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Programme du nouveau Gouvernement : Angèle Makombo offre des pistes à Sama Lukonde !

Programme du nouveau Gouvernement : Angèle Makombo offre des pistes à Sama Lukonde !

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*‘’Il y aura de nombreux appelés mais peu d’élus pour faire partie du nouveau gouvernement de l’Union Sacrée de la Nation. Nous émettons le vœu Monsieur le Premier Ministre que les «heureux élus» de votre gouvernement répondent tous à vos critères de compétence, d’expérience et de probité morale’’. Telle est la principale recommandation de Mme Angèle Makombo, Présidente de la Ligue de Démocrates congolais, à l’issue d’une réflexion adressée au Premier Ministre en vue de l’élaboration du Programme du Gouvernement de l’Union Sacrée de la Nation. Elle y aborde tous les domaines clés et avance des propositions concrètes notamment, pour restaurer la paix, la sécurité et rétablir le rétablissement de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national. Elle indique des pistes devant permettre de renforcer la démocratie et l’Etat de Droit, d’accroître la capacité de mobilisation des ressources financières pour la reconstruction et le développement du pays et qui, à son avis, passe par l’assainissement, la modernisation (digitalisation) et la bonne gestion des finances publiques ainsi que la fiscalité. Plus loin, dans cette même réflexion, elle formule des propositions pour l’accès des Congolais aux soins de santé de base en attendant la mise en place de la couverture de santé universelle, la promotion de l’agriculture et de la parité homme-femme. Elle suggère, par ailleurs, la création d’un Ministère des Eaux et Forêts dans le nouveau gouvernement. Elle revient, enfin, sur la nécessité de poursuivre les efforts d’intégration régionale et d’amélioration de la gouvernance internationale.

 

Réflexion adressée au premier ministre en vue de l’élaboration du programme du gouvernement de l’Union sacrée de la nation

Dans son discours fondateur de l’Union Sacrée de la Nation, prononcé le 23 octobre 2020, le Président de la République SEM Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo avait brossé les grandes lignes de sa vision pour un Congo nouveau et prospère. «Impressionné» – selon ses propres termes – «par la clarté des analyses et recommandations» de ses différents interlocuteurs, lors des consultations qu’il avait ensuite conduites avec les forces vives de la nation, le Président de la République a indiqué, dans son discours du 6 décembre dernier, qu’une large convergence de vues sur les questions d’intérêt national s’était dégagée à l’issue de ces multiples échanges.

A cet égard, le Président Tshisekedi a noté que les aspirations et les attentes exprimées par les forces politiques et sociales congolaises portent sur la paix et la sécurité dans le pays; le renforcement de la démocratie et l’État de droit; l’organisation d’élections crédibles dans Mme Angèle Makombo Sama Lukonde le délai constitutionnel; l’indépendance et la bonne administration de la justice; l’amélioration des finances publiques et du climat des affaires; une meilleure planification de notre développement et construction de nos infrastructures; la promotion de l’émergence d’un congolais nouveau en investissant davantage dans le capital humain; l’emploi des jeunes; la promotion des droits de la femme. Et pour chacune de ces rubriques, le Président de la République a mis en exergue les r e c o m m a n d a t i o n s spécifiques formulées par ses différents interlocuteurs.

Dans vos commentaires tenus devant la presse le 15 février suite à votre nomination à la tête de la Primature de la République Démocratique du Congo, vous avez à votre tour, Monsieur le Premier Ministre, précisé que les priorités de votre Gouvernement porteront notamment, sur la paix et la sécurité, en particulier à l’est et dans le Katanga ; le social des congolais ; les questions de développement ; la justice au centre de l’action gouvernementale, l’éducation et la santé. Mais pour relever ces nombreux défis, vous avez souligné la nécessité pour le Gouvernement d’avoir les moyens de sa politique. Et vous avez estimé, à juste titre, que les moyens de la politique du Gouvernement passent par l’augmentation des recettes de l’Etat, qui elle-même passe par la lutte contre la mauvaise gouvernance et les antivaleurs. Nous appuyons la vision du Chef de l’Etat pour un Congo plus beau qu’avant et saluons son appel à tous les Congolais pour un « vrai sursaut démocratique ».    Aussi souscrivons-nous à la plupart des mesures recommandées au Président de la République par les forces politiques et sociales congolaises pour la réalisation de sa vision.

