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Icor comme outil de planification de développement

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Le modèle Incrémental Capital Output Ratio (ICOR) constitue l’investissement requis pour accroître la capacité de production d’une unité physique, fut développé d’une manière indépendante par RF Harrod et ED Domar dans les années 1930s. Ce modèle repose sur une prémisse suivante : l’épargne (S) disponible est prêtée aux agents économiques pour des fins d’investissement productif (I).

Le modèle assume que le taux de croissance économique dépend du niveau de l’épargne mesuré par la propension moyenne à épargner (PME),

PME = Epargne/Revenu

Exemple :

Le revenu total = $1000 et l’épargne = $200. Dans ce cas PME = 200/1000 = 0.2

L’inverse de la productivité du capital est mesuré par ICOR qui est la hausse requise /la hausse du revenu. Par exemple, s’il faut $10 du capital pour produire $1 de production additive, ICOR sera 10/1 = 10. S’il faut $5 du capital pour produire $1 de production additive, ICOR sera 5/1= 5.

L’efficacité/efficience du capital est 1/5. En comparant avec l’exemple ci-dessus, on constate que le capital est deux fois plus efficient.

Il est très facile de calculer mathématiquement ICOR définie comme la croissance du stock du capital divisée par la croissance économique. Comme l’investissement est défini  comme la croissance du stock du capital, ICOR est égal à ‘l’investissement divisé par la croissance économique. L’investissement doit être égal à l’épargne et l’épargne au PME multiplié par le Produit Intérieur Brut (PIB).

I = S

S = PME * PIB

I = PME * PIB.

Si on divise les deux côtés de l’équation par PIB, on constate que le taux de croissance du PIB est égal au PME multiplié par ICOR. Si PME est de 12% et ICOR 3%, le taux de croissance du PIB serait de 4%.

Taux de croissance = ΔY/Y

ICOR = ΔK / ΔY = I / ΔY

ICOR * ΔY = I

I = S = PME * Y

ICOR * ΔY = PME * Y

ΔY/Y = PME / ICOR

Ainsi, le taux de croissance du PIB est égal à la PME divisé par ICOR.

Il faut faire la différence entre la propension moyenne à épargner (PME) et la propension marginale à épargner. La propension marginale à épargner est la part du revenu supplémentaire qui est consacrée à un supplément d’épargne. Si un revenu augmente de $100 et que l’épargne augmente de $20, la propension marginale à épargner est de 0.2 (20%).

L’ICOR est un indicateur de l’efficacité dans l’utilisation du capital : un ICOR élevé correspond à une utilisation inefficace des ressources en capital comparativement à un ICOR faible. Autrement dit, « une affectation de capital plus efficace peut substantiellement réduire l’effort d’épargne indispensable à une croissance soutenue ».

La bonne utilisation de l’épargne, autrement dit l’efficacité des investissements en termes de croissance dépend pour l’essentiel de la qualité des structures d’information des agents économiques : dans le schéma néoclassique, les prix sont le seul indicateur nécessaire pour déterminer un investissement : le prix des biens et services, les prix des facteurs de production, le taux d’intérêt, le taux de change.

En d’autres termes, dans le modèle Harrod-Domar, le taux de croissance ΔY/Y dépend de la propension marginale à épargner (PME) et du coefficient marginal de capital (c). Autrement dit, pour un taux de croissance de Y de 5%, il faut, pour un ICOR de 3 un taux d’épargne de 15% et pour un ICOR de 7 un taux d’épargne de 30 %.

L’ICOR souffre de deux faiblesses :

-sa nature linéaire ;

-exclut la substitution entre capital et travail et ne permet pas de quantifier les fluctuations des salaires réels ;

Les fondements théoriques du Modèle Harrod – Domar (H-D)

Au départ, le modèle H-D fut développé pour l’analyse des cycles d’affaires. Puis, il fut modifié pour expliquer la croissance économique. En général, la croissance économique dépend des facteurs de production (capital, travail) et de progrès technologique. Toutefois, le modèle H-D n’a qu’un seul facteur de production : le capital (K), pourquoi ?

Les pays en voie de développement (PVD) jouissent d’une abondance de facteur travail ou offre de travail, mais l’insuffisance du facteur capital est responsable de taux de croissance anémiques de beaucoup des PVD.

Les implications du Modèle Harrod – Domar (H-D)

Le volume et niveau d’investissement est la clé à l’expansion de l’activité ; 

-La productivité du capital est cruciale pour la croissance économique. : plus bas est le ratio capital/production, mieux c’est ;

En pratique, il est difficile de mobiliser l’épargne domestique/intérieure, particulièrement dans les pays où le revenu est faible. On recourt alors à l’épargne extérieure ou endettement intérieur.

Le taux de croissance économique (g) du modèle Harrold – Domar est tributaire du niveau de l’épargne (une épargne abondante peut financer de gros investissements), du ratio de capital et produit (output).

g = niveau d’épargne (s) / ratio du capital – output (k)

k = 1 / produit marginal du capital

Un k élevé signifie les investissements sont improductifs. Le ratio du capital-output (k) doit aussi prendre en compte la dépréciation du capital existant.

Les facteurs qui déterminent le taux de croissance (g) sont :

– ratio de l’épargne (s) ;

-efficience marginal du capital ;

-dépréciation du capital ;

L’épargne (s) alimente le stock du capital. L’efficience marginale du capital indique la productivité de l’investissement. Par exemple, si l’équipement (machines et outillages) coute $30 millions et accroit la production par $10 millions, le ratio du capital-output serait : 30/10 = 3.

