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La violence devient le mode d’accès au pouvoir /RDC : Dénis Mukwege interpelle Félix Tshisekedi !

La violence devient le mode d’accès au pouvoir /RDC : Dénis Mukwege interpelle Félix Tshisekedi !

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Des réactions sont loin de cesser d’enflammer la toile après la nomination de Tony Tambwe Ushindi comme coordonnateur du Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation.  Dans une déclaration publiée mardi 10 août dernier, le Docteur Dénis Mukwege tire la sonnette d’alarme. Pour lui, le Président de la République Félix Tshisekedi a très mal repéré l’homme qui devrait dorénavant canaliser les aspirations des congolais de voir la paix revenir à l’Est du pays. Selon les révélations du Prix Nobel de la paix, Tony Tambwe Ushindi est un ancien chef-rebelle, au vrai sens du terme, ayant occasionné la mort de milliers de congolais durant son passage au RCD-Goma, au M-23 et à l’ALEC. En lieu et place de tourner si facilement  la page d’un passé cauchemardesque dont les dégâts sont encore visibles, le Docteur Dénis Mukwege préconise la mise en place d’une justice transitionnelle, une stratégie qui mettra à l’avant les réformes institutionnelles en vue de barrer la route à la répétition des actes criminels des ennemis de la paix en République Démocratique du Congo. Pour le Prix Nobel de la paix, cette nomination parait donc comme un sacrilège vis-à-vis de ceux-là qui se sont endormis à cause de cet ancien seigneur de guerre. D’où, son appel à l’assainissement des Institutions du pays.

«Depuis Sun City en passant par Lusaka et Kampala, les accords de paix ont systématiquement bradé la justice sur l’autel d’une paix dont les dividendes ne sont jamais parvenus à l’Est du pays. Ces différents accords politiques visant à mettre fin à la violence ont planté les graines de l’instabilité et de la culture de l’impunité en intégrant des éléments des groupes armés rebelles, congolais et étrangers, au sein des forces de sécurité et de défense de la République. En effet, les processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion sous financés et bâclés ainsi que les politiques de mixage et de brassage, souvent accompagnées de promotions, ont intégré l’indiscipline au sein des institutions, et ce, jusqu’au plus haut niveau de l’Etat », indique le Fondateur de l’hôpital Panzi qui voit, par ce choix du Chef de l’Etat, une sorte de gratification qui va certainement rassurer les rebelles actuels de poursuivre leurs crimes sans s’inquiéter un jour de leur avenir sur le plan judiciaire. « En gratifiant ainsi des criminels au lieu de les traduire en justice, cette stratégie de tireurs de ficelles tapis à Kinshasa, Kigali, Kampala, Bujumbura encourage les groupes armés en brousses à attendre leur tour », prévient Mukwege, dans l’optique de mettre en exergue la violence, sous toutes ses formes, qui risquerait de devenir le mode par excellence pour accéder au pouvoir en RDC. «Cette situation favorise l’émergence d’un système légitimant la violence et la commission des crimes comme mode d’accès au pouvoir. Elle entretient une spirale infernale de violences sans fin et hypothèque l’instauration d’une paix durable », déplore-t-il…

La Pros.

 

 

Déclaration du Dr. Denis Mukwege sur la nécessité d’assainir les institutions de la République

Pour avancer sur le chemin d’une paix durable, nos dirigeants devraient retenir les erreurs du passé et rompre avec les politiques qui ont prolongé et aggravé la souffrance du peuple congolais et l’instabilité ayant occasionné des conséquences désastreuses sur la protection des civils. Depuis Sun City en passant par Lusaka et Kampala, les accords de paix ont systématiquement bradé la justice sur l’autel d’une paix dont les dividendes ne sont jamais parvenus à l’Est du pays. Ces différents accords politiques visant à mettre fin à la violence ont planté les graines de l’instabilité et de la culture de l’impunité en intégrant des éléments des groupes armés rebelles, congolais et étrangers, au sein des forces de sécurité et de défense de la République. En effet, les processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion sous-financés et bâclés ainsi que les politiques de mixage et de brassage, souvent accompagnées de promotions, ont intégré l’indiscipline au sein des institutions, et ce, jusqu’au plus haut niveau de l’Etat. En gratifiant ainsi des criminels au lieu de les traduire en justice, cette stratégie de tireurs de ficelles tapis à Kinshasa, Kigali, Kampala et Bujumbura encourage les groupes armés en brousses à attendre leur tour. Cette situation favorise l’émergence d’un système légitimant la violence et la commission de crimes comme mode d’accès au pouvoir. Elle entretient une spirale infernale de violences sans fin et hypothèque l’instauration d’une paix durable. C’est dans ce contexte que nous exprimons notre circonspection face à la récente nomination par ordonnance présidentielle d’un ancien chef rebelle du RCD-Goma, du M-23 et de TALEC, comme Coordinateur du Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation. Alors que le Chef de l’Etat s’est engagé à placer la justice transitionnelle à l’agenda du gouvernement pour bâtir le chemin de la réconciliation nationale et de la paix », nous plaidons pour l’adoption d’une stratégie nationale holistique de justice transitionnelle qui priorise des réformes institutionnelles visant à prévenir la non répétition des atrocités commises sur les populations civiles, notamment par une réforme profonde des secteurs de la sécurité et de la justice.