Toutefois, en plus des recommandations pertinentes reprises dans le discours du Chef de l’Etat du 6 décembre, nous souhaitons, Monsieur le Premier Ministre, vous apporter notre contribution et vous soumettre nos recommandations en vue du programme du gouvernement. Cependant, compte tenu de la contrainte liée à l’espace de publication, nous présentons ici une version abrégée de notre réflexion. S’agissant de la paix et la sécurité ainsi que le rétablissement de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national, il faudrait notamment  : – Eradiquer les groupes armés sur l’ensemble du territoire national, en particulier à l’est et au Katanga en identifiant, en traduisant en justice et en neutralisant les personnes qui entretiennent ces groupes armés. – Renforcer les services de sécurité aux frontières pour un contrôle efficace des mouvements de population. – Intensifier la lutte contre la criminalité urbaine, en particulier à Kinshasa. En ce qui concerne le renforcement de la démocratie et l’État de droit, il faudrait: – prendre sans délai des mesures drastiques afin de mettre fin aux tracasseries, à l’arbitraire, à la maltraitance, aux confiscations et extorsions de biens que subissent au quotidien les Congolais de la part de certains éléments de nos forces de police et de sécurité. – Inclure dans la nouvelle loi électorale des dispositions interdisant à tout citoyen de présenter simultanément sa candidature à différents types d’élections lors d’un même cycle électoral. – Enquêter sur les cas d’achat de conscience, de fraude et de corruption au sein du Parlement et des assemblées provinciales. Pour ce qui est du renforcement de la cohésion nationale, il faudrait: – Renforcer la répression et les sanctions envers toute personne se livrant à des discours encourageant la haine ethnique.

Etant donné que la mobilisation des ressources financières pour la reconstruction et le développement du pays passe  par l’assainissement, la m o d e r n i s a t i o n (digitalisation) et la bonne gestion des finances publiques ainsi que la fiscalité, il faudrait notamment : – Etablir une fiscalité relative aux signes extérieurs de richesse applicable lorsqu’il est constaté « une disproportion marquée entre le train de vie d’un individu et ses revenus déclarés ». S’agissant du développement du pays, il faudrait entre autres: – Faire de la desserte en eau et en électricité une priorité du futur gouvernement. – Œuvrer sans délai pour l’adoption d’une législation/ réglementation pour mettre fin à l’implantation anarchique des supermarchés et des pharmacies dans nos agglomérations. Pour l’accès des Congolais aux soins de santé de base, en attendant la mise en place de la couverture de santé universelle, il convient d’instaurer la gratuité des soins de santé pour les enfants de 0 à 5 ans; et instaurer la gratuité pour les soins d’accouchement Depuis de nombreuses années, il est sans cesse question dans notre pays de réaliser des actions jugées prioritaires mais dont l’exécution tarde en réalité à se matérialiser. Il s’agit de l’agriculture,  déclarée priorité nationale ; .de la nécessité de diversifier notre économie ;  de  l’urgence  de développer diverses sources d’énergie ;  de la promotion de la classe moyenne ; de l’intégration nationale et régionale ;  de  la  parité homme-femme telle que stipulée à l’article 14 de la Constitution.

