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Corruption dans les universités congolaises, une gangrène qui détruit de la relève de la RDC

Corruption dans les universités congolaises, une gangrène qui détruit de la relève de la RDC

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(Une enquête de   Chantal KABASUA et Bernadette Kamango)

 Phénomènes de monnayage des points communément appelé  branchement, perte des côtes des interrogations ou des examens, suivi, et pire points sexuellement transmissibles sont les embûches que confortent la majorité des étudiants congolais  sur leur  cursus universitaire pour assurer leur réussite. Il s’agit là de différentes  formes de corruption instaurées sur les sites universitaires et instituts supérieurs de la Ville-Province de Kinshasa pratiquée entre les étudiants et le corps enseignant, principalement le professeur ou l’assistant. Désigner le corrupteur et le corrompu ressemble à  aller à la recherche d’une aiguille dans du foin vu que les uns et les autres s’accusent mutuellement d’être les auteurs de cette antivaleur. Seulement, au final, les universités en RDC sont actuellement considérées comme des machines à produire des pseudos illettrés et des chômeurs. L’observation est que par la suite, l’intégration des jeunes  diplômés universitaires en milieu professionnel laisse à désirer pour plusieurs recruteurs. La plupart des finalistes ont du mal à faire face au mode du travail. C’est là une ressource humaine en perdition pour le développement national alors que la jeunesse congolaise représente 60% de la population dont environ 40% dot l’âge varie entre  20 et 25 ans sont aux études.

 

La corruption en milieu estudiantin réalité ou rumeur ?

 

La RDC regorge de plusieurs universités et instituts supérieurs  qui assurent des enseignements dans différentes filières. S’il y a des années, on pouvait apprécier le produit sorti  et formé de ces structures éducatives, de nos jours, la tendance a fortement baissé. Le niveau de l’enseignement supérieur et universitaire n‘est plus le même. Les mauvaises pratiques ont envahi les lieux et s’y sont installées. On peut citer par exemple le monnayage  des côtes, l’achat obligatoire des syllabus et des questionnaires des travaux pratiques et des interrogations, pire les points sexuellement transmissibles avec les étudiantes qui consiste à l’échange des points contre des faveurs sexuelles ou à du harcèlement sexuel. Cette dernière pousse beaucoup de jeunes filles l’abandon des études et entrave leur avenir. Ces  antivaleurs qui sont devenues au fil des années pour certains étudiants, une véritable garantie pour passer de promotion. Elle est également une source de revenus sûre pour certains enseignants (professeurs, chefs de travaux, assistants,…).

Le système de l’enseignement supérieur et universitaire congolais, miné par la corruption qui s’y est développée sous plusieurs formes au fil des ans,   inquiète de plus en plus.  Les diplômés  en sorte à la fin de leurs études avec des lacunes dans leur formation d’une durée de cinq ans pour l’obtention de la licence. Autrefois considéré comme un instrument permettant d’ouvrir l’ascenseur social, le diplôme universitaire apparait aujourd’hui comme un simple papier destiné à orner le mur.

Cependant, alors qu’il est largement fait écho de cette forme de corruption dans  la majorité des sites universitaires et instituts supérieurs à Kinshasa, les concernés interrogés à ce propos donnent des avis mitigés. Si certains, des enseignants  en particulier,  affirment farouchement que ce ne sont que des rumeurs en argumentant qu’il n‘existe aucune preuve probante à ce sujet, d’autres au contraire, étudiants comme professeurs,  confirment la pratique.

L’enseignement de masse à la base de la corruption à l’université selon quelques enseignants

 Professeur des langues à l’Universitaire de Kinshasa (Unikin) et ancien ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Kutumisa Kyota a publié un ouvrage sur la lutte contre la corruption en milieux universitaires congolais. Celle-ci est due notamment au nombre élevé d’étudiants, selon lui. «Il n’est pas normal qu’un professeur puisse encadrer mille à deux mille  étudiants. C’est humainement impossible», a-t-il estimé. Le surnombre d’étudiants dans une promotion conduit toujours au clientélisme et au monnayage des points, a affirmé Kutumisa Kyota, proposant de ramener les effectifs des étudiants à un niveau effectivement contrôlable afin de garantir l’efficacité lors des contrôles et des délibérations.