Le taux de croissance g peut être erratique. Pour comprendre cette tendance, il faut que le taux d’épargne soit une proportion constante du revenu national (y) et que le ratio capital-output qui est dérivé de taux d’investissement, soit aussi une proportion constante du revenu national.

Il faut faire la différence entre le taux de croissance souhaitable (gs) et le taux de croissance garanti (gg). Le gs implique que toute l’épargne disponible finance l’investissement. Par exemple, $80 d’épargne est entièrement absorbée par l’investissement ($80 d’épargne = $80 d’investissement).  Supposons que le taux d’épargne est 10% et le ratio capital-output = 4. Ceci implique que $10 d’investissement accroit le produit par $2.5 (10/4). Ici, on assume que le ratio capital-output est constant.

Le taux de croissance garanti (gg) permet à l’économie de suivre un sentier d’équilibre. Sur ce sentier de croissance, les firmes planifient en permanence un montant d’investissement qui correspond exactement à la fraction du revenu national qui a été épargnée.

Le taux de croissance naturel est le taux qui produit le plein emploi. Si le taux de croissance de la force du travail croit à 3% par an, alors le taux de croissance économique doit être aussi à 3% par an pour maintenir le plein emploi. Toutefois, cette tendance implique que la productivité du travail reste constante. Cette assomption est irréaliste.

Les limites du modèle Harrod – Domar (H-D)

-Accroitre l’épargne dans les PVD n’est pas facile. Beaucoup des PVD ont des propensions marginales à épargner très faibles. Tout accroissement de revenu s’est traduit par une augmentation de la consommation. L’une des conséquences est le déficit d’épargne structurel ;

-Beaucoup des PVD n’ont pas un système financier d’intermédiation entre l’épargne et l’investissement. Une hausse de l’épargne ne conduit nécessairement pas à la disponibilité des fonds prêtables ;

-Les gains d’efficience qui peuvent réduire le capital-output ratio sont difficiles à réaliser par manque ou insuffisance de capital humain ;

-La Recherche et Développement (R&D) est généralement faiblement financée -illustrant la faillite du marché.

Pendant plusieurs décennies, tous les modèles de croissance économiques étaient des modèles croissance exogène. Ces modèles s’inspiraient et s’inspirent encore de la théorie de Robert Solow (prix Nobel d’économie en 1987), parue sous forme d’un article en 1956. Dans ce modèle, on retient seulement deux facteurs (capital et travail) et on suppose qu’ils sont substituables.

La productivité marginale de ces deux facteurs est positive et décroissante. Les rendements d’échelle (variation de la production par rapport à la variation des facteurs de production) sont constants. Alors que le facteur capital est endogène, le facteur travail est estimé en dehors du modèle, c’est-à-dire exogène. L’offre de travail dépend du taux de croissance de la population. Il n’y a aucune tension entre la demande et l’offre de travail, puisque qu’il y a plein-emploi. Le progrès technique est exogène et n’a aucune incidence sur les deux facteurs de production (capital et travail).

Toute la production (richesse créer) n’est pas consommée, une fraction –considérée constante- est épargnée. L’épargne (source d’accumulation de capital) joue un rôle déterminant dans ce modèle, mais uniquement sur le niveau d’équilibre du capital par tête et du produit par tête. L’épargne est égale à l’investissement. Le modèle calcule l’accumulation du capital par travailleur et en prédit l’évolution dans le temps. Le modèle de Solow, tout comme les modèles néo-classiques, qui s’en inspirent aboutissent à la même conclusion : il existe un régime de croissance équilibré, de plein emploi et que tout déséquilibre dans les marchés (marché du travail, marché des biens et services, etc) est transitoire et la solution du modèle convergera toujours –en dépit des déviations temporaires- vers l’équilibre stationnaire unique.

La force motrice de ces modèles, est incontestablement la croissance du capital par tête et la croissance du produit par tête. L’objectif de ces modèles de croissance exogènes, n’est pas d’expliquer la production, mais plutôt de quantifier et d’expliquer, l’augmentation du produit intérieur brut (PIB) par tête, c’est-à-dire la productivité.

Le PIB par tête, est utilisé de nos jours, non seulement comme un indicateur de productivité, mais surtout comme un indicateur du niveau de vie de la population, d’un pays donné. Or ces deux agrégats sont ‘tenables’ seulement à court terme. A long-terme, l’accumulation s’estompe et disparaît.

Ceci s’explique, par la nature de la fonction de production et des hypothèses sur lesquelles reposent ces modèles. D’un coté, l’offre de travail dépend du taux de croissance démographique, qui croit à un taux constant. De l’autre côté, la productivité marginale est décroissante. Comme le taux de croissance de la population, continue de croître, la seule façon, de maintenir la croissance du capital par tête, est d’apporter toujours plus de capital. Or, lorsque l’on accumule toujours plus de capital, le produit marginal qui en est tiré est toujours plus petit. A long-terme, le produit marginal deviendra nul et l’accumulation cessera.

Toutefois, malgré leurs limitations, les modèles de croissance exogène, furent et sont encore utilisés pour les prévisions et les simulations d’analyse des politiques publiques d’impacts, dans beaucoup des pays, y compris en Afrique.

