont revenus à la charge en réclamant la nomination d’un Premier ministre qui soit obligatoirement de l’Est. Prétexte avancé à l’époque : seul un ressortissant du coin a la capacité d’arrêter le cycle infernal d’insécurité qui s’y est installé depuis les années 1960.

Aussi, a-t-on vu se succéder à l’Hôtel du Conseil Augustin Matata Ponyo du Kivu, Samy Badibanga et Bruno Tshibala des Kasaï (rentrés au Centre) puis Sylvestre Ilunga Ilunkamba du Katanga.

Aucun n’a su ni pu relever le défi du rétablissement de la sécurité.

Fait à souligner : cette situation sécuritaire se révèle un véritable gouffre financier pour le pays au titre d’un effort de guerre devenu, c’est là l’insolite, une source « génératrice » de profits illicites.

S’accomplit ainsi l’adage : « Faites la guerre pendant que nous faisons des affaires».

Les couleuvres, on en a suffisamment avale

On peut alors déduire que le problème, le vrai, est ailleurs. Et c’est ailleurs n’est nulle autre part que dans l’Est en ce que la solution implique absolument, essentiellement et impérativement les forces politiques et sociales de cette partie du pays. En d’autres mots, y ont le premier tout comme le dernier mot les pro et anti-guerre.

Il est vrai que la question sécuritaire à l’Est reste prioritaire pour l’ensemble du Congo. Après tout, en interrogeant l’histoire, cela fait tout de même une soixantaine d’années – avec les rébellions lumumbiste de 1961 et muleliste de 1964  parties l’une de Stanleyville (Kisangani) à l’Est, l’autre du Kwilu (Bandundu) à l’Ouest – qu’elle affecte le Kivu via le phénomène Maï-Maï réduit malheureusement à une nébuleuse.

Aujourd’hui, c’est tout le pays qui est touché politiquement, économiquement et socialement, hypothéquant les investissements sérieux dans toutes les provinces. Même la gouvernance institutionnelle en souffre.

Ce n’est pas normal de voir le statut quo s’installer confortablement simplement parce qu’il est entretenu par des initiés sans gêne ni cœur.

Le pragmatisme qui doit en résulter établit que rien ne doit désormais justifier dans le chef des députés nationaux et des sénateurs le coup de disqualification de tout Premier ministre ou d’affaiblissement de tout Président de la République pour cause d’insécurité à l’Est pendant que les tireurs des ficelles sont connus et, pis, se la coulent douce partout, voire à Kinshasa.

Aussi, la classe politique et la société civile doivent-elles arrêter de mettre en difficulté les institutions de la République avec le discours d’une primature réservée à un compatriote qui soit impérativement de l’Est, au motif d’avoir une longue, une large, une haute et/ou une profonde connaissance des problèmes qui s’y posent en la matière. Qu’il (ou elle) soit de l’Est ou de l’Ouest, du Nord ou du Sud, le Premier ministre est d’abord de la Nation et de l’Etat congolais.

Quatre Premiers ministres à se succéder en 13 ans (2008-2021) pour échouer tous sur la même question d’insécurité et toujours du même côté, il faut bien admettre que les couleuvres, on en a suffisamment avalé.

Le disque étant enrayé, il est plus que temps de le changer

Moralité : Jean-Michel Sama Lukonde ne sera pas le 5ème Premier ministre à sacrifier sur l’autel de la manipulation « géopolitique » au sujet de la sécurité devenue  affairiste à l’Est. Félix Tshisekedi ne devra pas être le 5èmePrésident de la République « programmé » pour la potence pour la même cause.

Honni soit mal qui y pense !

Omer Nsongo die Lema/CP