Parmi ceux qui confirment l’existence de la corruption dans les universités, figure le Secrétaire Général Académique de l’Université Panafricaine, Pr. José Bamenikio Kuelumuenamo,  qui épingle pour sa part que le principal nœud du problème réside d’abord dans  la moralité de chacun. Rencontré dans son bureau, ce professeur  indique que la corruption est une réalité présente partout dans le monde sous différents aspects et en ce qui concerne celle à l’université, celle-ci est bien réelle dans les universités congolaises.

Pour en expliquer les causes, ce dernier compare les conditions d’études de son époque dans les années 1980 à celles d’aujourd’hui. Durant cette période, les étudiants étaient subventionnés. Ils avaient la  bourse. Leur logement, leur restauration, leur moyen de transports et autres étaient pris e charge par l’Etat. Il y avait même des bibliothèques bien fournies en ouvrages pour eux. Puis, ajoute – il, à un certain moment, est arrivé l’enseignement de masse. Il se souvient avec amertume : ‘ … alors que nous, nous n‘étions que  quarante dans mon auditoire de la première année en architecture, aujourd’hui ce même auditoire dans lequel j’ai étudiais et où j’enseigne reçoit six cents étudiants toujours sur la même surface. D’où, pour lui, le problème e se situe pas uniquement dans

la corruption mais également  du cadre et de l’environnement de l’enseignement. Le Secrétaire Général Académique signifie que c’est ainsi qu’il est devenu difficile pour un professeur de bien suivre de près  un étudiant dans son cours et de connaître sa bonne évolution ou non. Aujourd’hui avec huit cent ou mille étudiants dans une promotion, l’enseignant a du mal à évaluer les étudiants. Ce dernier peut présenter  son travail, le professeur ne saura pas si c’est vraiment lui qui l’a réellement fait. Ce qui ‘était pas le cas d’antan où le professeur connaissait chacun de ses étudiants. La surpopulation dans les auditoires n ‘est pas propice à un environnement sain pour l’enseignement. En plus, renchérit l’académique en période des examens, on donne par exemple un délai d’une semaine au professeur pour le dépôt des corrections. Avec autant de copies, corriger huit cent papiers est compliqué. C’est de cette manière que  pour couper cours, il y a recours à des pratiques non acceptables en milieu intellectuel  et qui malheureusement commence à être accepté même par la population ce qui constitue un danger pour la génération à venir. Il s’agit par exemple de la vente des syllabus. Un étudiant se voit accordé des points par rapport à cet achat. Mais, la forme de corruption sur laquelle il faut absolument être intransigeant et expulser l’enseignant du corps académique est le cas des points sexuellement transmissibles qui est une violation inadmissible des droits de la femme martèle le Secrétaire Général Académique.

Autre problème évoqué par l’autorité académique, est la précarité de conditions d’existence de l’enseignant universitaire dont la rémunération  laisse à désirer.

Pour sa part, le Secrétaire Exécutif de l’Agence Nationale Assurance Qualité de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, Constant Nkiama, en sa qualité de professeur émet un avis mitigé à cette question. Pour lui, il faut des preuves pour appuyer ses affirmations.

Toutefois, il est d’avis que si de telles pratiques existent, il faut lutter contre ses vices. La corruption, surtout celle relative aux  points sexuellement transmissibles, sont des pratiques qui ne peuvent être entendus, ni vécu sur le site universitaire. Cependant, son agence reçoit des plaintes des antivaleurs qui sévissent sur les sites universitaires. Le Pr. Kiama met surtout l’accent sur l’investissement dans le capital humain. Chaque université et institut supérieure devrait se regarder en face et dire s’il est fier du produit qu’il déverse sur le marché de l’emploi.

