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Denise Nyakeru honore Mpongo Love à titre posthume 

Denise Nyakeru honore Mpongo Love à titre posthume 

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Jamais une Première Dame de la République n’a reconnu la valeur artistique de Mpongo Love dans l’histoire du Congo-Démocratique. Et pourtant, cette chanteuse légendaire de la Rumba a beaucoup contribué à l’émergence de la culture congolaise sur la scène internationale. 34 ans après sa disparition, c’est Denise Nyakeru Tshisekedi qui fait l’exception.  L’épouse du Chef de l’Etat vient d’inscrire son nom dans la lettre de noblesse de la musique congolaise. La mère de la Nation a honoré Mpongo Love à titre posthume dans le cadre de son concept « Congo au Féminin » qui vise à récompenser les femmes ayant marqué l’histoire du pays depuis l’Indépendance. Le vendredi 7 mai dernier, Mme Denise Nyakeru et son équipe de la Fondation Denise Nyakeru ont effectué une visite surprise à la résidence familiale de Mpongo Love à Kinshasa. A son arrivée, la Première de la RDC a été accueillie avec fracas par Sandra Mpongo, fille aînée de l’illustre disparue ainsi que toute la famille Mpongo. Elle est également Présidente de la Fondation qui porte le nom de sa défunte mère.  Une ambiance bon enfant a caractérisé cette visite qui a été une occasion pour la famille de présenter quelques effets que la légende chanteuse congolaise portait sur scène pendant son épopée.

Pour sa part, l’épouse de FATSHI Béton a remis un diplôme de mérite artistique à titre posthume à la fille de la chanteuse pour l’ensemble des œuvres immortelles léguées au patrimoine culturelle du pays. Comme toujours, Denise Nyakeru a remis une enveloppe pour soutenir les actions de la Fondation Mpongo qui œuvre pour l’assistance des femmes vivant avec handicap et autres désœuvrées. Voix suave, absolument captivante, ayant fait irruption sur la scène internationale de la musique africaine dans les années 1970, Mpongo Love de son vrai Alfride Landu Mpongo-Zola restera une chanteuse de charme qui aura marqué son époque et  a laissé les plus belles notes dans les annales de la musique congolaise moderne.

Découverte au hasard d’une conversation au téléphone avec le saxophoniste et auteur compositeur EmpompoLowayDeyesse qui deviendra aussitôt son encadreur, Mpongo Love se révéla très rapidement comme une valeur sûre de la musique congolaise féminine.
On retiendra qu’elle s’était lancée de manière professionnelle  dans la musique à l’âge de 19 ans et avait créé l’orchestre Tcheke Tcheke Love avec son mentor et compagnon, Empompo Lowaï. Le tube qui va la faire connaître dans son « pays est Pas possible » en 1976. Les mélomanes découvrent alors cette voix pure mélancolisée, venant d’une jeune femme avec un handicap mais pas pour cela complexée.

L’icône de l’émancipation des femmes vivant avec handicap qu’a représentée M’Pongo Love a su se frayer un chemin grâce à des compositions qui resteront à jamais ancrées dans l’histoire de la rumba congolaise.

Née le 27 août 1956 à Boma en RDC, l’artiste renommée autant par sa beauté que par sa voix, a laissé huit albums et une multitude de chansons. M’Pongo Love, on se souvient d’elle en effet par des morceaux tels que « Bakaké », « Mokili compliqué », « Vivre avec toi », « Femme commerçante », « Fétiche M’Pongo », ou encore la chanson « Niekesse » du tout dernier album, « Partager », produit par Syllar Records.

La chanson « Ba kake » de Diabanza, que Mpongo Love a interprété avec une sensibilité inouïe, est un vrai classique.

La presse qui s’émerveilla à l’écoute du beau répertoire de Love la baptisa « La voix la plus limpide du Zaïre».

Fauchée la maladie, Mpongo Love a quitté la terre des hommes mourra le 15 janvier 1990 à Kinshasa. C’est année 2021, la légende de la musique féminine totalise 31 ans dans l’au-delà. Et, le Congo culturel ne l’oubliera à jamais.

Jordache Diala