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Kinshasa : des tracasseries à la base de la grève des transporteurs en commun

Kinshasa : des tracasseries à la base de la grève des transporteurs en commun

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Ujana, Bureau 2, Police de police, véhicules de la police en circulation ou patrouille, agents de la police de circulation routière, agents de la Division urbaine des transports de la ville de Kinshasa seraient à la base de tracasseries dans la ville de Kinshasa. C’est pour cette raison que les transporteurs ont décidé, contre toute attente, à garer leurs véhicules. Conséquence, les habitants de la ville de Kinshasa ont été obligés de se déplacer à pieds.

La perturbation de la circulation a amené le Ministre de l’EPST a retardé le début des épreuves hors session de l’examen d’Etat dans la ville de Kinshasa. Ce, pour permettre à tous les finalistes d’arriver dans les différents centres. «Cette situation a impacté le début des épreuves ce matin. Je crois que nous en tiendrons compte. On acceptera que les élèves arrivent en retard», a indiqué un chef de centre.

Avec des enlèvements dans les taxis, certains Kinois préfèrent prendre le transport en commun pour ne pas tomber aux mains de ces services qui sont sur la route pour les rançonner. «Ils recourent aux taxis-bus qui sont plus sûrs. En critiquant le travail de la police de circulation routière, l’objectif n’est pas de la discréditer, mais pour que les hiérarques de la police y trouvent une solution et non pas pour jeter l’opprobre sur ce corps», raconte l’une des victimes des tracasseries policières.

«Ma femme devrait voyager à l’étranger en 2018 et devrait être à l’aéroport avant 10h00. Je lui disais qu’elle prendrait un taxi à cause de tracasseries sur le Boulevard Lumumba. Heureusement qu’il avait plu ce dimanche-là. Sachant que les policiers seront absents pendant la pluie à leurs postes, je l’avais accompagnée sans problème à l’aéroport international de N’djili. Le jour de son retour, l’avion atterrissait vers 16h00. Je lui avais obligé de prendre un taxi jusqu’à la maison», commente une autre victime. Les tracasseries, on peut y mettre fin en moins de quelques heures sur toute la ville de Kinshasa, pensent certains analystes. D’autant plus que, soutiennent-ils, les sites de tracasseries sont bien connus des autorités de la police nationale congolaise.

«Si on ne trouve pas la solution à ce problème, un jour nous vivrions des tensions dans la ville. Les morts, nous les compterons », vocifère une de personnes contrainte à la marche dans la commune de N’djili.

‘‘Depuis la crise sanitaire, avec l’instauration du couvre-feu, je ne sais plus rendre visite aux membres de ma famille et des amis. J’aime circuler la nuit puisque les agents de la PCR qui nous tracassent ne sont plus dans les points d’intersection. C’est pourquoi, j’attends impatiemment  la levée du couvre-feu.

Tout Congolais a de difficultés à son niveau. Un exemple, en février 2017, les conducteurs qui viennent déposer les mamans de Simba Sikida louaient le véhicule à 200.000 Fc de Mbanza-Ngungu jusqu’à Kinshasa. A leur retour, ils tombaient entre les mains des agents de la PCR à Pont Caby. Les policiers fixaient les amendes à 500.000 Fc. Les amendes se négociaient dans les bars. Les conducteurs avaient déserté ces courses qui leur suçaient de l’argent. Ils avaient décidé de ne plus venir à Kinshasa pour éviter de dépenser trop d’argent comme amende auprès des éléments de la PCR. Il revenait au conducteur de bien négocier pour ne pas laisser toute la recette aux agents de la police de circulation routière’’, raconte un autre.

«Je sais que les transporteurs en commun enfreignent le code de la route. Puisqu’ils donnent à chaque passage l’argent aux agents de la PCR, on leur donne le feu vert sur la route pour se rabattre sur les véhicules des privés pour se faire plus d’argent. Le chauffeur et le receveur se partagent les agents de la PCR à qui remettre de l’argent à chaque course. C’est obligatoire. En cas de refus, le chauffeur est contraint de changer l’itinéraire», témoigne un habitant de la commune de Kasa-Vubu.

Le Commissaire Général de la Police nationale congolaise déplorait au mois de mai 2019 la manière dont les policiers sollicitent leur intégration au sein de la police de circulation routière. A l’en croire, ils utilisent leurs membres de famille qui ont des liens d’affinité avec des commissaires divisionnaires et supérieurs de la police pour obtenir les faveurs d’être incorporés au sein de ce corps. Il suffit de deviner leurs motivations. Ces agents inventent des contraventions de toute sorte pour obliger leurs « proies » à débourser des fortes sommes d’argent.

Il est de coutume de voir dans un point d’intersection plus de 15 agents de la police de circulation routière. Parmi ces agents, il y au moins deux ou trois qui travaillent. Les autres attendent le feu rouge pour circonscrire des véhicules avec des herses (Mbasu) pour immobiliser le véhicule. Sur le Boulevard Lumumba et Pont Caby, trop de policiers qui n’ont rien à faire sur la route. Il serait utile de réduire leur nombre au sein de la PCR et les incorporer dans des sous commissariats qui manquent d’agents en cas d’intervention dans les quartiers de la ville de Kinshasa.

Il est impensable que les tracasseries deviennent un mode de vie des policiers dans la ville de Kinshasa, siège de toutes les institutions, sans la réaction vigoureuse des autorités nationales et urbaines.

Zacharie Mikunga