L’Agence Nationale Assurance Qualité de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, située à l’Université de Kinshasa, UNIKIN, a été créée par décret numéro 18/003 du 28 février 2018 après le constat amer  fait par le Pr.Mashako  Mamba e 2009 selon lequel plusieurs institutions universitaires  et supérieures ne remplissaient pas les critères de viabilité. Plusieurs d’entre eux avaient été fermées sous son impulsion.

Cette structure est installée dans toutes les universités et instituts supérieurs à travers le monde. Elle joue un grand rôle sur la performance des uns et des autres en ce qu’elle stimule la compétitivité.

Pour éviter l’échec au cours, l’étudiant poussé à la corruption

 Echouer n‘est plus une alternative dans le cursus académique de l’étudiant. Il faut réussir coute que coute. D’où, pour parvenir à cet objectif, ces derniers peuvent déployer des stratégies qui touchent à la moralité.

A la question de savoir pourquoi les étudiants se sentent poussés à recourir à la corruption pour assurer leur réussite, beaucoup pointent du doigt leurs professeurs qui, selon eux, feraient exprès de composer des questionnaires difficiles pour amener ceux qui échoueront  à les contacter pour un éventuel branchement ou autre. ‘ Certains de nos profs, donnent des cotes uniquement si vous avez acheté son syllabus. Ceux qui ne l’ont pas fait, sont contraints de courir après lui pour aller négocier avec lui …’ déclare une étudiante  qui a requis l’anonymat.S’exprimant à ce propos, King, étudiant en première année dans une université publique de la place, affirme être désemparé face à la contrainte de l’achat des syllabus  par certains de leurs professeurs. ‘ Ces syllabus coutent chers. Beaucoup d’entre nous manquons d’argent pour en acheter. Moi, je suis découragé et c’est pourquoi je n‘ étudie plus, du mois pour cette année.’

D’autres cependant fustigent plutôt la paresse des étudiants qui préfèrent la facilité au lieu de l’effort intellectuel. Eux-mêmes vont vers les professeurs ou les assistants. Sur ce point, quelques enseignants déplorent le comportement des CP, chefs de promotion. Selon, le Secrétaire Général Académique de l’Université Panafricaine, ces derniers se renseignent sur les faiblesses des différents professeurs auprès de leurs ainés des promotions supérieurs. Ensuite, après avoir fait une liste de certains professeurs ou assistants supposés corruptibles, ils initient des cotisations auprès des étudiants de sa promotion durant les périodes des interrogations ou examens  pour constituer une enveloppe à remettre à leur remettre pour réussir à leur cours. Ils se rendent  discrètement auprès d’eux pour leur déposer la cagnotte. Parfois, ces montants peuvent s’élever à 500$ voire 1000$. Il faut donc avoir une moralité ou un caractère fort pour ne pas succomber à la tentation. Pour sa part, il dit chasser de son bureau ce genre de chef de promotion et a une certaine compréhension envers l’un de ses collègues qui ne résiste pas bien qu’il n‘encourage aucunement cette attitude car ceci jette le discrédit sur  la profession. ‘Cependant, les loups ne se mangent pas entre eux ! ‘ répond-il avec amertume. ‘Pourtant, poursuit –celui-ci, il y a une époque où il était difficile à u étudiant de s’approcher d’un professeur tellement il était considéré comme la sommité des sommités. Aujourd’hui, il est  le copain de tous les étudiants’.

Une autre astuce à laquelle certains étudiants véreux recourent pour s’assurer les bonnes grâces d’un enseignant, consiste  à lui rechercher des étudiantes que ceux-ci lui proposent. Dans ce cas, l’initiative peut venir de l’un comme de l’autre. Un professeur ou un assistant peut en effet solliciter les services d’un de ses étudiants pour le faire approcher d’une étudiante. Au cas, où cette derrière ne se montrerait  pas coopérative, elle sera sujette à des représailles menaçant ses études. Il s’agit là du phénomène des points sexuellement transmissibles. Ici, tout le monde s’accorde que cette violation des droits de la femme est inadmissible et que les auteurs de cette pratique doivent être révoqués de l’enseignement sans aucune forme de procès. Ici, il est également reproché aux étudiantes de s’exposer elle-même par leur accoutrement en profitant du manque de rigueur  dans la discipline vestimentaire dans certaines universités et en particulier  privées. Elles font tout pour se faire remarquer de leur enseignant pendant le cours en s’asseyant au-devant de l’auditoire. D’autres s’inventent de petits services à lui rendre comme par exemple lui servir du café ou autres pourvu que ce dernier tombe dans son jeu.

