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Mazembe : les anciens de 67-70 réclament leur part dans la gestion du stade TP Mazembe

Mazembe : les anciens de 67-70 réclament leur part dans la gestion du stade TP Mazembe

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André Kalonzo dans sa résidence

 

André Kalonzo à 23 ans

Comme tout bien immobilier ou mobilier a son histoire, le stade TP Mazambe de Kamalondo a aussi la sienne. Elle remonte dans les années 60 lorsque la génération Pierre Kalala Mukendi avait disputé quatre finales consécutives des compétitions interclubs de la Caf, avec à la clé, deux titres de la Ligue de champions, Coupe d’Afrique des Clubs Champions à l’époque.

Pour ce dernier exploit, profitant alors de leur énième réception par le président Mobutu Sese Seko, les anciennes gloires de Mazembe vont décider de demander au président de la République de leur acheter le stade Mwanke, qui était mis en vente par les Prêtres. Demande entendue et vite concrétisée via le Gouverneur de province Monsieur Takizala, qui viendra remettre l’Acte de vente à un des leurs en la personne de Kamba Célestin il y a quelques années. Dans une interview exclusive accordée lundi au journal La Prospérité, dans l’une de ses résidences à Kinshasa, André Kalonzo, un des 21 champions encore en vie, dit avoir épuisé toutes les voies de pouvoir rencontrer Moïse Katumbi Champwe pour se parler en face. Il demande aux supporteurs et autre personnes de bonne volonté de pouvoir s’impliquer dans cette affaire pour que le président de l’équipe puisse leur donner leur 30% de participation dans la gestion du stade comme cela avait été conclu au départ.

Ci-après, l’intégralité de cet entretien :

 

La Prospérité: Monsieur André Kalonzo bonjour !

André Kalonzo : Bonjour Monsieur le journaliste, cher fils.

 

La Pros. : qu’est-ce qui se passe entre vous et le président Moïse Katumbi ?

AK :   Bien ! Je voudrais d’abord dire aux fidèles lecteurs de votre journal que je m’appelle André Kalonzo, un des anciennes gloires de Mazembe qui ont disputé quatre finales de suite des compétitions interclubs de la Caf. A ceux qui m’ont connu et m’ont vu jouer de vous dire mieux de ce que je représentais dans cette équipe. Il n’est toujours pas facile de parler de soi-même.

Pour répondre à votre question de savoir ce qui se passe entre nous et notre estimé président Moïse Katumbi, c’est qu’il ne veut pas honorer les engagements pris à la mutation de notre équipe de l’ASBL et SARL en 2010, de nous donner nos 30% de participation dans la gestion du stade. C’est nous qui avons apporté ce stade comme notre participation à la société Mazembe.

 

La Pros. : Pourquoi Moïse Katumbi refuse-t-il d’honorer cet engagement, est-ce qu’il vous reconnait vraiment d’avoir ce droit et qualité ?

 

AK : M. le journaliste je vais vous raconter l’histoire de ce stade. Nous, nous avions à notre époque marqué l’histoire du football de ce pays. Et chaque fois qu’on faisait des exploits, le président Mobutu nous recevait toujours. Une autrefois, il nous reçoit, c’était après l’écrasante victoire contre les FAR du Maroc, et il nous proposa une prime comme d’habitude. A la place de cette prime, nous, nous allons lui proposer de nous acheter plutôt ce stade, qu’on appelait stade Mwanke qui était mis en vente par l’Archevêché de Lubumbashi. Mobutu charge alors le Gouverneur de province H.D Takizala qui va conclure cette vente, avant de venir nous remettre les documents, dont nous continuons à garder les copies jusqu’à ce jour.

Des années plus tard, Moïse Katumbi apparait dans l’équipe et donne le meilleur de lui, en construisant ce stade, c’est qui est une bonne chose que nous avons tous salué. A la mutation de l’équipe en société, nous nous allons présenter ce stade comme notre participation, et à ce titre, on devait bénéficier de 30% de recettes que le président Moïse Katumbi, ne nous a jamais donnés, aujourd’hui il y a dix ans.

 

La Pros. : Qu’avez vous mené jusque-là comme démarches ?

AK : Nous avons plusieurs fois demandé l’audience pour qu’il nous reçoive, mais il ne nous a jamais reçus. En septembre 2020, nous avons dépêché un avocat à Lubumbashi, celui-ci est rentré à Kinshasa sans avoir été reçu par Moïse Katumbi, et en même temps, nous lui avons aussi écrit. Un peu plus tard, toujours en 2020, nous avons encore écrit à titre de rappel, mais toujours sans succès. Finalement, nous venons d’écrire sous forme d’un mémo au Gouverneur Jacques Kiabula Katwe de qui nous attendons toujours une réaction.

Nous sollicitions son intervention, en sa qualité de l’autorité de la ville, où se trouve le stade, pour qu’un règlement à l’amiable soit trouvé entre nous et le président Katumbi. Le stade TP Mazembe, je le précise, n’est pas une propriété privée de Moïse Katumbi. C’est nous qui l’avons obtenu en renonçant à la prime que Mobutu voulait nous offrir comme d’habitude.

 

La Pros. : Est-ce que les anciennes gloires de Mazembe sont en contacts entre eux, et se retrouvent régulièrement pour des réunions ?

 

AK : Ecoutez, nous étions 21 joueurs qui avaient fait la campagne de 1967-1970 au cours de laquelle l’accord sur l’achat du stade avait été arraché au président Mobutu. Sur les 21, nous ne sommes restés que 9 et la plupart vivent dans des conditions précaires, les autres, 12 au total, nous ont quittés. Inutile de revenir sur la méconnaissance par le pays de ces joueurs qui ont pourtant fait son honneur. Ceci pour vous dire que nous avons des contacts, on s’appelle, on se côtoie et on se retrouve régulièrement. Tenez, l’exploit réalisé par Mazembe à l’époque n’a pas été répété ni par Mazembe d’aujourd’hui, ni par aucune équipe africaine.

 

La Pros. : Apparemment, vous semblez avoir terminé toutes les démarches, qu’est-ce que vous comptez encore faire ?

 

AK : Non, nous n’avons pas terminé toutes les démarches. Au contraire, elles ne font que commencer. Le mémo que nous avons écrit au Gouverneur Jacques Kiabula, nous avons réservé copie au président de la République pour qu’à son tour, il puisse bien examiner notre requête en sa  qualité du premier citoyen congolais. Ce qui est vrai, c’est que nous ne voulons pas aller en justice, mais si le président Moïse Katumbi nous pousse à y aller, nous allons partir. Mais bien avant, nous lui lançons ce dernier appel pour qu’il nous reçoive. En tout cas, qu’il ne nous force pas à aller en justice.

Propos recueillis par Guy Elongo