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Kinshasa : l’Assemble provinciale et le Gouvernorat dans une guerre d’usure ?

Kinshasa : l’Assemble provinciale et le Gouvernorat dans une guerre d’usure ?

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Une guerre sans merci se serait  déclarée à l’Assemblée provinciale de Kinshasa (APK) tout comme au gouvernorat de province. Les pétitions et les motions deviennent les armes utilisées par  l’exécutif provincial et l’organe délibérant  pour se neutraliser. Après que Godé Mpoyi Kadima ait sauvé son bateau du naufrage, les élus provinciaux visent désormais tout le bureau de l’APK, à l’exception de son président qui aurait gagné la confiance. Entretemps, ces mêmes députés provinciaux se sont tournés vers le gouvernement en ouvrant une porte de sortie au vice-gouverneur Néron Mbungu.

Une histoire de mésentente

La situation serait tendue à l’Assemblée Provinciale de Kinshasa entre les élus et leur bureau. C’est la démonstration de force. Pareille situation entre le gouverneur Gentiny Ngobila et son vice Néron Mbungu. Voilà la guerre d’usure auquel des collègues se  seraient déclarée, une guerre sans merci. L’issue dans cette affaire serait la chute de celui qu’on considère comme adversaire.

Au gouvernorat de Kinshasa, situation de critique et de mépris. Le vice- gouverneur se dit victime d’exclusion au moment de prise de décision. A l’en croire, il  serait en train d’être évité, écarté même de la gestion de la ville de Kinshasa. Selon le vice-gouverneur, la mégestion de Kinshasa passe sous l’œil impuissant de l’Assemble provinciale. Elle se positionne sous l’égide du gouvernorat, ce qui explique sa faiblesse dans sa mission de contrôle. Cette situation a déclenché la colère chez les députés provinciaux qui réclament, à travers une motion de défiance, le départ de l’élu de Kisenso, de la deuxième chaise de l’exécutif de Kinshasa.

Des collègues en manque de confiance

Les sorties médiatiques, les pétitions, les motions… les actes des collègues envers collègues seraient la preuve évidente que la confiance n’existe plus. Chacun voudrait être cru et se faire passer pour bon. Résultat, c’est la politique de la rue, plus des secrets institutionnels. Où ceci va-t-il mener ?

Etant motivés de le faire partir du bureau de l’APK, les députés provinciaux ont désactivé leur démarche de déchéance contre Gode Mpoyi. A l’issue du vote organisé lors de la plénière du lundi 5 avril, le pasteur a conservé son poste après avoir fourni des éléments de réponses aux griefs retenus à sa charge par les pétitionnaires. Pendant sa défense, le président de l’APK avait qualifié cette pétition “d’alimentaire”.

Pétition alimentaire ?

Le président de l’Assemblée Provinciale de Kinshasa a balayé d’un revers de la main tous les griefs retenus à sa charge par les pétitionnaires. De la prétendue contre-performance des Commissions permanentes jusqu’aux conditions salariales des députés provinciaux, tout a été évoqué par le professeur Gode Mpoyi. Que veut dire le pasteur en soutenant que l’action initiée pour sa déchéance est «alimentaire» ? Ne serait-il pas en train d’insinuer que ses collègues sont corrompus ? Comment les élus provinciaux ont-ils digéré cela ?

Cette démarche pour quelle finalité ?

De toutes les façons, le jeu auquel se seraient livrés des collègues conduit, à pas de tortue, vers la paralysie des institutions provinciales. Les faiblesses des uns à l’interne sont étalées sur la voie publique par les autres. Tout porte à croire que l’homme d’Etat serait en train de disparaître au profit de l’homme de soi. Le collègue cherche à se débarrasser de son collègue, il se sent soit étouffé, soit écarté de la gestion…et du coup le dysfonctionnement des institutions ne tarde pas à avoir des répercussions sur des paisibles citoyens dont l’espoir est tourné vers ceux qui sont divisés entre eux.

C’est une triste histoire. Remettre de l’ordre au sein des institutions devient une urgence nécessaire. Dans un contexte purement congolais, le jeu des motions et pétions ne résoudrait aucun problème. Les négociations pour faire taire les initiateurs des actions finiraient par secouer les caisses. Travailler en homme d’Etat en se supportant les uns, les autres et surtout être objectif est l’une des meilleures astuces pour garder les institutions stables.

Gilbert Mulumba