Toutefois, quelques centres d’enseignement supérieur se distinguent à l’instar de l’Université Catholique Congolaise, UCC, où leurs étudiants  affirment ignorer ce genre de situation sur leur campus. Ceux-ci, dont aussi  l’Université Panafricaine, enseigne avec  le système LMD, Licence Master Doctorat. A l’UCC, principalement, les syllabus et les travaux sont envoyés en ligne en PDF aux étudiants. Ceci évite le contact direct entre les étudiants et les professeurs. Tout est compris dans les frais du minerval dont l’achat des syllabus.

Qui est le corrupteur et le corrompu en milieu estudiantin?

En République Démocratique du Congo, la corruption est définie dans la loi n°5-009 du 22 septembre 2009 qui porte également sur la concussion, la fraude et les infractions assimilées. Le chapitre 1 et 2 dans les sections 1 et 2 y prévoit les incriminations  et les sanctions.

D’après Stéphane Kezza, juriste de son état, la corruption est une infraction pénale.

 ‘ C’est un comportement malhonnête ! ’ indique celui-ci. Elle n‘est pas à confondre à la concussion. Dans les deux cas, il concerne le fonctionnaire. La différence entre les deux est que dans la corruption, selon l’expert,  le fonctionnaire n‘exige pas obligatoirement de lui remettre ou payer quelque chose en contrepartie d’un service à rendre. Ce dernier peut plutôt faire l’objet d’une sollicitation du particulier.  Il n‘impose pas. Il y a plutôt une entente entre les parties. Au contraire de la concussion, le fonctionnaire conditionne un service public au paiement d’une taxe alors que ce service n ‘en exige pas ou, s’il en faut, celui-là en exige au-delà du montant à percevoir.

Dans le milieu universitaire, Stéphane Kezza remarque que c’est dans le langage courant qu’on  parle de corruption. Mais, d’après lui, c’est quand il s’agit d’un enseignant fonctionnaire qu’il faut parler de corruption. Mais, en général, ici, il peut s’agir d’une extorsion, d’une escroquerie, d’un abus de confiance. C’est l’ensemble de ces infractions  connexes, selon le juriste, qui peuvent être répertoriés dans le cadre des pratiques qui se passe dans les universités où on conditionne la réussite par le paiement d’un certain montant.

Andréa Sukama , actuellement chargée de la promotion du genre au Bureau Du Conseil des Sages des Etudiants du Congo et ancienne 1ere vice – présidente représentante nationale  des étudiants du Congo et étudiante à l’Université Technologique Bel Campus ,UTBC, pense que la corruption en milieu universitaire est une question ambigüe. Selon cette dernière, la responsabilité de cette situation est partagée entre les étudiants, les enseignants et les autorités académiques. Pour elle,  le système traditionnel en vigueur pour enseigner ne permet pas de bien la combattre. Le  contact entre ces personnes est direct et crée ainsi une affinité entre eux par le rapprochement qui se déroule même hors du site universitaire, par exemple au domicile de l’enseignant ou dans tout autre lieu isolé. Dans ce cas d’espèce, l’étudiant peut être victime d’abus dont ceux sexuels pour les étudiantes qui ensuite ne savent pas dénoncer cela car parfois elles se rendent compte qu’elles sont   elles – même auteures de cette pratique ou par peur du qu’en dira-t-on ou de représailles. D’après son expérience personnelle, Andréa Sukama estime que ce sont en majorité les étudiantes qui seraient le plus actrices de la corruption car elles assument mal leur potentiel intellectuel et pensent qu’elles peuvent plus facilement recourir à des raccourcis pour gravir les échelons. Le corollaire  de toute cette situation en général est que le diplôme universitaire congolais  perd de sa notoriété et l’étudiant ne sait pas le défendre en milieu professionnel. Le système LMD est pour Andréa  une option qui offre de bons avantages pour lutter contre cette réalité car il limite le contact avec  l’enseignant grâce à des cours virtuels et des travaux remis sous forme de PDF.

