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Journalisme responsable, étique et et professionnel : Patrick Muyaya interpelle les professionnels des médias !  

Journalisme responsable, étique et et professionnel : Patrick Muyaya interpelle les professionnels des médias !   

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‘’Dans le contexte de terreur imposée par les milices terroristes qui déciment les populations congolaises à l’Est du pays, face à la crise de la pandémie de la COVID- 19 qui déstabilise la planète entière, l’information vérifiable et fiable peut récréer le lien social et sauver des vies.  A  l’inverse, la diffusion des informations non vérifiables et peu fiables peut engendrer davantage de drames dans un monde en quête de résilience. Face aux menaces qui peuvent planer sur la liberté des journalistes et des médias, seul le professionnalisme reste le bouclier. Je veillerai personnellement, durant mon passage, à promouvoir l’exercice de la liberté d’expression dans le respect strict des lois de la République pour contribuer à l’essor d’un journalisme responsable, éthique et professionnel’’, a  déclaré hier,   Patrick Muyaya Katembwe, Ministre de l’Information et Médias, Porte-parole du Gouvernement, à l’occasion de la journée internationale de la liberté de la Presse. A tout prendre, il sensibilise, interpelle et recommande une série d’attitudes que les professionnels des médias doivent  observer dans l’exercice harmonieux de leur métier au quotidien. 

Discours de son Excellence Monsieur le Ministre de la Communication et des médias à l’occasion de la Journée  Internationale de la liberté  de la presse

Lundi 3 mai 2021

Mesdames et Messieurs de la presse,

Distingués invités,

J’allais dire « chers confrères » tellement je me sens en famille parmi vous. Je suis heureux d’être avec vous aujourd’hui pour célébrer la Journée Internationale de la Liberté de la Presse, la première depuis ma nomination en tant que Ministre de la Communication et des Médias, Porte-parole du Gouvernement.

Je voudrais profiter de cette occasion pour remercier le Président de la République, Son Excellence Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, et le Premier Ministre, Son Excellence Jean-Michel SAMA LUKONDE KYENGE, pour le choix porté sur moi afin de diriger ce Ministère « stratégique » en cette période particulière de l’histoire de notre pays.

C’est aussi l’occasion de vous remercier pour la demande que vous avez exprimée au cours de votre rencontre avec le Chef du Gouvernement, lors des consultations, celle d’avoir un Ministre qui connaisse bien le secteur, un professionnel. Je considère donc ma nomination comme une réponse à cette requête. Et que désormais, nous pouvons tous ensemble apporter et faire aboutir les réformes nécessaires pour nous permettre d’assainir le secteur des médias.

Bien avant d’aller dans le vif de mon propos, je voudrais rappeler que c’est il y a exactement trente ans, que les professionnels des médias, réunis à Windhoek à l’initiative de l’UNESCO, signaient la déclaration pour une presse africaine indépendante et pluraliste. C’est donc des terres africaines qu’est partie l’initiative de célébrer, chaque 3 mai la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse, consacrée par la résolution de l’Assemblée Générale des Nations-Unies depuis décembre 1993.

«L’information comme bien public » est le thème de cette célébration. Par bien public, j’entends une propriété commune que nous devons tous respecter et protéger. Se fondant sur l’article 24 de notre Constitution, qui dispose que : « Toute personne a droit à l’information. La liberté e presse, la liberté d’information et d’émission par la radio et la télévision, la presse écrite ou tout autre moyen de communication sont garantis sous réserve du respect de l’ordre public, de bonnes mœurs et des droits 2 d’autrui », le Gouvernement s’est engagé de manière ferme à promouvoir et à protéger ce droit. C’est dans cette optique que dans son Programme il prévoit, entre autres :

− la poursuite et le parachèvement des réformes législatives et structurelles du secteur de la presse et de la communication. Cela passe notamment,  par l’adoption et la promulgation de la loi révisée portant sur l’exercice de la liberté de la presse en RDC et la loi sur l’accès à l’information ;

− la consolidation du cadre de collaboration et de concertation entre le Gouvernement et les structures professionnelles des médias ainsi que les organes de régulation ;

− l’instauration d’un cadre de médiation de différends pour prévenir et, éventuellement, régler les conflits pouvant opposer les professionnels des médias aux pouvoirs publics ;

− le renforcement des capacités des professionnels des médias par des séminaires et formations ainsi que la viabilisation des organes de presse. La dépénalisation des délits de presse demeure un objectif commun. Nous devons faire ce chemin ensemble dans la sincérité et dans la responsabilité.

Vous savez tous, aussi bien que moi, que notre métier est infiltré par ceux qu’on appelle des moutons noirs qui, régulièrement, font du dérapage et ternissent l’image de notre profession. Si nous voulons parvenir à cette dépénalisation, nous devons renforcer nos structures de régulation et d’autorégulation.

En attendant une loi plus moderne et plus protectrice, je vais soumettre au Gouvernement la proposition d’un moratoire sur les arrestations de journalistes pour des faits de presse.