Les modèles de croissance endogène, qui apparurent vers la fin des années 80, introduisirent (en plus du facteur capital et travail), d’autres facteurs de production comme la terre, les matières premières et l’énergie. Tout récemment, ces modèles prirent en compte, la notion d’externalités positives, qui sont fournies par la collectivité ou le pays : l’investissement en capital humain, l’investissement en organisation, en santé, en formation et apprentissage (éducation comme vecteur de transmission du savoir et de la connaissance), l’investissement en Recherche et Développement (source de l’innovation et de la compétitivité), l’investissement en infrastructure (appui indispensable à l’investissement privé).

Dans ces modèles, le progrès technique n’est pas exogène. Au contraire, le progrès technique est le produit des investissements en capital humain. La croissance économique n’est pas non plus exogène. Les modèles de croissance endogène partent d’un postulat simple : c’est la croissance économique, qui engendre elle-même, le progrès technique et non l’inverse comme la stipule, les tenants de la croissance exogène.

L’autre innovation des modèles de croissance endogènes, est liée à l’hypothèse de rendement des facteurs. Les modèles de croissance exogène, supposent des rendements de capital décroissants et des rendements d’échelle constants : si on double la quantité des facteurs de production, la production double aussi. Les modèles de croissance endogène, soutiennent que les rendements d’échelle sont croissants : si on double la quantité des facteurs de production, la production fera plus que doubler.

Trois économistes ont grandement contribué au développement de la théorie de la croissance endogène et par ricochet à la construction des modèles mathématiques de croissance endogène, qui incluent des facteurs de production, ignorés dans le passé.

Il s’agit de Romer (1986) qui s’est focalisé sur le facteur Recherche&Développement, Robert Lucas (1988, prix Nobel d’économie en 1995) qui a introduit le capital humain dans la fonction de production et Barro (1990) s’est intéressé à l’apport du capital public sur la croissance économique.

Les modèles de croissance exogène, considèrent le taux de croissance de l’économie (PIB) et les prix relatifs comme des variables exogènes. Or ces deux variables sont déterminantes dans la lutte contre la pauvreté. Ces modèles sont incapables d’analyser l’incidence des politiques économiques, sur la pauvreté.

Modèles de croissance exogènes Modèles de croissance endogènes
1.                Taux de croissance de l’économie, exogène

2.                Progrès technique exogène

3.                Le facteur travail exogène

4.                Le facteur capital endogène

5.                Taux de croissance de la population, exogène

6.                Rendements d’échelle constants (la production augmente ou diminue dans la même proportion que les facteurs de production utilisés)

7.                Rendement du capital décroissant

 

 

 

8.                Rémunération du capital = productivité marginale du capital

9.                Rémunération du travail = productivité marginale du travail

10.           Absence des externalités positives et leurs contributions à la croissance

11.           Capital humain (éducation et formation, vecteur de transmission du savoir et connaissances, source de la productivité future) exogène

12.           Recherche&Développement (source de l’innovation et de la compétitivité) exogène

13.           Capital public (investissement public en infrastructures physiques ; routes, ponts et chaussées, barrages hydroélectriques, télécommunications) exogène

14.           Le taux d’épargne n’a pas d’influence sur le rythme de l’accumulation, mais uniquement sur le niveau d’équilibre du capital par tête et du produit par tête

15.           Le progrès technique engendre la croissance

16.           Les prix relatifs, exogène

Comme les modèles de croissance exogène considèrent le taux de croissance du PIB et les prix relatifs, exogènes (les deux importants instruments de lutte contre la pauvreté), ces modèles ne peuvent évaluer, quantifier et analyser, les incidences des politiques économiques sur la pauvreté.

17.           Elasticité de substitution rigide

18.           Distribution des revenus, exogène

 

1.                Taux de croissance de l’économie endogène

 

2.                Progrès technique endogène

3.                Le facteur travail endogène

4.                Le facteur capital endogène

5.                Taux de croissance de la population, exogène

6.                Rendements d’échelle croissant (la production varie de façon plus importante que la variation des facteurs de production utilisés)

7.                Rendement du capital constant (ceci signifie que plus on investit, plus la croissance augmente, puisque l’efficacité de ce capital ne fléchit pas)

8.                Rémunération du capital = productivité marginale du capital

9.                Rémunération du travail = productivité marginale du travail

10.           Prise en compte des externalités positives et leurs contributions à la croissance

11.           Capital humain (éducation et formation, vecteur de transmission du savoir et connaissances, source de la productivité future) endogène

12.           Recherche&Développement (source de l’innovation et de la compétitivité) endogène

13.           Capital public (investissement public en infrastructures physiques ; routes, ponts et chaussées barrages

Hydroélectriques, télécommunications) endogène

14.           Le taux d’épargne a une influence directe sur le rythme de l’accumulation

 

15.           La croissance engendre le progrès technique

 

16.           Les prix relatifs, endogène. Quand le prix relatif des facteurs se modifie, le rapport des facteurs utilisés change, toutes choses égalent ailleurs. Si par exemple, le prix du facteur travail (w) augmente plus vite que celui du capital, le rapport d’utilisation des facteurs (K/L) aura tendance à augmenter pour un niveau de production donné. Il est intéressant de mesurer la réaction du rapport des facteurs à l’accroissement des prix de ceux-ci

17.           Elasticité de substitution souple

18.           Distribution des revenus, endogène

 

ICOR et le concept de modélisation  

Cette section a pour but de faire un bref rappel des concepts courants, souvent utilisés dans la littérature empirique de modélisation.

