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Union Africaine, état de siège/RDC : Jean-Marc Châtaigner réaffirme les engagements de l’UE aux priorités du mandat de Félix Tshisekedi

Union Africaine, état de siège/RDC : Jean-Marc Châtaigner réaffirme les engagements de l’UE aux priorités du mandat de Félix Tshisekedi

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*‘’Le partenariat entre l’Union européenne et la République démocratique du Congo ne se situe donc pas seulement sur le terrain politique, économique ou social : la culture en est un élément essentiel. C’est d’ailleurs un des sujets, je ne trahis pas de secret diplomatique, qui ont été longuement discutés par le Chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et le Président du Conseil Européen Charles Michel dans le cadre des priorités de la présidence congolaise de l’Union africaine’’, a déclaré en substance l’Ambassadeur de l’Union en RD. Congo lors de la fête de l’Europe organisée à l’Académie des Beaux-Arts à la Gombe.

Pour lui, en effet,  ‘’cette Journée de l’Europe est ainsi l’occasion de lancer officiellement notre nouveau projet de trois ans avec le réseau des instituts culturels nationaux de l’Union européenne. Connu sous le sigle « EUNIC », ce réseau regroupe l’Institut français, le Centre Wallonie-Bruxelles, le Goethe-Institut, auxquels sont ici associés à Kinshasa les Ambassades du Portugal, d’Espagne et d’Italie. A travers ce nouveau projet, le réseau EUNIC va notamment poursuivre son soutien à l’Académie des Beaux-Arts. Ceci passe notamment par la fourniture d’équipements (qui nous remettrons officiellement tout à l’heure), mais aussi par des échanges avec des artistes et des spécialistes africains et européens. La culture est l’affaire de tous : artistes et amateurs, hommes et femmes, citoyens, jeunes, autorités publiques et politiques. Que cette célébration de la journée de l’Europe soit l’occasion de le réaffirmer tous ensemble !’’, a-t-il ajouté.

Etat de siège 

‘’Nous devons mieux conjuguer nos actions nationales et internationales, militaires et civiles, et tous nos instruments d’intervention pour éradiquer l’économie de guerre, redonner confiance aux communautés, rendre justice pour tous les crimes commis, prévenir les conflits fonciers et pastoraux, et donner l’opportunité aux combattants de renoncer aux armes et se réinsérer dans la vie civile, pour autant qu’ils n’aient pas commis de crimes de guerre. Nous prenons acte de la décision souveraine de la République démocratique du Congo de promulguer l’état de siège dans ses deux provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. L’état de siège ne portera ses fruits que s’il respecte les règles fondamentales du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’Homme. Il doit aussi être une occasion décisive de renforcer la synergie de nos approches politique, de sécurité et de développement. Dans ce combat pour le retour à la paix, il y a un autre adversaire, que nous ne devons pas sous-estimer, celui de la désinformation et des rumeurs. Il s’agit d’un poison savamment distillé par certains pour mieux masquer leurs propres turpitudes et semer le trouble et la confusion. Tout un chacun peut bien sûr avoir ses propres opinions, discuter par exemple du mandat de la MONUSCO, remettre en question l’efficacité de certaines interventions humanitaires et de développement, contester tel ou tel aspect de nos politiques européennes. Mais manipuler certaines images, comme on l’a fait après la mort de l’ambassadeur Luca Attanasio, déformer des propos, inventer et rapporter des faits imaginaires, instrumentaliser les sentiments de façon populiste pour laisser accroire que la communauté internationale serait responsable de la crise dans l’est, me paraît inconscient, pour ne pas dire criminel’’, a-t-il, par ailleurs,  soutenu.

Plus loin, dans ce même discours, il a rappelé que ‘’les enjeux de développement de la République démocratique du Congo ne se résument évidemment pas à Kinshasa et aux provinces en conflit de l’Est. Depuis mon arrivée en septembre 2019, j’ai eu la chance de pouvoir visiter le Sankuru, le Kongo central, le Haut-Katanga, le Sud-Kivu, le Nord-Kivu, la Tshopo, le Nord-Ubangui et le Bas-Uélé. Je me rendrai à la fin du mois au Kasaï et au Kasaï central. Je crois savoir que d’autres invitations m’attendent. Chacun de mes déplacements me permet de découvrir de nouvelles facettes de votre magnifique pays, dont les ressources sont loin, très loin, de se résumer à son sous-sol. C’est un incroyable paradoxe que la République démocratique du Congo soit parmi les pays les plus pauvres du monde, que des millions de personnes y connaissent encore une grave insécurité alimentaire, alors que les ressources agricoles, forestières, hydrauliques, énergétiques, abondent’’.

‘’Je n’oublierai pas de mentionner l’humain, qui est pour moi la plus grande richesse de toute nation. Aucun pays ne peut se construire sans s’appuyer sur ses talents et valoriser toutes ses capacités. Le développement humain, l’investissement dans l’éducation et la formation professionnelle sont au cœur de toute dynamique de développement. Les jeunes diplômés d’aujourd’hui sont les entrepreneurs de demain, les décideurs et les créateurs de richesse d’après-demain. Tout doit être fait pour que ces énergies créatrices puissent être libérées et s’exprimer.

Je souhaite clôturer mon intervention en évoquant une autre ressource, parfois méconnue, je veux parler de l’immensité du champ culturel congolais. Quand on dit « culture » on pense bien sûr au patrimoine congolais, que ce soit sa musique – la Rumba congolaise pourrait être inscrite d’ici décembre 2021 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité -, la danse, la littérature, la peinture et les arts plastiques, si magnifiquement représentés dans l’académie qui nous accueille. Mais la culture est aussi un élément essentiel de la prévention et la gestion des conflits. La culture vivante, notre héritage culturel, matériel et immatériel, forgent notre identité, nos récits communs et notre rapport au monde. Enfin, la culture est source d’emploi et de revenus, ce qui a fait surgir le concept « d’industries culturelles’’, a-t-il précisé.

LPM