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Recensement général de la population de la RDC : fiction ou réalité ? (Par Dr Sébastien K. Lomba/Démographe)

Recensement général de la population de la RDC : fiction ou réalité ? (Par Dr Sébastien K.  Lomba/Démographe)

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Nous ne croyons pas à la fiction. Nous croyons au contraire que le recensement est réalisable d’ici 2023. C’est question de mettre les cinq éléments,  ci-après ensemble : la volonté, la détermination, la concentration, le sérieux et les moyens dans l’organisation et l’exécution du recensement.

L’organisation du recensement général de la population est impérative. En effet, le recensement et l’identification de la population constituent des préalables plus importants et essentiels pour la révision ou le réajustement du fichier électoral en vue d’avoir les élections apaisées en 2023.  Ce dénombrement complet de la population du pays est très nécessaire.

Contrairement aux cycles électoraux précédents, il ne faut pas cette fois-ci esquiver le recensement en prenant encore des raccourcis fallacieux qui,  au cours de cycles électoraux passés,  nous ont produit des résultats contestables après les élections. Le recensement détermine la taille de la population, il fixe la carte électorale et constitue de manière durable une base de données pour toutes les élections à venir.

Ainsi, en l’absence du recensement général de la population et à cause de lacunes du recensement administratif, le pays souffre d’un  manque de données sociodémographiques qui sont,  pourtant,  essentielles,  à la fois,  pour les élections (politiques) et pour la planification du développement durable et intégré du pays.

Le déficit en données socio-démographiques est un sérieux handicap non seulement pour la planification du développement durable du pays et de ses entités politico-administratives  mais,  il bloque également les initiatives d’appui de la part de nos partenaires bi et multilatéraux (FNUAP, PNUD, UNICEF, BIT, BANQUE MONDIALE, UE, les USA, l’Allemagne, UK, le Japon, la France, etc.) intéressés au domaine de population dans notre pays.

Plus important encore, le manque de statistiques démographiques s’érige comme frein à la définition des  politiques adéquates basées sur les besoins réels en vue de trouver des solutions idoines et appropriées aux problèmes urgents des populations,  tels que ceux relatifs au genre, à l’emploi, à l’éducation, à l’urbanisation ainsi qu’au développement intégré des campagnes.

Ce déficit en statistiques socio-démographiques est,  en outre,  soutenu par le fait que depuis l’indépendance du pays, le 30 juin 1960, la RDC n’a organisé qu’un seul recensement général de la population, celui de 1984 et auquel nous avons eu opportunité de participer.  Les données de ce recensement sont aujourd’hui très vieilles et, par conséquent, sont  obsolètes.

Pour éviter des irrégularités néfastes, l’Organisation des Nations-Unies (ONU) recommande à ses pays membres d’organiser le recensement de la population tous les dix ans à partir de leur premier recensement.

Au regard de cette recommandation, notre pays devait, en principe,  être à son quatrième recensement. Mais, comme palliatif à cet énorme déficit, les consommateurs des statistiques démographiques empruntent des raccourcis, parfois,  maladroitement, en faisant usage aux  estimations basées sur des données obsolètes.

Il sied de noter à ce sujet que les ajustements, tendances ou perspectives basés sur des données non statistiquement fiables ou très vieilles sont démographiquement à prendre avec beaucoup de précaution, étant donné que la dynamique naturelle (jeu de naissance et décès) et surtout,  le mouvement de la population (émigration et immigration) sur une très longue période de temps, 37 dernières années,  par exemple, période émaillée pour notre pays des conflits armés meurtriers qui ont, non seulement,  endeuillé le pays (plus de 10 millions de morts, selon les organisations non gouvernementales humanitaires et de droit de l’homme), mais ont également forcé plusieurs milliers d’autres (hommes, femmes et enfants) à se déplacer à l’intérieur ou à quitter carrément le pays pour se faire refugier ou s’exiler.

Apres 37 ans sans recensement, plusieurs transformations ont eu lieu dans notre pays. En 1984, la RDC comptait 11 régions ou provinces. Aujourd’hui, il en compte 26, selon l’Article 2 de la Constitution de 2006. Bien que les limites administratives de toutes ces nouvelles provinces soient connues, il n’en est pas de même de leurs limites démographiques, c’est-à-dire, de l’effectif total de leurs populations, de leurs structures par âge et par genre, de la composition de la population selon la force de travail, du niveau de chômage et de l’éducation ainsi que de la répartition spatiale et par nationalité des habitants de toutes ces provinces.

La connaissance des fondamentaux démographiques de ces provinces est donc un impératif afin de permettre une base électorale correcte et acceptable avant 2023.

Actuellement, l’on estime que la RDC compte plus de 80 millions d’habitants et que Kinshasa, la capitale, en compterait plus de 11 millions. Ce qui est vrai est que personne ne connaît le nombre exact de la population de notre pays aujourd’hui, encore moins, celle de ses entités politico-administratives.

Les chiffres contradictoires qu’on avance çà et là, sans toutefois citer les sources, sont du ressort de la spéculation. La solution viendrait de la confrontation de ces chiffres avec les données effectivement collectées, pour définitivement éviter la spéculation et consolider en même temps,  les sources des statistiques.

C’est pourquoi,  nous soutenons et nous sommes prêts à  accompagner le Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Félix- Antoine Tshisekedi Tshilombo, dans sa vision pour organiser le recensement général de la population de la RDC avant les élections de 2023.

Comme vous le savez, les congolais ont marché et il y en n’a qui ont perdu de  leur vie parce qu’ils réclamaient l’actualisation du fichier électoral qui était et qui demeure jusqu’à présent piégé par le système “Kabiliste”. Il n’y a que le recensement scientifique et non administratif qui peut nous aider à faire cette actualisation.

Le recensement est également  une des promesses de Son Excellence  Monsieur Felix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République et Chef de l’Etat, faites  lors de la campagne électorale de 2018. Il l’a répété dans ses discours sur l’état de la nation devant le congrès en 2019 et 2020 pour montrer qu’il tient à sa promesse. C’est pourquoi,  nous nous engageons à l’accompagner pour traduire cette promesse en acte pour le bien-être du “Peuple d’Abord”.