En outre, le comportement ahurissant des parents est aussi déploré par plusieurs autorités académiques. Ceux-ci figurent parmi les corrupteurs. En effet, surtout les nantis, ceux-ci ont tendance à venir eux-mêmes auprès des enseignants pour leur proposer des enveloppes avec des montant alléchant afin d’influencer le résultat de leur progéniture qui a échoué dans ses cours. Ils vont même jusqu’ ‘à la menace s’ils se heurtent au refus de leur part. La cause de cette attitude des parents a principalement pour base la cherté des frais accadémiques.Etre obligé de les repayer leur semble pèse lourd sur leur porte-monnaie. Pour d’autres, c’est un problème de prestige de voir leur enfant porter un titre académique pour aller postuler à de haute fonction et aider la famille

Comment prouver la corruption à l’université et dans les instituts supérieurs ?

 

Stéphane Kezza répond  qu’il faut d’abord que  la victime de cette pratique  ait la volonté de dénoncer la corruption ou la concussion.  La corruption est une entente entre le fonctionnaire et le particulier. D’où, il est difficile d’établir une victime de celle-ci. ‘ Généralement, ici, il s’agit plutôt de la concussion, informe l’expert en droit. C’est-à – dire une personne qui a un certain pouvoir sur l’autre, conditionne le service par un certain paiement. En dehors de la plainte de la victime qui est indispensable, il faut aussi que le pouvoir public puisse mettre en place des mécanismes qui renforcent le contrôle et les sanctions adéquates contre les auteurs de cette pratique’.

S’exprimant à ce sujet, le député national, Juvénal Munubo, explique qu’établir des statistiques réelles sur cette situation s’avère compliqué. C’est plutôt le chiffre noir vu que les plaintes des victimes sont pratiquement inexistantes. Ces derrières n‘osent pas briser le silence. Et, le mal s’amplifie en mettant en danger la jeunesse qui est l’avenir de la nation congolaise.

Pour l’opinion générale, le réseau éducatif congolais doit être revu

Pour plusieurs, la baisse du niveau universitaire provient de la formation acquise au niveau de l’école primaire et secondaire. Tout le réseau éducatif dans son ensemble doit être revu.  C’est l’avis de la rapporteur de la Commission National des Droits de l’Homme, CDNH, Me Belinda Luntadila qui ajoute avec regret :’ actuellement, il est devenu difficile de rencontrer un diplômé universitaire sachant écrire une phrase correctement. Le problème de se situe    

pas au niveau de l’université mais à la formation de base à l’école primaire et secondaire. C’est en effet à ce stade que les bases de l’apprentissage s’effectuent. Quand tout est raté à cette étape, l’université n‘est pas là pour corriger ses failles. Ce n‘est pas son rôle.’

 

Il est vrai que la conjoncture actuelle est dure pour tout le monde, mais quad un étudiant a mal passé son cursus universitaire, les conséquences surgissent plus tard. Par exemple, si un étudiant en médecine se permet de passer de promotion sans assimiler la matière, plus tard ce sera un tueur en série qui évoluera sur la marché du travail’ déclare l’activiste des droits de la femme surnommée Mama 1325. Elle ajoute ‘ de notre temps, il existait le phénomène ‘chic, choc, chèque’. Les conditions d’études sont difficiles mais nous encadrons  nos jeunes filles par des conseils pour qu’elles suivent leur cursus universitaire sans s’adonner à ce genre d’antivaleur  parce que les conséquences se manifestent toujours plus tard’. 

Le pouvoir public face aux antivaleurs dans les établissements universitaires et des instituts supérieurs.