On y trouve des concepts comme :

Modèle linéaire (la variation de la variable dépendante est proportionnelle à la variation de la variable explicative),

modèle log-linéaire (le taux de variation de la variable dépendante est proportionnel au taux de variation de la variable explicative) ;

Modèle exponentiel (le taux de variation de la variable dépendante est proportionnel à la variation de la variable explicative) ;

Modèle logarithmique (la variation de la variable dépendante est proportionnelle au taux de variation de la variable explicative) ;

-Modèle semi-log (la variable dépendante est prise en logarithme alors que les variables explicatives sont simplement linéaires) ;

Modèle non-linéaire (les variables du modèle ne sont pas linéaires mais ses paramètres sont linéaires) ;

-Modèle à une équation (représentation du modèle par une seule équation : la variable dépendante dépend d’une ou plusieurs variables explicatives ou indépendantes) ;

-Modèle à équations multiples (équations reliées entre elles au travers de variables figurant dans plusieurs équations) ;

-Modèle à équations simultanées (les phénomènes économiques de quelque complexité sont décrits par un ensemble de variables, mais leur modélisation requiert en général plus d’une relation, ou équation, reliant ces grandeurs, on parle alors de modèles à équations simultanées) ;

-Modèle à équations récursifs (un modèle à plusieurs équations est dit récursif lorsqu’il ne comporte pas de phénomènes de causalité réciproque ou circulaire) ;

-Modèle auto régressif (AR) : un processus autorégressif est un modèle de régression pour séries temporelles dans lequel la série est expliquée par ses valeurs passées plutôt que par d’autres variables ;

-Modèle moyenne mobile (MA) : en statistique, les modèles ARMA (modèles autorégressifs et moyenne mobile), ou aussi modèle de Box-Jenkins, sont les principaux modèles de séries temporelles. Étant donné une série temporelle Xt, le modèle ARMA est un outil pour comprendre et prédire, éventuellement, les valeurs futures de cette série ;

-Modèle ARMA (mobile auto régressive : utilise des moments du premier ordre qui sont invariants au cours du temps) ;

-Modèle ARIMA (moyenne mobile auto régressif intégré : apte d’utiliser les séries non stationnaires après avoir déterminé le niveau d’intégration (le nombre de fois qu’il faut différencier la série avant de la rendre stationnaire) ;

-Modèle uni varié décrit les variables une par une, indépendamment de leur interaction ;

-Modèle multivarié est la prise en compte de problèmes de simultanéité et de l’interdépendance des variables ;

-Modèle vectoriel auto régressif (VAR) : ne comporte que des variables endogènes (il n’y a pas de  variables exogènes). Ensuite, le modèle VAR (tout comme les modèles ARMA et ARIMA) ne repose sur aucune théorie économique. Enfin, les modèles ARIMA et VAR ne peuvent capturer que des phénomènes linéaires. Or certains agrégats macroéconomiques sont liés par des relations non-linéaires) ;

Modèle vectoriel à correction d’erreur (VECM) : En économétrie des séries temporelles, lorsque nous souhaitons modéliser une variable non stationnaire à l’aide d’une seule variable explicative elle aussi non stationnaire, nous avons recours à ce que l’on appelle un modèle à correction d’erreur ;

-Modèle ARCH (hétéroscédasticité conditionnelle auto régressif) : prise en compte des phénomènes de forte volatilité qui entache quelques séries temporelles (par exemple les séries financières) et l’incorporation des variances conditionnelles dépendant du temps, qui aide à capturer la volatilité (variabilité instantanée mesurée par la variance conditionnelle) des séries ;

-Modèle à retards infinis permet de traduire le fait que l’influence d’une variable économique sur une autre est généralement étalée sur plusieurs périodes tout en étant peut être décalée dans le temps ;

-Modèle d’Equilibre Général Calculable (EGC) (un modèle de simulation visant à donner une représentation de l’ensemble des transactions d’une économie de marché. Le modèle utilise des données économiques réelles pour estimer comment une économie pourrait réagir à des changements de politique, de technologie, de ressources, ou d’autres facteurs externes.) ;

-Tableaux d’Entrée-Sortie (TES) (est un des tableaux des comptes nationaux. Il analyse chacun des produits de la nomenclature selon l’origine (production nationale ou importations) et sa destination (consommation finale, exportations, investissements) ;

-Modèle log-log ou double log (Un modèle log-log ou double log, appelé aussi « modèle à élasticité constante, est caractérisé par la présence de logarithme dans tous les deux membres des équations) ;

-Les modèles de données de panel (modèle à effets fixes individuels, modèle à effets aléatoires individuels) ;

-Il faut ajouter les modèles à variables qualitatives binaires et les modèles à variables dépendantes limitées, notamment les modèles PROBIT, LOGIT et TOBIT et d’autres modèles comme modèle à décalage géométriques, modèle quadratique, modèle canonique et modèle dynamique linéaire bayésien ;

Il faut faire la différence entre les modèles quasi-comptables et les modèles comportementaux. Même quand les modèles quai-comptables reflètent la Comptabilité Nationale, les faiblesses de ces modèles subsistent.