Mesdames et Messieurs,

Distingués invités,

Aucune de ces réformes ne pourra se faire sans un travail collectif efficace, en amont, et sans une remise en question du modèle des médias que nous avons développés jusqu’ici. La bonne nouvelle est que, dans un avenir proche, se tiendront à Kinshasa les états généraux de la presse qui réuniront les acteurs concernés par la problématique des médias. Du reste, je salue votre implication dans la préparation de ces assises que mon Ministère compte organiser.

Ce cadre nous offrira l’occasion de parler, à la fois, de la nature de nos médias, de leur évolution et de leur devenir en cette période où l’information court à la vitesse de l’éclair et où la pratique du métier peut se faire en partant simplement d’un smartphone.

Nous devons mettre en œuvre des textes qui nous permettent de nous projeter et nous assurer que ce secteur demeure le poumon principal de la respiration de notre démocratie, de l’attractivité économique et de l’amélioration de l’image de marque de notre pays.

C’est ici l’occasion de dire que nous devons sérieusement nous remettre en question. Car, c’est à travers les médias que se façonnent l’image d’un pays et d’un peuple. Quelle est l’image de notre pays aujourd’hui ? Que pouvons-nous faire pour l’améliorer ? 3 Le Gouvernement a la ferme volonté de changer le narratif et la manière de raconter le Congo. Ne se passe-t-il pas de bonnes choses chez nous ?

N’avons-nous pas de petits champions dans tous les domaines à mettre en avant pour inspirer nos jeunes ? N’ya-t-il pas d’autres histoires à raconter que nos polémiques politiciennes ? Autant de questions qui mettent sur la sellette la nature de notre contribution pour le développement de notre pays. La pauvreté du pays, c’est elle qui, est aussi à la base de la pauvreté des médias. Dans la marche vers notre développement, nous avons un rôle capital à jouer. Ne l’oublions pas.

Mesdames et Messieurs, Distingués invités,

«La gouvernance à l’ère des réseaux sociaux » nous impose d’adapter totalement l’organisation de la communication gouvernementale. A ce propos, le Premier Ministre a tracé la boussole devant l’Assemblée nationale, je le cite : « la communication sera donc utilisée comme le vecteur de la redevabilité, de la citoyenneté et de la construction de l’unité nationale. » L’avènement des réseaux sociaux, la vitesse de la circulation des informations, avec notamment les fakes  news, prennent de court tous les Gouvernements du monde. La seule parade face à cela, c’est l’obligation de la transparence. Les structures étatiques actuelles ne permettent pas de répondre pleinement à cette exigence tant sur le plan légal qu’organisationnel. Ma mission, c’est aussi celle de mettre en place, d’adapter et de moderniser le circuit d’informations du Gouvernement.

L’obligation de redevabilité nous impose d’être proactifs pour répondre aux exigences de plus en plus grandissantes de nos populations. C’est un immense chantier. C’est dans cet esprit que nous comptons commencer par les médias publics pour en faire un véritable miroir des efforts consentis pour apporter le changement. Il faut non seulement moderniser les infrastructures, mais il faut surtout renforcer les capacités de son personnel et les adapter aux nouvelles technologies. Le secteur privé emboitera le pas. Je suis le Ministre de la parole, mais je serai surtout le Ministre de l’écoute. Parce que sans elle, aucune ambition n’est possible. Le Ministère sera donc à votre entière disposition pour recevoir vos avis. Mesdames et Messieurs, Distingués invités, Je ne saurai clore mon propos sans aborder la question de l’état de siège pour lequel nous attendons les détails qui seront définies par Ordonnance Présidentielle. A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle.

Ça fait plus de 20 ans que nos populations de l’Est sont décimées, que l’autorité de l’Etat est affaiblie et bafouée. Cela ne peut plus continuer. Le moment venu, nous aurons le temps d’y revenir. Mais je voudrais ici attirer l’attention des professionnelles des médias que l’exercice de votre métier ne vous exonère pas de votre devoir patriotique de soutenir nos Forces armées et notre Police. Nous devons privilégier la cohésion et les médias sont les vecteurs dont on a besoin en ce moment pour y arriver. Nos frères des provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri où se déploiera cet état de siège ne devraient pas se sentir seuls et isolés. Nous avons tous un devoir de solidarité et de soutien à leur endroit. Et les médias ont aussi la mission d’accompagner cet effort de cohésion.

Mesdames et Messieurs, Distingués invités,

Dans le contexte de terreur imposée par les milices terroristes qui déciment les populations congolaises à l’Est du pays, face à la crise de la pandémie de la COVID- 19 qui déstabilise la planète entière, l’information vérifiable et fiable peut récréer le lien social et sauver des vies.

A  l’inverse, la diffusion des informations non vérifiables et peu fiables peut engendrer davantage de drames dans un monde en quête de résilience. Face aux menaces qui peuvent planer sur la liberté des journalistes et des médias, seul le professionnalisme reste le bouclier. Je veillerai personnellement, durant mon passage, à promouvoir l’exercice de la liberté d’expression dans le respect strict des lois de la République pour contribuer à l’essor d’un journalisme responsable, éthique et professionnel.

C’est sur ce propos que j’invite tous les professionnels des médias à tirer profit du régime de la liberté de la presse pour faire de l’information un bien public au service de l’humanité. Je vous remercie.

Patrick MUYAYA KATEMBWE

Ministre de la Communication et des Médias

Porte-Parole du Gouvernement