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L’affaire Bukanga Lonzo ou comment le Professeur Tryphon Kin-kiey Mulumba se sauva à Berlin de l’oracle du Premier ministre Augustin Matata Ponyo

L’affaire Bukanga Lonzo ou comment le Professeur Tryphon Kin-kiey Mulumba se sauva à Berlin de l’oracle du Premier ministre Augustin Matata Ponyo

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COMMUNIQUE DE PRESSE

Maintenant que le couvercle de la marmite commence peu à peu à être enlevée dans l’affaire Bukanga Lonzo avec le rejet par des ministres Matata de toute responsabilité dans ce scandale d’une décennie congolaise faillie alors qu’on mobilise la planète contre l’Inspection Générale des Finances, qu’on cherche à traumatiser son Inspecteur Général-Chef de Service Jules Alingete Key – un vrai Antonio Di Pietro de la Mani pulite – pour l’abattre quand ils font un travail de salut public du type mani pulite, je souhaite déclarer que d’une part, mes ennuis avec l’ancien Premier ministre qui m’avait sélectionné et recruté après une interview en ses bureaux du ministère des Finances, ont commencé avec mon arrivée au ministère des Télécommunications, le 28 avril 2012 même s’il n’avait pas réussi à me révoquer étant entré le même jour au Gouvernement et sorti le même jour du Gouvernement quand il en a fait partir allègrement des Vice-premiers ministres et des ministres clé.

Je déclare que tous les contrats fibre optique et autres avaient été signés par mes prédécesseurs et par le ministre des Finances Augustin Matata Ponyo Mapon.

Et ce projet fibre optique avait échoué après sa surfacturation (plus de 12 millions de $US pour l’érection du point d’atterrage de Muanda quand il n’en fallait que 3 millions) et après qu’un individu ait retiré en espèces, en pleine journée, sur simple présentation de permis de conduire, 3 millions de $US de la banque BIAC en faillite et empoché cette somme partagée par la mafia.

Le Président d’alors Joseph Kabila ordonna à Pierre Lumbi Okongo d’ouvrir une enquête criminelle qui abouti à l’arrestation de trois des complices jetés aussitôt au cachot au CNS et contraints au remboursement de cette somme volée.

Dans le groupe de cette association des malfaiteurs, des noms : Augustin Matata Ponyo Mapon, un pasteur, Daniel Ngoy Mulunda, alors président de la CENI, la Commission Electorale Nationale Indépendante, un diplomate étranger, le D-G de la SCPT.

Voilà pourquoi Joseph Kabila avait mis le Premier ministre hors circuit de ce point d’atterrage même le jour de son inauguration, le  8 juillet 2013, ne traitant le dossier qu’avec le ministre des PTNTIC qui réussit l’incroyable miracle par l’usage du fouet contre l’entreprise italienne qui avait reçu les fonds de l’Etat, la pressant de réaliser le nouvel ouvrage selon les normes internationales.

Le Point d’atterrage Muanda est une fierté nationale même si le départ des câbles jusqu’à Kinshasa avait posé problème et continue à poser problème mais, à nouveau, les contrats avaient été offerts par le ministre Matata et ses collègues du Gouvernement, bien avant mon arrivée au ministère, à des Chinois à l’époque fortement protégés.

Malgré qu’il ait combattu ce projet fibre optique, le Premier ministre décidait de gérer personnellement, par un compte séquestre ouvert dans une banque commerciale, tous les fonds issus de l’usage de ce réseau par les entreprises des télécommunications.

L’IGF de tous les espoirs devrait pouvoir ouvrir ce dossier fibre optique et les entendre aujourd’hui ce groupe de criminels.

Mon autre conflit majeur que j’ai eu avec mon Premier ministre : c’est mon refus de signer à Berlin, devant lui, face à moi, au siège berlinois de Siemens, un contrat des centaines de millions de € portant sur un projet d’informatisation des services publics de l’Etat.

Alors que je revenais d’une mission officielle à Dubaï, j’ai été quasiment de force « enbeded », dans l’avion du Premier ministre, depuis Bruxelles où il était arrivé la veille, sans savoir ce que j’allais faire à Berlin plutôt que de regagner Kinshasa où m’attendaient des dossiers d’Etat.

Quelle ne sera pas ma surprise quand le lendemain, à Berlin, le protocole me réveille pour me prier de prendre place, à bord d’une exceptionnelle limousine Mercedes, la direction de Siemens où la délégation officielle congolaise conduite par le Premier ministre, qui comptait notamment le ministre Justin Kalumba Mwanango et son directeur adjoint Vincent Ngonga, est arrivée pour 07:00’ pour le petit déjeuner.

Au menu du petit déjeuner,  le Premier ministre m’adressa un oracle: signer, devant la Haute Direction de Siemens et des personnalités politiques allemandes proches de Mme Merkel, ce contrat.

Calmement et avec des mots exceptionnellement choisis, j’expliquai à l’assemblée réunie dans une sorte de salle de classe, dans cette cité Siemens, la procédure légale à suivre : inviter éventuellement des représentants qualifiés de Siemens à venir concourir à Kinshasa avec d’autres entreprises, soumettre les dossiers aux commissions interministérielles et enfin, espérer aller au Conseil des ministres.

Ce fut un tremblement de terre que j’assumais. La rupture entre nous.

Et je comprends dans quel piège tendu certains de mes collègues sont tombés notamment dans ce dossier de Bukanga Lonzo avec le ministre le plus concerné en charge de l’Agriculture Jean-Chrysostome Vanamuwiti Mukesyajira qui vient de diffuser enfin un communiqué chargeant littéralement l’ex-Premier ministre.

Mais le meilleur pour moi fut certainement la finale : alors que la firme française Orange faisait disparaître des centaines de millions de $US aux usagers congolais par notamment la minorisation de ses déclarations et que le régulateur avait proposé au ministre une pénalité légale de plusieurs millions de $US à l’opérateur français, le Premier ministre fit venir à Kinshasa le PDG français très fortuné d’Orange Stéphane Richard et annula la pénalité privant le Trésor public d’un fonds important, après un tête-à-tête avec celui qui fut le Directeur de cabinet de Mme Justine Lagarde mêlés sous Sarkozy dans un scandale qui n’en finit pas, celui dit du Crédit Lyonnais-Bernard Tapie.

A ceux qui se soucient des criminels économiques dont nos chefs religieux catholiques passés à l’Université Mapon de Kindu pour vanter des œuvres, de revoir un peu leurs copies en laissant l’Inspection Générale des Finances et la justice de notre pays faire son travail.

Car « tout ce qui brille n’est pas or ».

Kinshasa, 13 mai 2021.

Prof. Tryphon Kin-kiey Mulumba