L’exemple de l’Afrique tombe à point nommé. Les prévisions macroéconomiques africaines sont généralement effectuées à l’aide de modèles bouclés plus rudimentaires, dits ” quasi-comptables ” parce que, fondés sur les TEE et TES de la Comptabilité Nationale, ils intègrent très peu de relations de comportement mais reproduisent mécaniquement, selon la méthode de Leontief, la structure comptable issue du passé.

Utiles à l’élaboration de budgets économiques ou de trajectoires à moyen terme sous certaines hypothèses de croissance du PIB et des exportations, ces modèles quasi-comptables s’avèrent en revanche incapables de rendre compte de réallocations sectorielles générées par les réformes structurelles et, par suite, d’évaluer correctement les politiques d’ajustement.

Pour tester leur efficacité et utilité, les modèles doivent être soumis à des rigoureux tests de validation qu’on réfère souvent comme simulation.

Il y a y a deux sortes des simulations : simulation statique et simulation dynamique. La simulation statique –lors de processus de résolution- utilise les valeurs des variables endogènes retardées.

Le grand avantage de la simulation statique est que les erreurs ne s’accumulent pas et toute différence –pour chaque période- entre les valeurs observées et simulées des variables, est directement imputable au modèle.

De ce point de vue, la simulation statique offre une méthode simple et claire pour la validation du modèle (test de convergence). La simulation statique est imparable pour la solution du modèle pendant la période historique (nombre des données statistiques couvrant la période historique), à cause de sa capacité à reproduire presque fidèlement les valeurs observées du modèle. Toutefois, cette approche est totalement inapplicable pour la période de projection, simplement parce que les valeurs observées des variables endogènes –pendant la période de prévision- demeurent inconnues.

La simulation dynamique peut être groupée en deux catégories : la simulation dynamique déterministe et la simulation dynamique stochastique. La simulation dynamique déterministe comporte un processus de résolution, dans lequel les valeurs des variables endogènes retardées générées par le modèle sont utilisées dans les périodes successives.

La simulation dynamique stochastique est de loin, plus performante et plus puissante que la simulation dynamique déterministe. Cependant, cette approche, exige pour chaque équation du modèle, la spécification d’une distribution de probabilité pour les résidus ou termes d’erreur additifs et pour chaque coefficient estimé et ensuite répéter le processus de simulation plusieurs fois, afin de s’assurer de la validité du modèle (convergence du modèle).

Concepts de la Planification de Développement 

A la fin de la deuxième guerre mondiale, le monde fut divisé entre pays à économie de marché sous la houlette des Etats-Unis d’Amérique et pays à économie centralisé et planifié dont l’URSS fut le gendarme. Ces deux modèles socio-économiques rivalisaient et prétendaient qu’ils offraient le meilleur modèle pour le bien-être de leurs peuples respectifs.

Le marché soufre de quatre faillites : les biens publics, l’asymétrie de l’information, les externalités et le monopole.

Les planificateurs de développement visent à maximiser la productivité du capital quand le ratio capital-output est faible au lieu de minimiser l’intensité du capital qui traduit généralement un faible ratio capital-travail.

Le ratio du capital -output (production) est le montant du capital dont on a besoin pour produire une unité de production (output). Par exemple, supposons que l’investissement est estimé à 32% du PIB et la croissance économique correspondant à ce niveau d’investissement est 8%. Le ratio capital-output est 32/8 = 4. Ceci implique pour produire une unité de production (output), il faut 4 unités de capital.

L’ICOR est aussi très important pour la planification de développement.  Supposons que le Gouvernement vise 9% de taux de croissance l’année prochaine. Les planificateurs savent que ICOR du pays est 4. Dans ce cas, les investissements requis doivent accroitre de 36% (9 * 4).

Comment définir une stratégie de développement sous contrainte des ressources financières et humaines ?

Dans beaucoup des pays, il y a beaucoup des défis à relever. Tout est prioritaire et urgent :

-réaliser une croissance économique inclusive et distributive, combattre le chômage et les inégalités de revenu en créant des emplois ;

-assoir les conditions optimales pour le développement des ressources humaines qui passe par l’éducation (formation) et la santé ;

-développer des infrastructures physiques (routes, pont et chaussées) susceptible de soutenir la croissance ;

Il faut une stratégie de développement de tous les secteurs productifs et les secteurs de service.  Il faut identifier les secteurs économiques qui peuvent constituer des pôles de croissance et de développement.

Les pays africains dépendent d’un ou deux produits d’exportation. Par exemple pour un pays qui exporte du pétrole brut, on retrouve ce produit dominant toute la structure de production du pays. Le pétrole fournit également l’essentiel des revenus et recettes budgétaires. Le pétrole domine aussi la balance des paiements. Le surplus ou déficit du compte courant (indicateur crucial pour le marché de change) est déterminé par les recettes d’exportations. La variation de réserve de change, indicateur cruciale pour le financement des importations des biens de consommation courantes et durables, des biens intermédiaires et des biens des capitaux, dépend cruellement des sources de financement extérieurs qui apportent des devises :

OFFRE ou entrée des devises =

exportations + transferts reçus des migrants + investissement direct étrangers (IDE) + dons principalement l’aide publique au développement (APD)

SORTIE des devises =

importations + paiement des intérêts de la dette extérieure + transferts expédiés

En République Démocratique du Congo (RDC) comme dans beaucoup des pays africains, les économies léguées par les colons sont restées les mêmes. L’Afrique pourvoyeuse des matières premières brutes qui n’ont aucune valeur-ajoutée. Peu des produits sont transformés sur place. On exporte du pétrole brut, du diamant brut, etc. Les pays africains n’ont aucune emprise sur les prix de ces produits qui sont déterminés par l’offre et la demande sur le marché mondial mais aussi par des facteurs géostratégiques et géopolitiques.

