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Date de naissance de Maman Marthe : svp, pas ça !

Date de naissance de Maman Marthe : svp, pas ça !

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La vidéo dure 3’08. Elle est tournée sur le modèle “parlementaires-debout», avec en moins un lance-voix. Des jeunes gens se revendiquant de Lamuka s’entendent dire par leur meneur que Félix Tshisekedi n’est pas le fils de sa mère.

A l’en croire, Mme Marthe Kasalu Jibikalyi serait née en 1952. Dès lors que Fatshi est le 3ème  fils qu’elle a eu en 1963, c’est qu’elle devait avoir 11 ans  à la naissance du Chef de l’Etat. De quoi rappeler l’histoire du maréchal.

Pourtant, fortement publiée en toutes langues et en toutes versions, la note biographique de la veuve d’Etienne Tshisekedi est assez claire : elle est née en 1937.

«Née en 1937 à Mikalayi, près de Kananga, dans le Kasaï-Central, Marthe Kasalu Jibikilayi rencontre Etienne Tshisekedi au milieu des années 1950. Issue d’un milieu modeste, elle a une formation d’infirmière. Lui étudie le droit à l’Université de Lovanium, à Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa). C’est un ami d’enfance d’Étienne, Kizito Kalala, alors inscrit en médecine à Lovanium, qui les présente», écrit Romain Gras dans Jeune Afrique le 29 mai 2020 sous le titre « *RDC : quel rôle joue vraiment Marthe Tshisekedi, la mère du chef de l’État ?* ». L’auteur donne ces détails précieux : «Un jour, Étienne a vu un film qui montrait les conditions de travail des infirmières en province, raconte sa sœur cadette, Eugénie Tshika wa Mulumba. Marthe y apparaissait, et Kizito, qui est lui aussi originaire de Mikalayi, la connaissait. Il les a présentés à la sortie de la messe, c’est Dieu qui a fait en sorte qu’ils se rencontrent !’. Ils se marieront en 1957».

Six ans plus tard, soit en 1963, naissait Félix Tshisekedi.

Rien à redire de l’espacement traditionnel de deux ans par enfant.

Ce genre d’éditorial n’est pas de ma culture. Je ne débats pas des questions des familles biologiques. Avouons cependant que lorsqu’une société se met à déplacer le débat politique sur ce type de questions, c’est qu’elle est en décadence avancée. Tout leadership avisé doit s’y opposer.

Et pour cause !

Déjà, pour Mme Marthe Kasalu Kasalu, on insinue des origines angolaises depuis l’accession de son fils à la magistrature suprême. C’est devenu une sorte de marque déposée pour les Congolais débatteurs politiques. Joseph Kasa-Vubu a vu aussi les siennes contestées. Joseph Mobutu, Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila de même.

Avec le scoop lancé par les Lamukistes, l’objectif est la confirmation de la règle : Félix Tshisekedi, 5ème Président de la République, doit absolument avoir une nationalité congolaise douteuse.

Dès lors que le candidat chef d’Etat doit être congolais de père et de mère, et puisque Fatshi a son père congolais et sa mère supposée angolaise, les dés sont jetés : il est disqualifié pour la présidentielle 2023.

Là, c’est pour les Présidents de la République.

Pour les Premiers ministres, presque 60 ans après sa mort, Patrice-Emery Lumumba va subir le même traitement. Il paraît que chez les Tetela, son nom n’existe pas. Il serait plutôt proche des Rwandais ! Il n’est pas seul. Après lui, il y a eu d’abord Léon Kengo wa Dondo, ensuite un certain Vincent de Paul Lunda Bululu. Tant que ce dernier était secrétaire général du Ciciba avec siège au Gabon, il n’attirait l’attention de personne. Il a fallu sa nomination en qualité de Premier ministre au lendemain de la proclamation, par Mobutu, de la fin du Mpr Parti-Etat le 24 avril 1990, pour qu’on lui trouve des origines…zambiennes !

Aujourd’hui, à peine nommé au même poste, Jean-Michel Sama Lukonde a déjà les siennes : rwandaises.

Même les  gouverneurs des provinces sont visés. Le cas le plus célèbre est celui de Moïse Katumbi !

Et ça va continuer tant qu’on laissera cet exercice pour le moins stupide se poursuivre.

Les Congolais doivent le savoir : 17 des 26 provinces que compte le pays ont des territoires, mieux des secteurs  frontaliers avec chacun des 9 Etats voisins, en l’occurrence :

  1. le Kongo Central avec l’Angola et le Congo-Brazzaville,
  2. le Maï-Ndombe avec le Congo-Brazzaville,
  3. l’Équateur avec le Congo-Brazzaville,
  4. le Sud-Ubangi avec le Congo-Brazzaville,
  5. le Nord Ubangi avec la République Centrafricaine,
  6. le Bas-Uélé avec la République Centrafricaine,
  7. le Haut-Uélé avec le Soudan du Sud,
  8. l’Ituri avec l’Ouganda,
  9. le Nord Kivu avec l’Ouganda et le Rwanda,
  10. le Sud-Kivu avec le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie,
  11. le Tanganyika avec le Burundi et la Tanzanie,
  12. le Haut Katanga avec la Tanzanie et Zambie,
  13. le Lualaba avec la Zambie et l’Angola,
  14. le Kasaï Central avec l’Angola
  15. le Kasaï avec l’Angola,
  16. et le Kwilu avec l’Angola.

Au nom de la Constitution dont l’article 6 impose l’éducation civique aux côtés du renforcement de la conscience nationale et de l’expression du suffrage, il va de la responsabilité des partis et des regroupements politiques de réaliser et d’assumer leur devoir d’éduquer leurs membres sur l’essentiel.

La dérive annoncée par les Lamukistes, en voulant faire de l’année de naissance de Maman Marthe un enjeu de débat politique,  est une sonnette d’alarme !

Et cette sonnette, quand elle retentit, c’est qu’il y a péril en la demeure…

Omer Nsongo die Lema/CP