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«Allah akbar !»

«Allah akbar !»

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Un policier mort brûlé, un musulman tué, 49 blessés dont 15 graves, 19 véhicules incendiés, 30 interpellations. C’est le bilan tragique dressé suite à l’affrontement entre deux groupes musulmans, Chiites et Sunnites congolais, ce jeudi 13 mai à la clôture du Ramadan dans l’enceinte du Stade des Martyrs à Kinshasa. «Allah akbar !», autrement dit «Allah (Dieu) est [le] plus grand !», scandaient les tueurs de l’agent de police.

Ramadan de sang. Qu’est-ce qui explique cette montée exponentielle de l’intolérance ? Le fondamentalisme musulman est-il en train d’élire domicile dans la ville-province de Kinshasa à l’instar d’autres parties de la Planète ? Ces fidèles ne se sont pas limités là. Ils sont allés incendiés la résidence du président de leur communauté dont il conteste le leadership. Très vite, les commanditaires de cette flambée de violence doivent être retrouvés, jugés et châtiés pour stopper ce nouveau cycle de violence.

Pourtant, la veille, le Gouverneur de Kinshasa, Gentiny Ngobila, avait initié une médiation en vue de réconcilier les frères ennemis, deux leaders religieux musulmans, le président, Cheikh Abdallah Mangala, et le secrétaire général, Cheikh Dibondo. Les deux se disputent le titre de Représentant légal de l’islam en RDC depuis des mois. Les détracteurs du Cheikh Abdallah dont le domicile a été vandalisé affirment qu’il a été porté frauduleusement à la tête de la Communauté islamique du Congo (COMIC0). Ça fait 18 ans qu’il conduit cette structure.

D’après le Général Sylvano Kasongo, la police de la capitale a payé un lourd tribut de ces affrontements suscités par la dispute de deux imams de diriger la prière de clôture. Une vive tension a aussi été observée dans la ville de Tshikapa dans le Kasaï. La ville de Bunia en Ituri avait autrefois vécu pareil drame. Malheureusement, ce bilan macabre est enregistré le jour de l’Aïd qui est considérée comme la plus grande fête musulmane qui clôture le Ramadan. Chaque année, elle commémore le sacrifice par Abraham d’un bélier dont Dieu avait décidé qu’il compensait le sacrifice de son fils.

Ces rixes interviennent dans un contexte particulier. L’état de siège est proclamé dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Des Gouverneurs militaires secondés par des policiers y ont pris le contrôle des opérations pour faire face à une guerre asymétrique, le terrorisme, qui ne cesse de faire couler le sang des Congolais depuis des lustres. Des experts redoutent la métastase parce que ces forces disparates peuvent se déplacer vers d’autres parties du pays, pourquoi pas à Kinshasa pour y semer la terreur. Aussi, les FARDC seraient-elles plongées dans une guerre d’usure, un enlisement à l’issue incertaine. Il faut donc frapper fort afin de dissuader les ennemis et les mettre hors d’état de nuire et que la paix revienne.

La Pros.