Il suffit qu’il y ait détérioration des termes de change pour que ces pays soient précipités dans la récession économique et dans certains cas avec des crises des balances  des paiements.

En Afrique comme ailleurs le facteur déterminant pour promouvoir la croissance est incontestablement l’investissement productif

Les pays élaborent des codes d’investissement et améliorent leur climat d’affaires pour attirer les investissements étrangers susceptibles de combler l’insuffisance des investissent intérieurs notamment étatiques (secteur public) et privés (entreprises locales).

Compte tenu de la faiblesse du secteur privé local les gouvernements prônent souvent le joint-venture. En terme moins ésotérique, la joint-venture a lieu quand deux entreprises des pays différents décident de produire ensemble des biens et services ou quand il y a prise de participation significative d’une entreprise étrangère.

Pour attirer les entreprises étrangères, le code d’investissement offre souvent des avantages douaniers, fiscaux et parafiscaux. Quand une entreprise étrangère s’implante dans un pays –quelle que soit la forme joint-venture ou participation, les négociations tournent souvent sur la répartition des profits et des transferts unilatéraux. La répartition de profit contribue à la détérioration du compte courant de la balance des paiements (compte des transferts) et de réserve de change du pays hôte. Tout comme les transferts unilatéraux. Les multinationales amènent leurs cadres aux pays ou elles opèrent. Ces cadres ont des dépenses courantes et même récurrentes à assumer, ils envoient une grande proportion de leurs salaires dans leurs pays d’origine. Le transfert de technologie pose aussi problème. Si la technologie est à haute intensité du capital, l’impact sur la création des emplois sera négligeable et l’absorption de ladite technologie par les cadres et ouvriers locaux sera faible. Par contre si la technologie est à haute intensité du travail, les cadres et les ouvriers du pays hôte peuvent en bénéficier via l’embauche.

Investissement et l’amélioration du climat des affaires

L’amélioration du climat des affaires repose sur les indicateurs suivants :

Création d’entreprise 

Il concerne l’ensemble des procédures exigées par les autorités publiques, notamment le coût et le délai qu’un entrepreneur utilise pour créer une entreprise

 

Permis de construire :

Cet indicateur mesure : les procédures, les coûts et le temps nécessaire pour la construction d’un entrepôt commercial, ainsi que la qualité de la réglementation en matière de construction, les régimes de responsabilité et d’assurance pour les vices cachés, l’efficacité du contrôle de qualité et des mécanismes de sécurité, et les exigences de certification professionnelle.

Accès à l’électricité

Il est relatif à l’ensemble des procédures qu’une entreprise doit effectuer afin d’obtenir un raccordement électrique permanent

Titre de propriété 

Ce sont les procédures, les délais et les coûts nécessaires pour une entreprise (de format juridique SARL) pour acheter la propriété d’une autre entreprise (SARL) et transférer le titre de propriété en son nom.

Obtention de crédit 

Cet indicateur évalue la protection juridique des prêteurs et des emprunteurs dans le cadre des transactions sécurisées, ainsi que le reportage des informations sur le crédit par le biais de plusieurs sous-indicateurs.

Protection des actionnaires minoritaires

Dans le cas de conflits d’intérêts, cet indicateur mesure le niveau de protection des investisseurs minoritaires, ainsi que les droits des actionnaires dans la gouvernance d’entreprise.

Paiement des impôts 

Cet indicateur comprend l’ensemble des impôts et taxes qu’une entreprise de taille moyenne doit payer ou qui lui sont retenus chaque année (Impôt sur le revenu / bénéfices, l’impôt foncier, la taxe sur les transactions financières…), ainsi que l’ensemble des démarches administratives nécessaires pour leur paiement et le respect des procédures de post-déclaration d’impôts.

Commerce transfrontalier 

Il recense les coûts et les délais relatifs au processus d’exportation et d’importation des marchandises.

Respect des contrats 

Dans le cas d’un litige commercial, il mesure le coût et le temps nécessaire pour la résolution de ce dernier, en général cet indicateur évalue la qualité et l’efficacité du système judiciaire.

Traitement de l’insolvabilité 

Il étudie le coût, les délais et le résultat des procédures d’insolvabilité pour les entreprises nationales, ainsi que la force du cadre juridique applicable aux procédures de liquidation et de redressement judiciaires.

Emploi des salariés 

Cet indicateur prend en considération des employés ainsi que des équipes dirigeantes vis-à-vis de l’entreprise,

Contrats avec l’Etat 

Cet indicateur mesure la capacitée de l’Etat d’honorer ses engagements

Analyse du rapport « Doing Business » 2020

Selon le rapport « Doing Business » 2020 de la Banque Mondiale (BM), qui évalue le climat des affaires dans 190 pays : 115 pays ont amélioré leur climat des affaires parmi lesquels l’Arabie Saoudite, Jordanie, Togo, Bahreïn, Tadjikistan, Pakistan, Koweït, Chine, Inde et Nigeria.