S’agissant en particulier de l’agriculture, secteur économique clé, créateur d’emplois de masse contrairement au secteur minier, privilégié durant des décennies au detriment de l’agriculture, il importe de : – Respecter l’engagement pris par la RDC en vertu de la Charte de Maputo signée en 2003 par les Chefs d’Etat et de gouvernements africains, de consacrer au moins 10% du budget national de leur pays respectif a l’agriculture. – Doter l’Institut National de la Statistique de la RDC de moyens adéquats pour produire des statistiques fiables sur la démographie, l’utilisation des terres et la cartographie des cultures, la production agricole et l’économie générale. – Moderniser et professionnaliser l’agriculture en recourant aux moyens suivants : o Une recherche agronomique soutenue en renforçant l’Institut National de Recherche Agronomique (INERA) o Une introduction de semences végétales et animales quasi permanentes o Un enseignement agricole valorisé o Une organisation de la production agricole performante – Soutenir les petits agriculteurs et paysans congolais en facilitant l’accès au microcrédit, aux intrants ainsi qu’aux équipements agricoles. – Assouplir les conditions d’octroi des crédits agricoles à des taux préférentiels et à des délais de moyen terme. – Soutenir les coopératives de petits producteurs en développant les routes de dessertes agricoles et les capacités de stockage ou de mise en valeur (séchage, moulins, conditionnement) des productions agricoles. – Promouvoir l’autonomisation des nombreuses femmes rurales congolaises, notamment en renforçant leurs capacités de production, facilitant l’accès à la terre et l’octroi de titre de propriété, en favorisant l’accès au microcrédit, en leur permettant de se regrouper dans des coopératives – Eliminer les goulets d’étranglement empêchant le développement de l’agriculture congolaise tels que les tracasseries excessives entravant la libre circulation des produits agricoles vers les grands centres de consommation ;  l’état déplorable des pistes desserte agricole ;  l’absence  d’intrants de qualité. – Atteindre une autosuffisance alimentaire en ce qui concerne les produits de première nécessite (manioc, mais, légumes, huile de palme etc) et réduire les importations de moitié pour les autres produits agricoles faisant actuellement l’objet d’une forte importation. – Former, encadrer et assister les populations locales pour aménager et assurer l’entretien permanent des routes des dessertes agricoles. Le développement de l’agriculture et de l’industrie agro-alimentaire contribuera à diversifier notre économie, et partant, facilitera la création d’emplois ainsi que l’émergence de la classe moyenne. En ce qui concerne la promotion et l’appui aux PME/PMI congolaises, créatrices d’emplois, il convient de : – Constituer le fonds de garantie des crédits aux PME/ PMI en impliquant le secteur privé dans sa gestion. – Promouvoir la culture de l’initiative privée et créer des banques sectorielles : – Banque de développement – Banque agricole – Banque de l’habitat et du logement S’agissant de la promotion de la parité homme-femme, il faudrait : – Assurer une représentation de 30% au moins de femmes dans le futur gouvernement et au sein des institutions nationales, provinciale et locales. – Faire obligation aux formations politiques de présenter sur chaque liste de candidats au moins 30% de femmes. – Tenir compte du genre dans le recrutement des fonctionnaires et éliminer toute forme de discrimination à l’égard des femmes.au sein de l’administration publique – Mettre en œuvre une politique de sensibilisation et de lutte contre les mariages précoces C o n c e r n a n t l’environnement, il faudrait : – Lutter contre l’exploitation forestière illégale – Instaurer une taxe sur la vente et la distribution de charbon de bois pour stopper la déforestation du pays ; Interdire les exportations du charbon de bois ; Subventionner et encourager (Suite de la page 5) Programme du nouveau Gouvernement RDC : Angèle Makombo offre des pistes à Sama Lukonde ! la distribution des réchauds à gaz et à pétrole. – Lancer un vaste programme d’assainissement de nos provinces. – Redynamiser le serv ice d’hygiène qui aura comme mission principale de contrôler chaque parcelle afin d’assainir l’environnement pour lutter contre la malaria. – Evaluer et finaliser avec les partenaires bilatéraux et multilatéraux tous les accords et projet de développement axés autour de la lutte contre les effets de serre (processus REDD, bénéfices du crédit carbone etc..) ; développer de nouvelles sources d’énergie renouvelables. – Développer la diplomatie environnementale – Vu l’enjeu majeur que constitue la forêt congolaise, en termes de préservation de la biodiversité et de régulation du climat (tourbières, stockage du carbone et cycle de l’eau), ainsi que les richesses en eau et le potentiel hydroélectrique énorme de la RDC, nous recommandons la création d’un Ministère des Eaux et Forêts dans le nouveau gouvernement. S’agissant de l’intégration régionale : – «Face aux enjeux de la ZLECAF (Accord de Libreéchange Continentale Africaine) et de l’AGOA (African Growth Opportunity Act), la Normalisation et la Métrologie sont des outils de survie pour la RDC…Leur pratique correcte est d’une importance vitale.» – Il importe donc de réactiver et faire adopter sans délai par le Parlement la Proposition de Loi sur la Métrologie et la Normalisation en République Démocratique du Congo, initiée par feu le Sénateur Mutamba Dibwe et adoptée au Sénat depuis 2014, mais restée depuis lors en souffrance à l’Assemblée Nationale. Concernant la g o u v e r n a n c e internationale, il importe de: – Développer le rôle et la participation de la RDC dans la gouvernance internationale. Cela passe par l’identification des Congolais fonctionnaires dans les organisations régionales et internationales et l’appui à la carrière de ces fonctionnaires; l’identification des compétences congolaises à présenter comme candidats à des postes proéminents vacants dans les institutions internationales. Il y aura de nombreux appelés mais peu d’élus pour faire partie du nouveau gouvernement de l’Union Sacrée de la Nation. Nous émettons le vœu Monsieur le Premier Ministre que les «heureux élus» de votre gouvernement répondent tous à v os critères de compétence, d’expérience et de probité morale.

Angèle MAKOMBO

Présidente Nationale de la Ligue des Démocrates Congolais (LIDEC)