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Face aux étudiants de l’Académie de  Beaux-Arts/CTLA – UNHCR : concours de dessin et session d’information sur la nationalité et l’apatridie 

Face aux étudiants de l’Académie de  Beaux-Arts/CTLA – UNHCR : concours de dessin et session d’information sur la nationalité et l’apatridie 

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L’amphithéâtre ou salle de conférences de l’Académie des Beaux-Arts était archicomble en cette matinée du jeudi 2 septembre 2021. Des étudiantes et étudiants ont pris part à un atelier organisé par le Comité Technique interinstitutionnel de Lutte contre l’Apatridie (CTLA) en partenariat avec l’Agence des Nations-Unies pour les Réfugiés (UNHCR) et axé sur une session d’information sur la nationalité et l’apatridie de même qu’un concours de dessin dont le gagnant bénéficiera d’une somme de mille dollars américains. Et ce concours dont le dépôt de candidatures s’achève au 30 septembre prochain, est élargi à la jeunesse estudiantine d’autres institutions académiques.

Tout a commencé par le mot de bienvenue du Secrétaire Général Académique de l’Académie des Beaux-Arts, Ben Kuyena. Celui-ci a brièvement démontré l’intérêt d’une telle activité à l’intention de ses étudiants. Cette autorité académique était entourée dans la tribune principale notamment par la présence de la représentante et chargée de Communication de CTLA, Ruth Mbombo, le représentant de l’UNHCR, Déo Bitakuya Kamanda.

Sous la modération de Jean de Dieu Maheshe, trois exposés magistraux ont captivé l’assistance. Il s’agit des sous-thèmes ci-après : « La Nationalité et l’Apatridie » ; « Concours Visuel sur la nationalité et la lutte contre l’apatridie : Modalités pratiques » et « Communiquer sur l’Apatridie, Communication Visuelle ».

«La Nationalité et l’Apatridie»

Bien que les textes juridiques reconnaissent le droit à la nationalité, rappelez-vous : « personne n’est à l’abri de l’apatridie ». C’est ainsi que le premier orateur, Déo Bitakuya, a introduit son intervention sur la Nationalité et Apatridie. Dans son exposé, il a déclaré poursuivre les objectifs suivants : Harmonisation des concepts : Identité – Autodétermination ; Eléments de rattachement à l’Etat ; Preuve de nationalité ; Apatridie.

Selon lui, chacun se construit son identité (homme – femme). Grâce à l’identité, on va s’autodéterminer. « Qui peut prouver qu’il est Congolais ? », a-t-il interrogé les étudiants.

Personne n’a été en mesure de le prouver. L’identité commence par l’acte de naissance et la carte d’identité. Et, selon la législation en vigueur, le document par excellence pour prouver qu’un individu est Congolais c’est le Certificat de nationalité. Or, la quasi-totalité de celles ou ceux qui se considèrent Congolais dans leurs têtes ne disposent d’aucun document.

Aussi, peut-on affirmer que tous les Congolais sont apatrides. D’autant plus qu’une personne qui n’a aucun papier est considéré comme apatride.

Par définition, la nationalité c’est le lien juridique et sociologique qu’a une personne avec un Etat X. la nationalité c’est le droit d’avoir des droits. Et nationalité n’est pas à confondre avec citoyenneté. Cette dernière est un statut politique. Le citoyen défend et participe à la gestion de la cité à laquelle il appartient.

La nationalité, poursuit l’orateur, est un concept abstrait. On en a trois perceptions : sociale ; juridique et politique. Selon l’article 10 de la Constitution de la RDC, « … Est Congolais d’origine, toute personne appartenant aux groupes ethniques dont les personnes et le territoire constituaient ce qui est devenu le Congo présentement la République Démocratique du Congo à l’indépendance… ».  Cet extrait fait ressortir la dimension sociologique de la nationalité.

Abordant le point relatif aux éléments de rattachement à un Etat, Déo Bitakuya en a épinglé quatre, à savoir : Naissance (Preuve : Acte de naissance) ; Résidence (Preuve : permis de séjour ou carte de résidence) ; Alliance (Preuve : Acte de mariage) et bien évidement la carte d’identité. Un apatride c’est quelqu’un qui n’a aucun lien avec un Etat, une personne qu’aucun Etat ne considère comme son ressortissant en application de la législation.

Comment peut-on devenir apatride ?                                      

Quelqu’un peut le devenir dès la naissance, après la naissance et en cas de succession d’Etats (ex Soudan du Sud). Il y a des causes structurelles,  c’est-à-dire,  liées à un système (lois, administration, …), des causes conjoncturelles (ex : épidémie d’Ebola, déplacements forcés des populations, etc.), des causes sociales (pour les Congolais de l’Est c’est la terre, tandis que pour ceux de l’Ouest ils sont Congolais dans leurs têtes).

Pour quitter l’état d’apatridie, la responsabilité incombe avant tout à l’Etat. Et chacun doit s’organiser de manière à ne pas être sans-papier.

«Concours Visuel sur la nationalité et la lutte contre l’apatridie : Modalités pratiques »

Le second orateur, le SGA de l’Académie des Beaux-Arts a axé son intervention sur les modalités de participation au concours de dessin avec comme thème : «J’appartiens» Ben  Kuyena a invité ses étudiants à faire un support pour transmettre un message sur l’apatridie et la nationalité. Chaque postulant doit envoyer en numérique trois projets bancables par e-mail au CTLA. Cela se fait individuellement ou par groupe.

1000 USD (mille dollars américains) sont réservés au gagnant dudit concours. L’image exprimant la nationalité, l’identité et la lutte contre l’apatridie en RVB pour bien garder les couleurs (vives).

«Communiquer sur l’Apatridie, Communication Visuelle»

Quant au modérateur du jour et dernier orateur, Jean de Dieu Maheshe, a d’abord dit que la communication peut se définir comme le fait de transmettre quelque chose. D’un côté, il y a un émetteur, et de l’autre, un récepteur. Il a martelé sur l’adaptation à la cible.

« La communication visuelle désigne l’ensemble des techniques d’information par l’image, l’illustration, le graphisme destinées au public. La communication visuelle est utilisée dans des très nombreux champs du marketing».  C’est la définition donnée par le conférencier Jean de Dieu Maheshe.

Selon lui, cela poursuit l’objectif de contribuer par des actions de communication afin que les autorités politiques, les organisations de la Société Civile et les médias s’engagent à ratifier et mettent en place un cadre légal pour la gestion efficace des cas d’apatridie.

Après avoir remis à chaque étudiante et étudiant le formulaire de participation au concours de dessin, cet atelier s’est achevé dans une ambiance bon enfant.

James Mpunga Yende