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Deux questions, une réponse

Deux questions, une réponse

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J’ai plusieurs fois, sans réponse crédible, posé, aux chantres de l’Union Sacrée pour la Nation, la question de savoir comment ils perçoivent et expriment ce qu’ils appellent :”la Vision du Chef de l’Etat”. Rien que par souci de comprendre, moi aussi, ce qui crée tant d’engouement.

Qu’à cela ne tienne, il va sûrement y avoir, bientôt, un Programme du nouveau gouvernement qui va traduire cette vision en chiffres et en lettres. Ce programme devra, ensuite, s’exprimer dans un tableau synoptique qu’on appelle :”le budget de l’Etat». Cette fois-ci, il va s’agir, en fait, d’un Collectif budgétaire étant donné que le président de la République venait, à peine, de promulguer le budget de l’exercice 2021 bien qu’élaboré, malheureusement, par ceux-là qui, selon ses termes, “bloquaient” sa vision.

Je n’entends pas soulever, ici, un quelconque débat sur cette Vision du Chef de l’Etat. Laissons ça aux adeptes de la polémique.

Je voudrais, plutôt, attirer l’attention des analystes politiques sur la façon dont la vision des dirigeants d’un pays PAUVRE peut se lire au travers du budget de l’Etat.

Il est, en effet, aisé de comprendre que le budget d’un pays est une réponse à l’une des deux questions suivantes. Et c’est dans le choix de la question que se pose tout le problème (ou que repose la vision recherchée) :

Soit, on répond à la question de savoir comment devenir riche quand on est vraiment pauvre soit on répond à celle de savoir comment ne pas devenir davantage plus pauvre quand on l’est déjà à suffisance.

La différence entre ces deux questions exclusives se lit clairement dans les prévisions budgétaires qui ne sont essentiellement que des anticipations du comportement des fondamentaux de l’économie habituellement désignés par les termes savants de “cadre macro-économique”. Ce n’est rien qu’un ensemble de variables principales caractéristiques de la situation économique du pays. Il s’agit essentiellement des “prix” d’équilibre de différents marchés constitutifs de cet ensemble dénommé : économie nationale (marché du travail, marché monétaire, marché des biens et services, marché des changes, etc.).

L’élaboration du cadre macro-économique repose sur le choix opéré, par ses auteurs, entre les anticipations rationnelles, ou la théorie de l’efficience des marchés, et les anticipations adaptatives.

Les premières, basées sur la collecte de l’information la plus totale disponible sur le marché, traduisent une vision du chef orientée vers le souci de rendre plus riche l’économie du pays, avec, en filigrane, la réponse aux questions liées à la sécurité, au social (chômage, santé, éducation,…), aux infrastructures, etc.

Les secondes, basées sur l’histoire de chaque variable (le taux de croissance du PIB, le taux de change, le taux d’inflation, la pression fiscale, le taux d’intérêt,…), expriment une vision du chef préoccupée par la peur de devenir plus pauvre. Ce qui est, tout autant, légitime.

C’est, donc, entre les deux que le gouvernement de l’Union Sacrée pour la Nation va faire son choix pour répondre à ma question qui, jusqu’à ce jour, n’a pas encore trouvé de réponse dans les bla-bla-bla des vendeurs des destins fugitifs.

Ne cherchez plus à me convaincre, je trouverai la réponse. Entre-temps, je souhaite plein succès et un fructueux travail au nouveau Premier ministre et Chef du gouvernement.

Michel Nsomue