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Kinshasa-Brazzaville : les grands enjeux qui attendent Gentiny Ngobila en tant que président de la GOSPECCO

Kinshasa-Brazzaville : les grands enjeux qui attendent Gentiny Ngobila en tant que président de la GOSPECCO

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Officiellement, depuis le mercredi 9 juin 2021 à Brazzaville, le Gouverneur de Kinshasa, Gentiny Ngobila, assume la présidence de la Commission Spéciale de la Coopération entre les villes de Kinshasa et Brazzaville (COSPECO), pour un mandat de deux ans. Le pouvoir lui a été conféré par son homologue, le Maire de Brazzaville, Dieudonné Batsimba, par une passation civilisée au terme de la 22ème Assemblée Générale Ordinaire de la COSPECO, tenue du 8 au 9 juin 2021 à Brazzaville, Capitale de la République du Congo.
Le fameux pont, le détonateur de la réconciliation

L’on se souviendrait que la Banque Africaine pour le Développement (BAD) prévoyait de décaisser plus de 6 millions de dollars américains pour la construction d’un pont long de 2 Km en aval de deux capitales les plus proches du monde, là où le Fleuve Congo, limite naturelle, est le plus étroit.

Des analystes avisés estiment que l’accomplissement de ce dessein plutôt réaliste intensifierait les liens entre les deux peuples, notamment par des échanges culturels. Cependant, deux évènements historiques mémorables marquent cet aspect des choses entre les deux pôles : la période coloniale et le refoulement des Congolais de Kinshasa de Brazzaville.

En période coloniale, la RDC propriété de la Belgique et le Congo-Brazza de la France ne pouvaient entretenir des liens sociaux proches : d’une part Henry Morton Stanley qui protégeait les intérêts de ses bourreaux sur le sol congolais et, d’autre part, Savorgnan de Brazza imposait au quotidien la puissance de l’Hexagone. Suite à cela, il n’était plus possible pour les ‘’Congolais au carré’’ de se rapprocher et de vivre ensemble, partager leurs cultures et développer étroitement leurs économies au travers du binôme importation et exportation.

La relance de ce projet, au possible même sa réalisation, sera une opportunité pour les deux pays de refaire le présent, en abrogeant ce passé sombre qui, d’ailleurs, était l’assouvissement des désirs de leurs anciens colonisateurs.

Intervient ensuite l’expulsion des centaines des Congolais de la RDC depuis Brazzaville, en 2014. Le problème n’est pas l’expulsion, mais plutôt les évènements qui ont précédé cette expulsion.

Des médias attitrés rapportent qu’à cette époque précise, de nombreux expulsés de Brazzaville interrogés témoignent en mal du comportement des Congolais de l’autre bord : insultes à répétition, exactions, extorsions, tortures et lynchages ont été commis contre les ressortissants de la RD. Congo par certains éléments de la police et des bandes de jeunes xénophobes.

Certes, le pouvoir de Sassou Nguesso radia environ 17 policiers identifiés et rattachés à ces macabres forfaits, mais qu’en est-il des souvenirs des Congolais de Kinshasa sur le traitement leur réservé ?

Comme solution à ce problème, le Gouverneur Gentiny Ngobila et son homologue de Brazzaville devront probablement mener des campagnes de sensibilisation de masse afin de panser ces plaies non complètement soignées et susceptibles de rebondir et produire des conséquences néfastes, parfois au moment le plus inattendu.

Au-delà des campagnes de sensibilisation de masse, il serait également important d’organiser des compétitions sportives et des évènements culturels entre les deux rives. A ne pas oublier que le sport, la musique et la danse sont des grands moyens de détente et de réconciliation.

Echanges commerciaux

S’adressant à son successeur, Dieudonnée Batsimba n’a pas manqué de proposer l’humanisation du trafic pour l’intérêt des deux pays. Et il a lui-imême reconnu, dès son arrivée à Brazzaville, l’urgence de la redynamisation de cette commission qui était restée longtemps en veilleuse.

Avec l’avènement, l’adhésion et la ratification de la loi portant création de la Zone des Libres Echanges Continentale Africaine (ZLECAf) en RDC, sous l’initiative de l’actuel Ministre du Commerce Extérieur Jean-Lucien Bussa Tongba, une opportunité et un challenge se présentent ainsi aux Premiers Citoyens de ces Capitales de réfléchir sur des voies et moyens de facilitation des échanges entre les deux pays.

En attendant que le tout soit couronné par la construction du pont les reliant, certainement l’amoindrissement des douanes et barrières doit être envisagé.

Qu’à cela ne tienne, il est signalé le retour à Kinshasa de Gentiny Ngobila depuis le vendredi 11 juin 2021. En vertu du règlement intérieur de cette Commission, le Secrétariat Général revient au pays qui assume la présidence. Par conséquent, pendant deux ans, la Conseillère Spéciale en charge du socio-culturel du Gouverneur de Kinshasa, Yollande Elebe Ma Ndembo, a été désignée pour occuper cette fonction charnière.

John Ngoyi