Chaque année lors de la rentrée académique, le ministre de l’enseignement supérieur et universitaire donnent et/ou rappellent les instructions qui doivent être respectées dans les établissements à travers u vade-mecum. Citons en exemple, ce document qui date de 2017 à l’époque de l’ancien ministre Steve Mikayi et  dont les dispositions n‘ont pas vraiment changé. Il s’agit des ‘ Instructions académiques de 48 pages n° 019/ MINESU/ CAB. MIN/ SMM/BLB/2017 du 30 septembre 2017 à l’intention des Chefs d’Etablissement et de l’enseignement supérieur et universitaire (tous) dans sa page 16 au point 1.11 sur la semestrialisation des enseignements  qui stipule dans son point 4 :

‘La semestrialisation des enseignements  et des évaluations demeure obligatoire en vue de se conformer à la réforme LMD. …Chaque semestre est sanctionné par une session d’évaluation. Les étudiants qui ne réussissent pas à l’une ou l’autre session se représentent à une session unique  de rattrapage  organisée en septembre.

…Je vous instruis d’organiser le mode de l’anonymat lors des examens et des délibérations. J’attire de manière particulière l’attention des Chefs d’Etablissement sur le ‘phénomène perte des cotes ‘qui a pris des proportions inquiétâtes dans le processus de délibération et qui est à la base d’un grand nombre d’antivaleurs. Les enseignants ont la responsabilité de transmettre au bureau du jury les cotes de tous les étudiants qu’ils ont évalués. Les rubriques ‘ Moyenne annuelle’ et ‘ Examens’ doivent impérativement figurer sur les fiches de transmission des côtes et être remplies par les enseignants. En deuxième session, seule la cote sur la colonne ‘ Examen’ change, les cotes des travaux pratiques et des interrogations doivent être communiqués aux étudiants avant la première session et ne peuvent aucunement être modifiés. Les bureaux des jurys doivent veiller à ce que cette disposition soit respectée. Les enseignants qui y dérogent devront être sanctionnés.’

Ce document démontre que le pouvoir public y donne sa position  pour assurer la bonne marche et la bonne ambiance de l’année académique. Malheureusement, le constat sur terrai parait tout autre.

Ensuite, quelques instruments ont été mis en place pour assurer un enseignement adéquat en RDC et dont certaines sont applicables dans le secteur de l’enseignement supérieur. II s’agit notamment de :

  • la création de l’AAQ-ESU par le décret ° 18/003 portant création , organisation et fonctionnement de l’Agence national d’assurance qualité de l’enseignement supérieur et universitaire qui , d’après l’art.2, a pour mission de promouvoir la culture de la qualité au sein de l’enseignement supérieur et universitaires,
  • la loi n°5-009 du 22 septembre 2009sur la corruption,  la concussion, la fraude et les infractions assimilées dot le chapitre 1 et 2 dans les sections 1 et 2 y prévoit les incriminations  et les sanctions,
  • La loi -cadre ° 14/04 du 11 février 2014 de l’enseignement national être en vigueur le 12 février 2015 qui pour l’ESU prévoit l’introduction progressive à l’université du système Licence-Master-Doctorat, LMD,…,

L’intégration des diplômés universitaires en milieu professionnel

Concernant cette question, les experts interrogés à ce propos  relèvent que le diplôme issu des universités et des instituts supérieurs publics comme privés  ne protège plus comme auparavant à la fin des études tellement son obtention est truffée de combine. Le marché de l’emploi, est le lieu de confrontation entre d’une part, les offres d’emploi émanant des entreprises et d’autres parts les demandes d’emploi introduites par les quémandeurs d’emploi. Plusieurs études  montrent que le diplôme universitaire joue un triple rôle : diminution du risque de chômage, facilité d’accès aux emplois le plus qualifiés et les mieux payés. Chaque année cependant, la proportion des diplômés au sein des jeunes actifs a eu tendance à s’élever, à augmentant la concurrence pour les emplois qualifiés. Le diplôme universitaire protège moins qu’avant.