Le rapport souligne que « l’Afrique subsaharienne demeure l’une des régions dont les performances sont les plus médiocres en matière de correction » de ses handicaps. Il cite en exemple les difficultés persistantes du commerce maritime. Le cout moyen des formalités pour une exportation par bateau s’élève à 2223 dollars en République Démocratique du Congo (RDC), à 1633 dollars au Gabon et à 354 dollars au Benin. Le temps moyen de ces formalités est de 200 heures au Cameroun ou en Côte d’Ivoire, mais à peine de 10 heures à Singapour.

Selon la BM, les économies où l’environnement des affaires est le meilleur

Selon l’étude, les dix économies du monde les plus performantes du point de vue de la facilité de faire des affaires sont la Nouvelle-Zélande (avec un score de 86,8 sur 100), Singapour (86,2), la RAS de Hong Kong en Chine (85,3), le Danemark (85,3), la République de Corée (84), les États-Unis (84), la Géorgie (83,7), le Royaume-Uni (83,5), la Norvège (82,6) et la Suède (82).

Toujours, selon la BM, les économies où l’environnement des affaires s’est le plus amélioré en 2019

Le rapport classe également les pays en fonction de la progression de leur climat des affaires. Doing Business 2020 constate ainsi que les dix économies qui se sont le plus améliorées dans ce domaine sont l’Arabie saoudite, la Jordanie, le Togo, Bahreïn, le Tadjikistan, le Pakistan, le Koweït, la Chine, l’Inde et le Nigéria.

L’Arabie saoudite a créé un guichet unique pour la constitution d’une société et supprimé l’obligation pour les femmes mariées de fournir des documents supplémentaires lorsqu’elles demandent une carte d’identité. Le pays a également rationalisé et fusionné les processus de pré-immatriculation et de post-immatriculation.

Avec trois réformes, la Jordanie se classe pour la première fois parmi les principales économies réformatrices. Le pays a renforcé l’accès au crédit en introduisant une nouvelle loi sur les transactions sécurisées, en modifiant la loi sur l’insolvabilité et en mettant en place un registre des garanties unifié, moderne et sur déclaration. En outre, la Jordanie a facilité le paiement des impôts en instaurant la déclaration et le versement en ligne des taxes sur le travail et d’autres contributions obligatoires.

Avec trois réformes de sa réglementation, le Togo figure dans le top 10 des pays les plus réformateurs pour la deuxième année consécutive, et pour la troisième fois en cinq ans. Les autorités ont aboli l’obligation de légalisation devant notaire des statuts d’une société et réduit le délai d’immatriculation d’une entreprise. Elles ont également simplifié le mécanisme d’obtention d’un permis de construire, facilité le raccordement au réseau électrique ainsi que les processus d’enregistrement des propriétés foncières et d’obtention de prêts.

Voici un aperçu des réformes entreprises dans les autres économies qui ont le plus progressé :

  • le Bahreïn a facilité l’accès à l’électricité : il est désormais plus rapide et moins cher d’être raccordé au réseau et la fourniture d’électricité est plus fiable ;
  • le Pakistan a facilité l’enregistrement des biens en accélérant et en simplifiant l’enregistrement des actes de propriété et en améliorant la transparence du système d’administration foncière ;
  • le Tadjikistan a favorisé l’accès au crédit avec le lancement d’un registre des garanties unifié, moderne et sur déclaration ;
  • le Koweït a renforcé la protection des investisseurs minoritaires en instaurant un préavis de 21 jours pour convoquer les assemblées générales ;
  • la Chine a simplifié le paiement de l’impôt en mettant en œuvre un traitement prioritaire pour définir les taux d’imposition du bénéfice des petites entreprises et des sociétés aux profits très restreints, entre autres mesures ;
  • l’Inde a facilité le commerce transfrontalier en réduisant les coûts et les délais associés aux formalités et à la documentation nécessaire ;
  • le Nigéria a facilité l’exécution des contrats en améliorant la qualité des procédures judiciaires.

Des réformes plus ou moins nombreuses dans toutes les régions

En un an, 115 économies du monde ont engagé au total 294 réformes de nature à améliorer l’environnement des affaires.

La région Moyen-Orient et Afrique du Nord est parmi les plus performantes, avec 57 réformes réglementaires permettant de faciliter l’activité des entreprises. Les pays du Golfe, particulièrement actifs, ont mis en œuvre 35 mesures. Par ailleurs, quatre économies de la région sont parmi les dix plus réformatrices du monde.

Ainsi, l’obtention d’un permis de construire dans la région prend en moyenne 28 jours de moins que dans les pays à revenu élevé de l’OCDE. Les domaines dans lesquels les évolutions réglementaires ont été les plus marquées sont le raccordement à l’électricité et le traitement des permis de construire. Toutefois, obtenir un crédit est toujours plus difficile au Moyen-Orient et en Afrique du Nord que partout ailleurs dans le monde.

En outre, les obstacles auxquels se heurtent les femmes souhaitant créer une entreprise sont généralisés dans la région.

Les économies d’Europe et d’Asie centrale ont encore accéléré une dynamique déjà soutenue, avec l’adoption de 56 réformes destinées à améliorer le climat des affaires.

Parmi les 20 économies figurant en tête du classement sur la facilité de faire des affaires, deux sont situées dans la région Europe et Asie centrale : la Géorgie (7e) et la Macédoine du Nord (17e).

La région a engagé neuf réformes dans le domaine du paiement des impôts et 22 pays ont mis en place des systèmes de déclaration en ligne des revenus depuis le lancement de l’étude Doing Business.

En outre, six réformes portant sur l’exécution des contrats ont été mises en œuvre. Les économies de la région se distinguent aussi par la facilité d’enregistrement des biens fonciers : les coûts de transfert de propriété y sont en moyenne inférieurs à ceux des économies à revenu élevé de l’OCDE.

L’élan des réformes s’est maintenu dans nombre de pays d’Asie du Sud, l’Inde et le Pakistan se classant ainsi parmi les pays les plus réformateurs. L’Inde a procédé à quatre réformes, notamment pour faciliter l’obtention d’un permis de construire, et le Pakistan a engagé six réformes, dont l’amélioration de l’accès à l’électricité. Toutefois, l’Afghanistan, le Bhoutan, les Maldives et le Sri Lanka n’ont introduit aucune réforme réglementaire. Le règlement d’un différend commercial dans la région prend en moyenne près de deux fois plus de temps que dans les économies à revenu élevé de l’OCDE.

Si le climat des affaires est relativement favorable dans la plupart des pays d’Asie de l’Est et du Pacifique, le rythme des réformes s’est ralenti par rapport aux années précédentes. En effet, moins de la moitié des économies de la région (12 sur 25) ont fait évoluer leur réglementation.

Il n’en reste pas moins que l’Asie de l’Est et Pacifique compte cinq économies parmi le top 25 du classement : Singapour (2e), RAS de Hong Kong en Chine (3e), Malaisie (12e), Taïwan en Chine (15e) et Thaïlande (21e). Classée au 31e rang, la Chine a gagné plusieurs places et figure pour la deuxième année consécutive dans le top 10 des pays qui ont le plus progressé.

Les 16 économies des Caraïbes ont réalisé un nombre record de 19 réformes, et 11 d’entre elles ont amélioré leur climat des affaires, principalement grâce à des mesures facilitant la création d’entreprise, le raccordement à l’électricité, le paiement des impôts et l’exécution des contrats.

L’Amérique latine affiche des performances inférieures à celles des autres régions du monde. Aucun pays ne figure dans la liste des 10 principaux réformateurs depuis deux ans et aucune économie d’Amérique latine ne se classe parmi les 50 premiers pays du monde pour la facilité de faire des affaires.

Le Mexique, qui reste l’économie la mieux classée (au 60e rang), n’a pas introduit d’amélioration majeure dans l’environnement des affaires pour la seconde année d’affilée. Quelques pays d’Amérique latine se distinguent cependant. La Colombie a mis en œuvre 37 réformes au total depuis 2005 et continue d’être le pays le plus réformateur de la région. Classé au 67e rang mondial, le pays a engagé trois réformes majeures au cours de la période de 12 mois se terminant le 1er  mai.

De l’intérêt de réformer

Depuis le lancement de l’étude Doing Business il y a 17 ans, 178 économies ont mis en œuvre 722 reformes portant sur la création d’entreprise et la réduction ou l’élimination des barrières à l’entrée sur le marché. En dépit de ces améliorations, il subsiste cependant des écarts considérables entre économies développées et en développement pour la plupart des indicateurs mesurés.

Pourtant, les bénéfices des réformes sont évidents. Dans les pays qui obtiennent de bons résultats selon les indicateurs de Doing Business, les entreprises sont bien plus dynamiques, ce qui permet de créer de meilleurs emplois et d’augmenter les recettes publiques comme les revenus. En revanche, là où des procédures réglementaires longues et complexes entravent l’activité, la tentation peut être grande de recourir à la corruption pour faire avancer les démarches.

Les résultats de l’étude Doing Business 2020 vient montrer que dans la quasi-totalité des économies du monde il est possible de simplifier les règles et d’accélérer les procédures pour faciliter les affaires, libérer l’esprit d’entreprise et permettre à l’activité économique d’atteindre son plein potentiel.

Climat des affaires : la RDC s’inspire du Togo

(Togo First) – Crédité d’un bond de 59 places dont 40 dans le Doing Business (DB) 2020, le Togo sert désormais de modèle pour ses pairs africains.

Le pays qui était le Top Reformer en Afrique et le 3ème au monde en 2020, a accueilli le 25 octobre dernier, une mission de la Cellule du climat des affaires (CCA) de la République Démocratique du Congo (RDC), venue s’inspirer de ses expériences en matière d’amélioration du climat des affaires et des facteurs de ses succès dans le classement DB de la Banque mondiale. Dans cette optique, une séance d’échanges à Lomé, a permis le 28 octobre aux cadres de la CNSS de présenter à leurs vis-à-vis, l’ensemble des réformes impulsées dans son système de gestion.

Notamment, les présentations ont été axées sur cette institution (CNSS) et sa mission, les innovations digitales en matière d’immatriculation et de recouvrement des cotisations sociales. Les réformes afférentes au système interne de gestion, notamment pour ce qui concerne les services en ligne, la Gestion électronique des documents et la Communication ont été également développées.

Source : Séna Akoda, Togo & First : 30 octobre 2020

Edouard Nsimba

Expert International en Modélisation Mathématique et Analyse des Politiques Publiques