Dans la plupart des pays en développement, les jeunes gens instruits représentent au moins  50 à 75 % des chômeurs complets. D’où, pour trouver plus facilement un emploi, les diplômés choisissent de suivre plusieurs formations supplémentaires à la recherche d’une opportunité de la primo insertion. Avec plusieurs diplômes, ils deviennent des surdiplômés sans emploi et assimilés aux chômeurs par le système universitaire. Face aux mutations technologiques, économiques et socioprofessionnelles que connaît le monde actuel, les entreprises sont conduites à mettre en place les nouvelles structures organisationnelles adaptées à ces changements.

Au regard de cette recherche, le constat est que la formation des diplômés ainsi que les programmes de formation ne sont pas adaptés aux transformations et réalités socioprofessionnelles actuelles à Kinshasa. Sur ce, l’université est interrogée en ce qui concerne l’adaptation des filières de formation à ces mutations en vue de répondre aux besoins des entreprises, surtout de faciliter la première insertion professionnelle des diplômés  après leurs études. Face à cette inadaptation des filières, ces diplômés suivent plusieurs formations supplémentaires dans les différentes structures de formation en vue de réajuster les connaissances à la recherche d’une opportunité d’emploi.

Néanmoins pour la RDC, les jeunes possédant les diplômes acquis à l’étranger accèdent plus facilement à des postes de responsabilité  (emploi qualifié) par rapport à ceux qui possèdent des diplômes nationaux.

Les antivaleurs dans  les universités et dans les instituts supérieurs, une spirale vertigineuse

A Kinshasa,  6 /10 universités et instituts supérieurs sont frappés par les antivaleurs. Les étudiants, le corps enseignant, les parents,  se rejettent la responsabilité d’être à la base de la baisse du niveau de leur formation académique. En fait, tous se rendent complices de la corruption et/ou de la concussion  dans l’enseignement académique en concourant d’une manière ou d’une autre à cette pratique.  Malgré les dispositions étatiques pour contrer cette réalité, force est de constater que les choses ne sont pas prêtes à changer pour le moment dans le sens de la tendance pour la tolérance zéro.

Dans le secteur de l’emploi, les recruteurs déplorent le fait que les diplômés universitaires qu’ils reçoivent font preuve d’incapacité et d’incompétence ainsi que de manque de qualification. Ces derniers indiquent que l’enseignement dispensé aux étudiants devrait s’adapter aux mutations actuelles dans le secteur de l’emploi.

La migration des universités et des instituts supérieurs au système LMD  semble figurer comme une alternative souhaitable dont la mise en place devrait être accélérée .Celui-ci  parait apporter une réponse contre les mauvaises pratiques en cours entre étudiants et enseignants.

Au final, tout ceci laisse à croire que l’avenir de la Rd Congo  est menacé vu que sur 60% de la jeunesse  représentant   la population congolaise, sur  environ 45 % instruits, une bonne partie  sort  de leurs universités et de leurs instituts supérieurs publics et privés avec des têtes bien pleines d’antivaleurs que de têtes bien faites à mettre à la disposition de la nation congolaise. Ceci représente  une ressource humaine, dont la tranche d’âge varie entre 20 et 24 ans en général, qui est désabusée alors  que  la RD Congo a besoin de toutes les énergies pour son développement national.

Bien que les responsabilités soient à partager, la plus grande revient au pouvoir public qui doit veiller de façon ferme au respect des dispositions existantes pour la protection du système de l’enseignement supérieur et universitaire principalement par la sensibilisation pour un changement de comportement à tous les échelons. Les efforts de la lutte contre la corruption devraient être fournis d’abord au niveau politique, a-t-il estimé, ajoutant que l’émergence de la RDC n’aura pas lieu tant qu’un effort sérieux n’est pas fait au niveau de la lutte contre la corruption.

‘ ‘ Alongi na ye !’ , traduire ‘ Il a réussi !’, un refrain chanté à chaque collation des grades académiques, s’avère être un disque rayé dont il faut se débarrasser vu le doute sur la qualité du diplôme universitaire.